‹ Introduction au dogme catholique Tome 2Chapitre 83 sur 91 · II. DU NOMBRE ET DES ECRITS DES PROPHETES. TOUS · texte numérisé non relu

II. DU NOMBRE ET DES ECRITS DES PROPHETES. TOUS

les auteurs ne sontpas d accord sur ie nombre exact des prophetes ; niais leur dissentiment ne porte que sur des noms obscurs, qu on peut admettre ou retrancher sans grand inconvenient pour la cause des oracles sacres. Saint Epiphane compte soixanle-treize prophetes et dix prophetesses. Clement d Alexandrie compte trente-cinq prophetes, jusqu^a Mo ise seulement. Le Mechilla, livre des Juifs, compte quarante-huit prophetes et sept prophetesses. Enfin, les auteurs catholiques n admettent generalement que quarante-cinq prophetes et trois prophetesses, dont voici les noms :

ADAM, qui, inspire par Dieu, nomma tous les animaux de la terre, et prononga, en presence de la femme, sa compagne, ces solennelles paroles : t L homme quittera son pere et sa mere, et s atta-

cheraa son epouse, etils seront deux dans une seule chair; prophtisant ainsi, selon les meilleurs interpretes, I admirable union du Christ et de 1 Eglise, son epouse mystique, dans la chair adorable qui a ete immolee sur le Galvaire, et par laquelle descendent en nous toutes les graces du salut. (Gen., cap. n, v. 24.)

HENOCH, qui, au temoignage de saint Jude (Epist. cathol., v. 14), prophetisa aux generations impies et corrompues, fruit d un hymen reprauve, le jugement de Dieu qui allait bient6t s accomplir.

NOE, que saint Pierre appelle le predicateur de la justice divine annongant le deluge au monde des im pies. (II Epist., cap. n, v. 5.)

ABRAHAM, que Dieu lui-mme appela Ndbi, lorsqu il dit au roi de Gerare : Rendez a cet homme son epouse, car il est prophete : Redde mro suo uxo rem, quia propheta est (Ndbi). (Gen., cap. xx, v. 7.)

ISAAC, qui prophetisa en beriissant ses deux fils Jacob et Esaii, annongant a ce dernier la prosperity temporelle de ses fiers enfants, et assurarit au pre mier llieritage de la benediction donnee jadis au pere des croyants. (Gen., cap. xxvn.)

JACOB, dont la vie est remplie de visions admirables; qui peint, sous des figures pleines de force et d une ravissante poesie, le caractere et les destinees de chacun de ses enfants, et prononce eufin, sur la tete de Juda, le fameux oracle qui, pour la premiere fois, determine 1 epoque de ravenement du Messie (Gen., cap. xnx.)

JOSEPH, si celebre par Tinterpretation prophetiqne des songes de Pharaon et de ses deux serviteurs, ie pane tier et 1 echanson, (Gen., cap. XL et XLI.)

MOISE, Fhomme des visions.

AARON, frere de Moise, et recevant avec lui, de la bouche de Dieu meme, le litre de prophete. (Exod., cap. YII, v. 1.)

JOSUE, successeur de Mo ise, homme rempli de FEsprit de Dieu. (Deut., cap. xxxiv, v. 9.)

SAMUEL, tant de fois appele voyanl dans les Livres saints.

DAVID, dont la plupart des psaumes sont des propheties.

SALOMON, le plus sage et aussi le plus ingrat des hommes.

Les noms qui suiverit sont admis, sans contestation, par tous les auteurs : GAD, NATHAN, ADDON, ACHIAS, SEMEIAS, HANANI, AZARIAS, JEHU, ELIE, ELISE, Mi- CHEE, fils de Gella, OSEE, AMOS, JONAS, ELIEZER, JAHA- ZIEL, un autre MICHEE, ISAIE, ODEB, NAHUM, HOSAI, JOEL, JEREMIE, SOPHONIE, JEGEDELIAS, HABACUC, Ez6- CHIEL, ABDIAS, DANIEL, AGGEE, ZACHARIE, MALACHIE. Nous n avons point nomm6 BARUCH; car son nom ne se rencontre pas dans le catalogue hebraique que nous suivons. II peut tre corisidere comme un appendice de Jeremie.

Les prophetesses sont :

MARIE (1490-1460), sceur de Mo ise et d* Aaron, dont il est dit dans 1 Exode (cap. xv, v. 20) : Marie, la proph6tesse, sortit a la tete du chceur des femnies et chantait devant elles. Est-elle appelee proph^tesse, parce qu elle celebrait les louanges du Seigneur par des hymnes sacres, ce qui 6tait consid^re par les Hbreux comme le prelude de la prophetic, ou bien parce qu elle connaissait 1 avenir? On Tignore. Tout ce que Ton sait, c est qu elle jouissait d une sorte

d autorite sur les femmes d Israel; que le peuple Fadmirait, raimait et la traitait comme un personnage considerable.

DEBORA (1295). Elle est appelSe prophStesse et juge du peuple, dans le livre des Juges : Erat autem Debbora prophetis uxor Lapidoth, qu% judicabat populum in illo tempore. (Gap. iv, v. 4.) Elle prdit a Barac, chef de l arme d Israel, la defaite et la mort de Sisara. J irai avec toi, lui dit-elle; mais, pour cette fois, la victoire ne t appartiendra pas, car Dieu livrera Sisara aux mains d une femme. (Jud., iv, v. 9.)

HOLDA (630). Elle vivait sous le roi Josias, et fut contemporaine de J6rmie. Elle est appelee prophetesse au IV e livre des Rois : lerunt itaque, Helciag sacerdos et Ahicam, et Achob, et Saphan, et Asia, ad Holdam PROPHETIDEN. (Gap. xxn, v. 14 et 49.) Elle prdit les malheurs de Jerusalem, et annongaau roi qu a cause de son repentir, il reposerait en paix dans le sepulcre de ses peres et ne serait pas temoin des infortunes du peuple.

Les Juifs ajoutent a ces trois prophetesses, que tous les auteurs reconnaissent :

ANNE, mere de Samuel, qui composa un canlique dans lequel on lit ces paroles prophetiques : Le Seigneur jugera les confins de la terre, il donnera Tempire k son roi, et rendra sublime la puissance de son Christ : Dominus judicabit fines terrce, etdabii imperium regi suo, et sublimabit cornu Christi sui. (I Reg., cap. n, v. 10.) Ges paroles sont entendues du rgne du Messie.

ABIGAIL, que 1 Ecriture appelle tres-prudente (piu~ dentissima). (I Reg., cap. xxiu, v. 3.)

ESTHER, qui delivra son peuple de la mort.

LES SAGES FEMMES o EGYPTE, qui, par une inspira tion divine, ,sauverent les enfants juifs condamntJs a mort par le Pharaon.

Saint fipiphane, dans son catalogue, omet ces trois / dernieres, et les re m place par SARA, HLBECCA et Ju- DITII.

On distingue, parmi les proph&tes dont les noms sont inscrits dans le catalogue hebraique :

1 Geux dont les ecrits ne sont pas considers comme des prophties, bien qu ils contiennent des predictions remarquables, et ceux dont les ecrits out toujours et6 consideres comme proprement prophetiques.

2 Les proph6tesappels par les interpretes : mains connus (minus noli).

3 Les prophetes appel^s : plus connus (magis noti), lesquels se divisent en grands et petits pro phetes.

l er . Dans la classe des prophetes dont les Merits ne sont pas consideres comme des propheties propre ment dues, on distingue Mo iSE, DAVID et SALOMON.

MOISE (voyez quatorzieme Conference) a recueilli tous les oracles tombes de la bouche des inspires de Dieu, depuis Torigine du monde jusqu a son temps. II s est illustre lui-meme, par des menaces et des promesses, dont toute la vie du peuple juif atteste Faccornplissement; et il a prdit Tavenement du legislateur de la nouvelle alliance, qu il appelle un prophete semblablea lui.

DAVID (voyez quatorzieme Conference) a rempli

ses hymnes de la grande figure du Messie. Personne ne conteste 1 authenticite de ses psaumes. Gependant, il en est dans le nombre que Ton attribue, non sans raison, a differents auteurs. L hebreu, qui divise les psaumes en cinq livres, termine le second par cette glose : Ici finissent les louanges de David, fils de Jess6. (KALLOU THEPHILLOTH DAVID BEN-ISAI ^tfyjrnrj rifen ^5.) Ce qui veut dire que les deux premiers livres qui se terminent au LXX psaume (Lxxi e hebr.) appartiennent exclusivement a David; niais la glose hbraique n indique pas peremptoirement que les psaumes de David sont finis. Les trois derniei s livres contiennent encore un grand nombre de cantiques qui portent le nom du saint roi. Quand ce nom n est pasexpressement marqu6, nous devons nous en rapporter a la tradition constante des Juifs et des Chretiens, qui attribue tout le psautier a Da vid. II possede,et nous ne pouvons le depouiller en faveur d un autre qu apres des indications precises. Or> h. partirdu Lxxn e psaume (Lxxiii 6 hebr.), commence la serie des cantiques asaphiques, qui se termine au Lxxxi 6 psaume (Lxxxii e hebr.). ASAPH, poete et musicien, a compose ces dix psaumes. On y reconnait sa maniere. II aime a chanter, sous des figures et en des termes pleins de mysteres, la providence de Dieu dans Thistoire; il afiectionne cette philosophic maschilique ou sentencieuse et enigmatique, si goutee des Orientaux. Du reste, son nom est expressement indique dans les titres : Psaume d Asaph. (MizMOH LE ASAPH 1DN 1 ? ^iDip.)

Le psaume Lxxxvn 6 (Lxxxvm 6 hebr.) porte le nom d HEMAN; c est un maschil. (MASKIL LE HEIMAN

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Le psaume Lxxxvm 6 (LXXXIX hebr.) porte le nom ; c est encore un maschil. (MASKIL LE EITHAN

Le psaume Lxxxix 6 (xc e h6br.) porte pour litre : Pridre de Mo ise, homme de Dieu, (THEPHiLLaN

MOSCHEH ISCH HA ELOHiM : D^gir^K Ht^o 1

Le psaume cxxxvi 6 (cxxxvii 6 hebr.) : Super flumina, intitul^ dans la Vulgate : Psalmus David Jeremix, est attribue au prophete Jer6mie. A ne consulter que la perfection du style et la tournure des pensees, il semble appartenir a Page de la splendeur; cependant, il est difiicile de ne pas 1 appliquer a la captivite, dont ilfait si expressSment mention et qu il raconte comme un 6venement present. G est une magnitique ^legie, et tout le monde salt que JerSmie excellait dans ce genre. Si la Vulgate introduit dans le titre le nom de David, c est pour indiquer le genre du morceauetle distinguer desautresecritsde Jrmie, comme on dirait une Pindarique pour designer une ode d un genre lev. Gependant, Gegerus, Bellarmin et Bellanger pensent que ce psaume est une proph6tie.

. Plusieurs psaumes sont attribuSs a SALOMON. Le xxvi e (cxxvn 6 bebr.) porte son nom : Cantique graduel de Salomon. (Scum HAMAHAL6TH LI SELOMOH :

Quant a Idithun et aux fils de Core, il ne parait pas probable qu ils soient les auteurs des psaumes a la tfete desquels on lit leurs noms; ces psaumes leur sont simplement adresses comme un libretto sur lequel iis devaient composer un chant.

SALOMON est 1 auteur du Cantique des canllques (SCHIR HASCHIRIM : D^T^o T9)> ainsi appele a cause

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de son excellence, comme po6sie sacr6e. (Test la nuee du desert, a la fois claire et obscure. Les incredules veulent que ce soit un chant purement profane. Us n ont vu, dans les hyperboles de 1 amour conjugal, que le delire d une passion extravagante; les attentes de 1 gpoux et de 1 epouse, les courses a travers la campagne, jeux na ife de 1 humanite encore enfant, leur paraissent 6tre les demarches d un amant insense aupres d une courtisane passionnee. La loyale criti que du langage et des usages orientaux, non moins que la plus constarite et la plus unanime tradition, en ont juge autrernent. Le SCHIR HASCHIRIM est un pithaiame qui charite prophetiquemerit, sous le voile des noces profanes, les noces mystiques du Verbe de Dieu avec la nature humaine, de Jesus- Christ avec son Eglise, de Dieu avec Tame iideie.

2. Les propli&tes que les interpretes appellent moins connus (minus noti) sont au nombre de dixhuit. Nous accompagnons ici lews noms d une courte notice.

GAD. II vivait en 1080, sous le regne de David. Le premier livre des Pdralipomenes Tappelle le voyant du saint roi : Locutus e^t Dominus ad Gad videntem Davidis. (Gap. xxi, v. 9.) II avait compose un volume sur les actions de David (I Paralip., cap. xxix, v. 9) ; mais ce volume a disparu. II s occupa, avec le prophete Nathan, de Torgariisation de la musique sacree. (II Paralip., cap. xxix, v. 25,26.)

NATHAN vivait avec Gad, auquel ii survecut. L Ecclesiastique Tappelle prophete. (Gap. XLV, v. 1.) II

fut tres lie avec Salomon, auquel il servit de p&re dans le Seigneur.

ADDON vivait sous les rois Roboam et Abia (994). II fit un livre intitule : Vision (MIDRACH); mais il n eri reste aucun vestige. Le second livre des Paralipomenes en parle en ces termes : Le reste des actions de Salomon est crit dans la vision d Addon, le prophete, contre Jeroboam, ills de Nabat. * (Gap. ix, v. 29.)

AHIAS vivait a la mme epoque. On en parle beaucoup dans le troisi&me livre des Rois. (Gap. xi, xn, xiv.)Hest celebre par la proph6tie figurative de son manteau dechir6 en douze parties, dont ii donna dix parties a Jeroboam, annongant ainsi le schisme des tribus. Ses ecrits sont perdus. (II Paralip., cap. ix, v. 29.)

SEMEIAS etait a pen pres contemporain des deux precedents. 11 ne faut pas le confondre avec deux faux prophetesdu m6me nom, qui vinrent apres lui. Le second livre des Paralipomenes parle de ses ecrits, dont il ne reste rien, et le met au rang des prophetes. (Gap. xn, v. IS.)

HANANI vivait en 959, sous les rois Asa et Baasa. On le croit pere du propbete JEHU. G est a lui quese rapportent les deux textes du troisieme livre des Rois (cap. xvi, v. 1) et du second livre des Paralipomenes (cap. xvi, v. 7), ou il est question de son titre de propliete et de ses rapports avec Asa et Baasa.

AZARIAS fut contemporain d Hanani. Le second livre des Paralipomenes (cap. xv, v. 8) parle d une prophetic qu ii fit au roi Asa. II etait fils. d Obed 01? Oded, que 1 Ecriture appelle aussi prophete.

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JEHU vivait quelque temps apres le regne de Josaphat. II etait fils du prophete Hanani. II composa un livre dont il est fait mention, en ces lermes, an second livre des Paralipomenes : Reliqua autem gestorum Josaphat priorum et novissimorum scripta sunt in Verbis Jehu fllii Hanani : quce digessit in libro Regum Israel. (Gap. xx, v. 34.) Ge livre a disparu.

ELIE et ELISEE sont connus de tons. On peut lire leur admirable histoire au troisieme et au quatrieme livre des Rois. Elie fut emporte vivant par un tourbillon de flammes ; il doit reparaitre, selon une com mune tradition, aux approches du jugement dernier. En montant au ciel, il laissa tomber son esprit sur son disciple Elisee. Tous denx furent celebres par leurs oracles et leurs prodiges. On les considere comme les patriarches de la vie cenobitique. Les Garmes les venerent comme les peres de leur saint ordre.

MICHEE, fils de Gella ou Jemla, vivait en 914, sous les regnes de Josaphat et d Achab. Presque tout le chapitre xxu e du troisieme livre des Rois le concerne. Le roi Josaphat, avant d engager la bataille contre le roi de Syne, s ecrie : a N y a-t-il done pas iiciun prophete pour queje puisse consulter le Sei gneur? Achab lui repond : II ne reste qu un seul homme par qui nous puissions interroger le Seigneur; mais je le hais, car, au lieu de m annoncer du bien, il ne m annonce que du mal : c est Michee, tils de Jemla. Mais Josaphat reprit : a Pioi, ne parlez pas ainsi. Le roi d Israel appela done un eunuque et lui dit : Hate-toi d amener ici Mich6e, fils de Jemla. Michee, amene en presence du roi, lui predit les malheurs qui devaieat fondre sur lui,

c est-a-dire la dispersion de son armee et sa mort violente. Achab, irrite, le fit jeter en prison; mais Miche, se tournant vers le roi : Si tu reviens en paix, le Seigneur n a paspar!6 par ma bouche; retenez bien cela, peuples qui m coutez (v. 7, 8, 28). Or, le roi Achab fat tue dans le combat, et son armee miseen deroute par celle de Sennacherib. Michee fut venere depuis, comme un prophete du Seigneur, par le peuple qu il avail pris a temoin.

fiuEZER vivait de 920 a 890, sous le roi Josaphat. L Ecriture 1 appelle fils de Dodan de Maresa. II annonga au roi Josaphat le dsastre de sa flotte, a cause de son alliance avec Tim pie Ochozias. Prophetavit autem Eliezer jilius Dodan de Maresa ad Josaphat dicens : Quid habuisti fwdus cum Ochozia, percussit Dominus opera tua y contritceque sunt naves, nee potuerunt ire in Tharsis. (II Paralip., cap. xx, v. 37.)

JAHAZIEL vivait dans le meme temps. II etait levite et descendant d Asaph : Levites de filiis Asaph. (II Paralip., cap. xx, v. 14.) Les Moabites, les Ammonites et les Syriens s etant ligues contre Josaphat, il prophetisa leur defaite avec tant d autorite et d eclat, que le roi et le peuple de Juda tomberent la face contre terre, pour remercier Dieu de la victoire, avant le combat, ([bid., v. 15-18.)

ODED ou OBED vivait sous Achaz, roi de Juda, et Phacee, roi d Israei (760). II reprocha avec tant de force aux Israelites leur cruaute a Tegard des Juifs qu ils emmenaient captifs a Samarie, que Farmee victorieuse s arreta tout a coup et fit preuve de la plus touchante generosite : Elle rendit aux vaincus leur v6tement et leurs chaussures, leur donna & boire et a manger, r^pandit de 1 liuile sur leurs

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membres, & cause de la fatigue, fit monter ceux qui 6taient trop faibles sur des chevaux, les reconduisit jusqu a Jericho, ou ils furent remis entre les mains de leurs freres, et s en retourna sans captifs et sans butin a Samarie. (II Paralip., cap. xxvm, v. 9, 15.)

HOSAI vivait sous leroi Manass^s. C est lui qui nous a conserve la priere que composa ce prince apres sa penitence : Oratio Manasses et exauditio... scripta sunt in sermonibus Hosa i. (II Paralip., cap. xxiri, v. 19.)

JEGEDELIAS vivait sous le rgne de Josias, roi de Juda. II est appele homme de Dieu dans le livre de J6remie. (Gap. xxxv, v. 4.)

A ces noms empruntes au catalogue h6bra!que, Herman Witzius ajoute :

1 JOB, dont les Merits sont manifestement inspires.

2 ELDAD et MEDAD, qui vivaient du temps de Mo ise et prophtisaient dans le camp d Israel. Cumque prophetarent in castris, cucurrit puer et nuntiavit Moysi dicens : Eldad et Medad prophetant in castris. (Num., cap. xi, v. 27.)

3 ASAPH, auteur des psaumes asaphiques et appele voyant. (II Paralip., cap. xxix, v. 30.)

4 OBED, pere du propbete Asarias, et appele propbete comme lui. (II Paralip., cap. xv, v. 85.)

5 URIAS, dont il est dit au livre de Jeremie : II iut un homme prophetisant au nom du Seigneur : c etait Urias, fils de Semei de Gariathiarim. (Jer6m. cap. xxvi, v. 20.)

3. Les prophetes plus connus (magis noti) se divisent en deux classes : les grands et les petits pro-

phetes. Gette division est fondee moins sur 1 eclat du talent que sur 1 etendue des Merits et Timportance des oracles. Les petits prophetes paraissent avoir eu pour mission speciale de menacer, de con soler, d encourager le peuple de Dieu. Us ne jettent un regard sur les peuples etrangers que pour retourner promptement vers leurs compatriotes, et accomplir aupres d eux une mission toute nationale. Bien qu elev^e par Tesprit de Dieu, leur vue est circonscrite, de tous cotes, par des lignes qui ne leur permettent pas de laisser prendre a Inspiration Pamp leur et les vastes proportions qu on remarque chez les grands prophetes. C est pourquoi on les a appeles petits prophetes. Non pas qu ils soient inf6rieurs aux autres par leur saintete, leur genie, leur science, leur habilete dans Tart de dire; quelquesuns d entre eux, Joel, Abdias, Michee, Nahum, Habacuc, heureusement appeles dans les beaux jours 7 de la litterature hebraique, se sont eleves au degre supreme de la perfection; mais le don gratuit qui fait les prophetes leur a ete communique avec moins d abondance. Dieu ne leur a Iaiss6 voir qu une partie des evenements qui devaient s accomplir, tandis qu aux grands prophetes il a ouvert les immenses perspectives de I histoire humaine, ce qui donne a leurs ouvrages un caractere singulier et les distin gue de tous les aulres. Us sont grands, moins encore par leur genie et leurs qualites personnelles que par Timportance et 1 etendue de leurs predictions. La sont 6crites d avance et les destinies du peuple de Dieu et les destinees des grands empires, et 1 heureuse issue du gouvernement providentiel sur les nations antiques, et le develop pement de 1 idee di-

vine jusqu a la consommation des siecles. A 1 importance et a 1 etendue des predictions, il faut joindre la splendeur des visions, ou Ton voit apparaitre, sous des figures grandes, majestueuses, pleines de mysteres, les evenements de 1 avenir et celui qui les dirige souverainement. Sans faire tort a leurs coltegues, sans amoindrir leur personnallte et leurs ecrits, on a pu et Ton peut encore les appeler grands prophetes.

Ces grands prophetes sont : Isa ie, Jer6mie, fizechiel et Daniel.

ISAIE. (Voyez quatorzieme Conference.) On distin gue dans le livre d Isaie deux parties. La premiere s etend du chapitre I au chapitre xxxix e inclusivement; la seconde du chapitre XL G au chapitre Lxvi e .

Dans la premiere : Vocation du prophete, propheties coritre Babylone, Moab, la Syrie, 1 JEgypte, 1 Ethiopie, Fldumee, 1 Arabie, Tyr, Jerusalem, tout le royaume de Juda. Le reste, depuis le xxxvr chapitre jusqu au XL% est rempli par Thistoire des relations du prophete avec le roi Ezechias. La seconde partie contient des consolations au peuple de Dieu, des in vectives contre Tidolatrie, et la prophetic qui concerne Cyrus. Aa milieu de tous ces chapitres, il y en a qui sont tellement remplis du Messie, qu ii est im possible de les detourner de leur vrai sens sans les denaturer completement. G est au jour de ses infortunes qulsa ie composa la seconde partie de son ouvrage. On peut la considerer comme une immense consolation adressee auxcaptifsde Babylone. Ladouleur et la mansuetude du vieiliard s y traduisent dans une sorte de complainte, qui prelude aux tnissements et aux larmes de Jeremie.

On a remarqu6 une difference parfaitement sen sible entre les deux parties du livre d Isaie. Dans la premiere, le style est plus hardi, plus impetueux, plus ferme, plus serre et, partant, plus obscur. Dans la seconde, on ne rencontre plus que des ardeurs tempres, un style plus doux, plus coulant et, par tant, plus intelligible. Une critique malveillante s est empress6e de relever cette disparity et en a profile pour nier Pauthenticit6 du livre d Isaie. Mais, pour la r6futer, il n est besoin que de comparer les trenteneuf premiers chapitres, qui forment la premiere partie, avec les vingt-sept derniers, dont se compose la seconde, et Ton pourra se convaincre que la diffe rence n est qu accidentelle, puisque le meme homme s y retrouve avec ses expressions uniques et ses tours personnels.

Mais n est-il pas possible d expliquer cette diffe rence, tout accidentelle qu elle est? Si, assurement. Isale etait avanc6 en &ge quand il composa sa seconde partie. Alors, il y avait moins de tbugue dans son imagination, moins d 61an dans sa verve glacee. Le style des vieillards est plus doux, plus paternel j celui des jeunes gens, plus vigoureux et plus tranchant. Le vieillard ne marche plus qu a pas compts; la jeunesse bondit. Le \ieiliard explique sa pense, passe et repasse sans cesse sur les conseils de sa longue experience; le jeune homme jelte au vent ses inspirations et croit naivernent qu on est oblige de deviner tout ce qu il voit et sent luim&me.

Et puis, il y a dans les langues un double travail : un par lequel elles gravitent vers la perfection; un autre par lequel elles se decomposent et se laissent

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choir. Isaie louche, par les jours de sa longue vie, et a 1 age de la perfection, etaux commencements de i la decadence. On ne voit pas pourquoi les differences ! qui se font sentir entre Vaugelas et Pascal, Gorneille et Racine, Ghapelain et Boileau, ne se feraient pas : sentir, en sens inverse, entre Isa ie jeune homme et fcaie vieillard, surtout quand on connait les prodigieux bouleversements de la Palestine, & cette 6poque. La difficult^ n est done pas serieuse et ne saurait nuirek rauthenticit du livre d Isaie. Du reste, un savant anglais, Lowth *, aflirme que la seconde partie du prophte, bien loin d etre indigne de lui, est peut-6tre la portion la plus 61ganteetla plus su blime des monuments sacres.

JRMIE. (Yoyez quatorzieme Conference.) On re- .marque, dans les Merits de J6rmie, unegrande con fusion quant a Tordre des matieres. Kile est probablement due aux violentes secousses qui branlrerit le royaume de Juda et a la dispersion du peuple juif. En s aidant des dates que Ton rencontre gaet J dans le livre du proph6te,et ducaractere de certains chapitres, on est parvenu a ^tablir Tordre suivant :

Propheties qui regardent les Juif*.

Chap. i. Mission du proph^te, vers la dix-huitifeme annee de son age.

Du chap, ii au chap. xn. Regne de Josias.

Du chap, xni au chap, xx, chap, [xxii et xxiu. Trois premieres ann^es du regne de Joachim.

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