DES PROPHETES NOTICES. ECLAIRCISSEMENTS. CLASSIFICATIONS
Afin de computer ce que nous avons dit, dans notre quatorzieme conference, de la personne et des Merits des prophetes, nous offrons a nos lecteurs les renseignements qui suivent et qui n ont pu trouver place dans le discours :
I. Du NOM DES PHOPHfeTES. Les Hebreux se servaient, pour designer les prophetes, de trois noms: R6&B (nxi), HOZ&H (nth), Nasi (H 11 ??). Les deux pre miers signifient voyants; le dernier a un sens plus tendu, qui a exerce lafaconde des ennemis de la vrit6 proph6tique. II n est argument que n aient employ6 les ex^getes de rincr6dulit6, pour prouver que les Hebreux ne reconnaissaient pas, paruii eux, de v6ritables prophetes; mais les traditions judaiques protestent con t re leurs vains efforts. Le mot NaB^ malgr6 la multiplicite de ses significations, s appliquait generalement a celui qui avait regu de Dieu le de predire Tavenir. Nous en avons une preuve
remarquable dans le Deuteronome (cap. xm, v. 1,2, 3 et 5), lorsqueMo isedit au peuple : S il s eleve au milieu de vous un prophete qui prSdise une chose extraordinaire et merveilleuse, si ce qu il a predit s accomplit, et que nanmoins il vous disc : Allons et suivons des dieux Grangers...; vous n ecouterez point les paroles de ce prophete; mais ce prophete sera tu6. Dans ce texte, le mot proph&te est constamment rendu par le mot NaBi. II y a cependant. au premier livre des Rois (cap. IK, v. 9), un texte difficultueux, qui a defraye, pendant quelque temps, la verve des incrdules. II est renferme entre paren theses; le voici : (0/tw, in Israel, sic loquebatur unusquisque vadens consulere Deum : Venile et eamus ad videntem. Qui enim prophela dicitur hodie, olim vocabatur widens). Jadis, en Israel, quiconque allait consulter le Seigneur disait : Venez, et allons au voyant; car celui qu on appelle aujourd huiprop/ie te (N^bi), autrefois s appelait voyant (Roeh). II est manifesto, dit Witzius, que le peupie, dans son igno rance, et n ecoutant que son penchant au merveilleux, avait fait un voyant de celui qui, par la saintete de ses moeurs, pouvait 6tre appele Ndbi, c est-a-dire ami de Dieu. Voila ce que constate Samuel. Or, il est manifeste que Witzius se trompe; car le mot voyant (R6eh)est constamment employe dans le livre de Sa muel, tandis que le mot Ndbi ne se rencontre qu a Tenroit que nous venons deciter. Gette parenthese expli cative, dit le savant Huet, parait avoir ete ajoutee au texte sacr6 a Tepoque de sa derniere redaction, alors que le mot voyant (Roeh) 6tait tombe en desuetude, et que, pour designer les prophetes, on ne se servait plus dans le langage vulgaire que du mot Ndbi,
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Ce mot, comme nous le faisions remarquer tout a Theure, est susceptible de plusieurs interpretations. D abord, il s applique a ceux qui annoncent les evnements futurs. Les homines illustres dont les pr6dictions ont etc verifiees par 1 evenement ont constamment porte le titre de NaBi. Gelui qui annonce les oracles et les decrets divins comme simple interprete est encore un NaBi. Ainsi Mo ise, qui ne savait pas parler et qui s en plaignait vivement au Seigneur, cut pour interprete (NaBi) son frere Aaron : Dixitque Dominus ad Moysen:Ecce constitui te Deum Pharaonis, et Aaron, frater tuus, erit propheta (NaBi) tuus. En troisieme lieu, le verbe NiBBae, radical du vocable NaBi, signifie, quelquefois, une inexplicable fureur qui s empare d un individu et lui fait dire des paro les etranges. G est ce qui arriva a Satil : L esprit malin s empara de lui, et il prophetisait au milieu de sa maison. Invasit spiritus Dei mains Saul, et prop/ie^a&a^(VAiTHNABBEH N*?4^1]) inmedio domussuce.* (I. Reg., cap. ix, v. 10.) Nibbali : c est encore chanter les louanges du Seigneur. Saul, au milieu desprophetes, chantaitavec eux : Et ecce cumprophetisprophetabat (NiBBan N3:) (Ibid., cap. x, v. 11.) David et les chefs de Farmee choisissent, pour le ministere du temple, les flls d Azaph, d Heman et d Idithun, qui chantaient sur la lyre, le psalterion et les cymi)ales. David et magistratus exercitus segregaverunt in minislerium ftlios Asaph et Heman et Idithun qui prophetarent (HANNIBBEIHIM D^N^2|n), in cytharis, et psaltcriis, etcymbalis. NIBBQH, c est reveler les choses cachees, faire des miracles, interpreter les Ecritures, exhorter le peuple a la piete. (( II y a, dit le rabbi Maimonide, un degre de prophetic ou riiomme sent
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se reposer sur lui une puissance superieure qui le pousse a parler. II parle, alors, des sciences et des arts. II chante des psaumes et des hymnes, il donne des preceptes utiles et salutaires pour bien vivre, il disserte sur les choses politiques, civiles et divines, et cela pendant la veille, alors qu il possede la pleine et libre vigueur de ses sens. On dit de lui qu il parle par 1 Esprit-Saint. II est Nam. >
D apres ces notions, il est facile de comprendre que le mot NaBi est un nom generique, qui designe le prophete dans la plus large application de son ministere, tandis que les mots ROEH et HOZEH le restreignent a la connaissance et a la manifestation des choses occultes, et plus particulierement encore .& la vision et a la prediction de 1 avenir.