‹ Introduction au dogme catholique Tome 2Chapitre 84 sur 91 · De Sacra poesi hceb · texte numérisé non relu

De Sacra poesi hceb

342 DES PROPJJlh ES

Chap, xxv, xxxv, xxxvi, xxxvn (v. 1 et 2). Qua trieme annee du regne de Joachim.

Chap, xxiv, xxix a xxxi, xxvn, xxvni. Commence ment du regne de Sedecias, jusqu a la quatrieme annee.

Chap, xxxiv, xxxvn, depuis le v. 3, xxxn, xxxin. De la neuvieme a la onzieme annee du regne de Se decias

Apres la ruine de Jerusalem. Chap, XL a XLIV.

Prophet ies particu Hires .

Chap. XLV, Avertissements a Baruch.

Chap. XLVI. Menaces contre 1 Egypte.

Chap. XLVII, Destruction des villes de Phenicie, Tyr, Sidon, Gaza et Ascalon.

Chap. XLVIII. Destruction des villes des Maobiteset de leur puissance.

Chap. XLIX. Devastation de la terre des Ammonites, de lldumee, de FArabie et de la Perse.

Chap. L, LI. Ruine de Babylone.

Le chap. LII contient une courte narration de la chute de Sedecias et des derniers malheurs de Jeru salem. Cette narration se retrouvant presque mot pour mot dansle dernier chapitre du quatrieme livre des Rois, il est a croire que Jes redacteurs de ce livre Tont empruntee a Jeremie.

Comme Isa ie, Jeremie mele a ses ecrits, a ses me naces, ases consolations, des oracles qui ne peuvent s appliquer qu au Messie,

EZECHIEL. (Voyez quatorzieme Conference.) Le livre d Ezechiel se compose de quarante-huit chapilres

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remplis de propheties d un genre si different et si mele, qu il est tres difficile de les reduire a line di vision systematique. II vaut mieux se contenter d une simple analyse.

Les cinq premiers chapitres contiennent line suite d actions symboliques qui figurent tous les malheurs de 1 avenir.

Les chap, vi et vn contiennent chacun une prophetie particuliere, qui ressemble davantagea celles des autres prophetes. Le vi e est dirige contre 1 idolatrie des montagnes, & laquelle le xxxvi 6 se rapporte.

Au vm e chap, commence une autre grande vision, qui se continue jusqu a latin du chap. xi e . Son caractere est triste et sombre.

Les chapitres suivants, depuis lexn e jusqu au xix e inclusivement, ont la m^me forme que les chap, vi et vii.

Le XIIP est principalement dirige contre les faux prophetes. Rien n est si Eloquent que la parole vive et originale du chap, xvi, ou le prophete raconte Thistoire de Jerusalem, sous la figure d une enfant, d une pauvre petite etrangere que le Seigneur a trouvee et ramassee dans la rue. La prophetic des deux grands aigles du Liban est egalement remarquable; mais elle est plus complexe et plus obscure.

Les chap, xx, xxi, xxn, xxm, xxiv forment une autre suite de propheties, sur la ruine de Jerusalem et les malheurs des Juifs.

Chap. xxv. Ruine des Ammonites, de Moab, de la Palestine et de 1 Idum^e. (Le meme sujet est continu6 au chap, xxxv.)

Chap, xxvi, xxvii, xxvm. Ruine de Tyr. Ces trois

344 DES PROPH&TES

chapitres sont admirables d eioquence, d images su blimes et de science antique.

Chap, xxix, xxx, xxxi, xxxn. Ruinede 1 Egypte. 11 y a egalement ici une merveilleuse vigueur dans le pinceau d fizechiel; ses expressions sont appliqu6es, avec une justesse etonnante, au pays dont il parle, et, en general, tous les chapitres dont les nations 6trangeres sont 1 objet prouvent que le voyant possedait une connaissance aussi vaste que profonde de 1 ancien monde, des villes, des sites, des moeurs et des usages de chaque contree.

Le chap, xxxmades rapports frappantsaveclexvme. Dans 1 un et dans 1 autre, E)zchiel assigne les bornes les plus sages et les plus rationnelles a cet enchainement de la Providence, qui consiste a reconnaltre une solidarite morale entre les membres d une famille, d une nation. Gette solidarity n est une verite qu autant qu elle est limitee par le bon sens et la justice.

Le chap, xxxiv est dirige contre les pasteurs du peuple.

Les chap, xxxv et xxxvi ont ete places plus haut.

Le chap, xxxva contient la c^lebre vision du champ des morts et de la resurrection, symbole de la mort et de la resurrection du peuple.

Les chap, xxxvni et xxxix sont une prophetic ob scure contre Gog et Magog.

Les neuf derniers chapitres contiennent une pre diction tres detailiee du retour de la captivite et de la reconstruction du temple, si c est toutefois du temple que veut parler le prophete.

En finissant, nous n omettrons pas de dire que la glorieuse figure du Messie perce au milieu de tant de pensees profondes et de brillantes descriptions

NOTICES, fiCLAIRCISSEMKNTS, ETC. 345

Voici 1 ordre chronologique des t propheties d fizechiel : II a proph6tise pendant vingt-deux ans ; sa premi&re prophetic s ouvre en Tan 595, la cinquieme anne de la captivite, et la trentieme du renouvellement solennel de 1 alliance avec le Seigneur, par le roi Josias.

Les chap, vi, vn, vin, ix, x, xi, se rapportent 1 an 594.

Du chap. xn e au xine, a Tan 593.

Le chap. xxiv e , jusqu au verset 12 e du xxv 8 , S, Tan 590, la cinquieme anne de Sedecias.

Le reste du chap, xxv fut fait, a ce que Ton croit, trois ans plus tard, c est-a-dire en 587.

Les chap, xxvi et xxvn sont de 588.

Les chap, xxvm et xxix jusqu au verset 16, le chap, xxx jusqu au verset 20 e , sont de 589

Aprfes le verset 20 e du chap, xxx, y cornpris le chap, xxxi, tout est de 588.

Le chap . xxxn e et les suivants, jusqu au chap. xxxix inclusivement, sont de 587.

Les chap. XL et suivants sont de la vingt-cinquieme annee de la transportation de Jechonias, avant Jesus-Christ, 574.

II semble convenable d admettre que le chap. XLV et les suivants, jusqu au XLViii 6 , un peu s^pares des pr6c6dents, sont d une date plus rcente et de la vingt-sixieme ou vingt-septieme annee de la capti vity c est-^t-dire de Tan 573 ou 572 avant Jsus- Christ.

Quoi qu il en soit de ces deux chapitres, il paralt certain quele chap. xxix% a partir du verset 17s est de 1 an 572, c est-k-dire de la derniere annte chiel.

346 DES PBOPHETES

DANIEL. (Voyez quatorzieme Conference.) Gomme dans le livre d Ezechiel, on ne remarque dans celui de Daniel aucune trace du parallelisme qui parait etre la base de la poesie hebraique. Ge prophete a ecrit en prose; cependant plusieurs de ses composi tions, entre autres le cantique des trois enfants dans la fournaise, Benedicite, marchent de pair avec les odes les plus magnifiques. Daniel est moins original queson predcesseur;mais, en revanche, il est moins obscur. Iln y a pas une seule de ses propheties qui ne soit une vision ; ce en quoi il ressemblebeaucoup a Ezechiel, qui parait 1 avoir prepare. Pour Petendue et la profondeur de ses vues, il ne le cede a aucun des autres Ndbi.

Le livre de Daniel se compose de quatorze chapitres, dans lesquels 1 histoire est melee aux propbeties. Les rabbins, alarmes de la clarte des oracles contenus dans ce livre, n ont rien epargne pour en affaiblir Tautorite. Tls ont 6te aides en cela par les incredules de tous les temps. Porphyre avouait naivement que la trop grande precision de la prophetie de Daniel ne lui permettait pas de croire a son authenticite. Ge bel argument a te reproduit de nos jours, comme une chose neuve qu il fallait attribuer aux progi6^ de la science. Eicliorn, Berthold, Genesius, Bleech, de Wette, Hirms, Rosen-Mullein Lengerke, tous savants orientalistes et philologiies patients, ont retranche le livre de Daniel du riombre des authentiques et Font mis sur le compte d un anonyme.

Mais, au milieu de toutes ces attaques, Dieu n a point oublie son prophete. II lui a suscite de nornbreux et solides defenseurs, entre lesquels on re-

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marque Eusebe de Gesaree, Meihodius de Tyr , Apollinaire de Laodicee, saint Jerome, parmi les anciens ; et, parmi les modernes, Luderwald, Staeudlin, John, Hengsterberg, Laevernik, hommes du plus eminent savoir, et pour la plupart de la plus integre reputation de bonne foi et de loyaute.

Du reste, le livre de Daniel se defend lui-mme contre les objections de la critique anti-chretienne. (Test le plus grandiose et le plus fidele miroir des moeurs antiques et de la civilisation babylonienne; c est un monument merveilleux descoutumes, de la sagesse, des vices, de la puissance et des faiblesses des grandes nations qui habitaient les regions de 1 Asie centrale, et dont la splendeur commen^ait a decroitre, au moment ou les peuples occidentaux entraientdanslagloire. Nos adversaireseux-mmes, Genesius, Rosen-Muller, de Wette, Berthold, malgrS leur haine et leurs prejuges, sont obliges d avouer que toute la vie des Assyriens, depuis les maximes et les proverbes populaires jusqu aux moindres d6tails du foyer domestique, se retrouve dans le livre de Daniel. L erudit s etonne de voir entre ce livre et les musees, cartes geographiques et autres monu ments, un si parfait accord. S il n a pas ete com pose par un homme dont la vie s est ecoulee dans le milieu qu il decritet les temps dont il parle, il faut le considerer comme un prodige egal aux propheties qu il contient : a ce compte, nos adversaires ne peuvent rien gagner.

On distingue, dans le livre de Daniel, deux parties > dont Tune est appele protocanonique, et 1 autre deuterocanonique. La premiere est ecrite en bebreu de la decadence, ou mieux en vrai ciialdeen. 11 ne

nous reste de la seconde qu une version grecque, regue par le concile de Trente, bien qu elle ne se Irouve pas dans 1 ancien canon des Juifs.

La partie protocanonique contient douze chapitres:

Chap. i. Jeunesse de Daniel.

Chap, ii et in. Premier songe de Nabuchodonosor : Une statue.

Chap. iv. Deuxieme songe de Nabuchodonosor :

Un grand arbre.

Chap. v. Pestin de Balthasar.

Chap. vi. Grandeurs de Daniel et fosse aux lions.

Ges six premiers chapitres sont tous historiques; les suivants, au contraire, sont tous prophetiques.

Chap. VH. Vision des quatre grands animaux, representant quatre grandes monarchies.

Chap. vin. Vision du Belier etdu Bouc, representant encore des monarchies.

Chap. ix. Gelebre vision des soixante-dix semaines d annees qui doivent prc6der Tarrivee du Messie. Cette prophetic e.stsi precise, elle annonce avec une telle exactitude 1 epoque et les circonstances de la venue du Desirt des nations, qu elle a fait de tout temps le tourment des Juifs et des incredules.

Chap, x, xi, xii. Visions relatives aux empires des Perses et des Grecs, et au sort des Juifs, au milieu des revolutions que doit ncessairement amener la succession violente de ces grands empires.

La partie deutfrocanonique se compose :

1 Du cantique des trois jeunes gens dans la fournaise. Chap, n, du verset 24 au verset 90.

2 De Thistoire de Susanne. Chap. xm.

3 De 1 histoire de Bel. Chap. xiv.

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4. Les petits prophetes sont au nombre dedouze : JONAS est le plus ancien dont les Merits nous sont rest6s. II naquit a Geth, en Opher, sur le territoire de Zabulon. Phul, le pere de Sardanapale, fut, diton, le roi de Ninive qui lit penitence a sa voix. Plusieurs auteurs, ennemis des saints livres, ont affirm^ que 1 existence de ce prophete 1 histoire de son naufrage surtout tait fort problematique. Mais, outre que le quatrieme livre des Rois fait une men tion expresse de Jonas, outre qu Herodote constate un bouleversement temporaire dans les moeurs assyriennes, qui rpond videmment la predication de Jonas, outre que saint J6r6me, fort au courant, comme on le sait, de toutes les antiquites hebraiques, affirme avoir vu son tombeau sur le chemin deTiberiade, Jesus-Christ a donn a son histoire une supreme confirmation, en la prenant pour symbole de ce qui devait s accomplir en sa propre personne. Generatio mala, et adultera, signum quxrit, et signum non dabitur ei, nisi signum Jonx prophetse... Sicut enim fuit Jonas in venire ceti tribus diebus, et tribus noctibus, sic erit Filius hominis in corde terrx tribus diebus, et tribus noctibus : Gette generation per verse et adultere demande un signe; elle n en aura pas d autre que celui de Jonas le prophete...; car comme Jonas a 6t6 trois jours et trois nuits dans le ventre du poisson, ainsi le Fils de 1 homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre. (Matth., cap. xn, v. 39; cap. xvi, v. 4.) Rien n est plus precis que ce temoignage, qui ne pouvait avoir de force qu autant que le peuple juif etait convaincu de la v6rite de Fhistoire de Jonas; a lui seul il sufflt pour nous faire conclure que Jonas fut un oersonnage

ii. 20

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eminemment prophetique. Du reste, ce qui prophetise en son livre, c est uniquement sa person ne et son histoire; il n y a pas d autre oracle que le signe de la resurrection du Christ.

Le style de Jonas est rempli d archaismes et de mots etrangers, ce qui a fait dire a quelques-uns que son livre etait supposS. Mauvaise conclusion. II ressort tout simplement de ces archi ismes et de ces mots etrangers, que Jonas appartient au premier age de la litterature prophetique, et qu il a voyage.

OSEE parut quaud Jonas mourait. 11 vecut pres de cent cinq ans. Sa prophetic est si authentique, que les plus hardis rationalistes n ont ose Paltaquer directement. Elle se compose de deux parties, precedees d un \erset historique qui leur sert de preface. La premiere partie est toute remplie d actions symholiques; la seconde contient les reproclies les plus terribles, et forme comme le corps de la prophetic. Le Voyant tonne contre Tidolatrie d Israel et de Juda, qu il appelle une infame prostitution. Mais, tout severe qu il est, Osee finit, comme les autres prophetes, par des consolations et des encourage ments. Apres avoir dit: Pereat Samaria..., ils ecrie : Converters, Israel) ad Dominum, et promet les plus abondantes benedictions a ceux qui marcheront dans les voies droites du Seigneur.

Le style d Osee est pur, mais inegal. Sa phrase est concise, sentencieuse, quelquefois obscure et toujours pleine d une hardiesse qui, plus d une fois, effraya les oreilles pudiques et le chaste coeur de Voltaire, s ii faut Ten croire.

AMOS est le troisieme des petits prophetes, selon Tordre chronologique, Jl fut chasse du. royaum.e

d Israel, a cause de ses predications, et vint s etablir a Thecue, dans le royaume de Juda. II n etait, comme il le dit lui-mme, ni prophete ni tils de prophete. .. ; mais il etait pasteur de bceufs, et cultivait ses sycomores. Sa vie sepassait an milieu des champs; aussi fait-il, dans ses ecrits, de frequents emprunts a la nature. Son style est orne de figures gracieuses et nobles, sa phrase est pleine de tournures poetiques; c est de tous les prophetes le plus sa vant; la geographic et Pastronomie paraissent lui etre familieres. Son livre se compose de neuf chapitres, que Ton peut diviser en trois parties. La pre miere est dirigee centre les peuples voisins d Isral, Damas, les Philistins, Tyr, 1 Idumee, les tils d Ammon, Moab, et le royaume de Juda. Dans la seconde, le prophete se repand en menaces contre Israel, sa propre patrie. Dans la troisieme, il annonce la- rnis^ricorde par le Christ Sauveur : c est la peroraison ordinaire des prophetes.

JOEL etait, dit-on, contemporain d Osee, et fournit, comme ce prophete, une longue carriere. G est a partir de lui que la literature prophetique prend son essor. Son style est remarquable par sa purete et son elegance; il est plein de vie, (Tune animation merveilleuse et toujours admirable. Son livre ne contient que trois chapitres, mais magniliques par leur objet et les images sublimes qu ils reriferment. Apres avoir annonce & la maison de Juda tous les maux qui doivent fondre sur elle, Joel passe a Teffrayante prophetic du jugement dernier. II n est pas rare que les prophetes prennent occasion de certaines calamites particulieres, pour passer a la predic tion du cataclysme terrible qui doit epouvanter les

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peuples ct bouleverser 1 univers. Jesus-Christ Fa fait lui-meme, quand il a prdit la mine de Jerusalem.

ABDIAS, au temoignage de saint Jer6me et de Thodoret, etait un autre contemporain d Osee; mais il est plus probable qu il proph6tisa sous le regne de Joram, roi de Juda, quelque soixante ans apres la mort d Osee. Sa prophetic est courte; elle ne contient qu un seul chapitre, dirige tout entier contre l Idumee,en faveur du peuple d Israel. Moins 61ev6 que le style de Joel, le style d Abdias est cependant clair et pur, souvent vif, presse, profond, et d une beaute qui ne se dement jamais.

MICHEE, fits de Morosthi, qu il ne faut pas confondre avec Michfo,fils de Gella, dontnousavons deja parle, proph^tisa pour les deux royaumes d Israei et de Juda. II etait n6 dans ce dernier. Les sept chapitres de son livre sont tellement unis entre eux, qu il est difficile d y voir des parties distinctes; ils se resument en quatre mots : menaces, consolations, reproches pleins de tendresse, grandes et magnifiques esperances pour les jours meilleurs qui verront naitre le Desire des nations. Par la purete, la limpidit6, la vehemence, la sublimity de son style et de ses pensees, Michee egale Isaie, s il ne le surpasse. Aucun des Scrivains de la langue hebralque ne lui est superieur en perfection, et il est maitre en Tart d 6crire.

NAHUM fut heritier du genie dlsaie et de sa perfec tion dans 1 art d exprimer les sublimes pensees. Sa prophetic n a que trois chapitres; mais c est un poeme 6pique plein de beautes du premier ordre. Non seulement la diction en est pure et savante, mais les images sont d une splendeur incomparable,

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et les pensSes ne s abaissent jamais. Le prophete commence par un exposS gn6ral et grandiose des jugements de Dieu : c est 1 exorde de son poSme. Vient ensuite la description vive, animee, brillante, du si&ge de la ville coupable. Les chariots se mlent, les glaives 6tincellent, les boucliers se brisent, les hommes et les bfetes tombent ple-m61e dans la poussiere etle sang; les maisons, les palais, les remparts, tout s ecroule; les mines sont faites, et Ninive n est plus. On a peine a croire que Nahum proph6tise, tant il precise les details et les circonstances. On croirait plutdt que, ports sur un char de feu, il assiste d en haut au triomphe des Babyloniens sur les Ninivites. II faut que 1 ordre des temps nous apprenne que Nahum est un t6moin proph6tique des malheurs de la ville qu il appelle : civitas sanguinum et adultera : la ville de sang, la ville adultere.

HABACUC vivait dix ans apres Nahum. II proph^tisa, a ce que Ton croit, sous le regne de Manasses. Son style est Elegant et noble, ses pensees sont 61ev6es, bien qu il n egale pas ses prdecesseurs. Le plan d Habacuc est fort simple. Sa prophetic est un dithyrambe sur la Providence divine. Dans la pre miere partie, le proph&te interroge le Seigneur; dans la seconde, le Seigneur lui r6pond. La troisieme partie, qui porte pour titre : Oratio Habacuc, est un chant rythmique de la plus haute poesie, dans lequel le prophete celebre les louanges et les misericordes de Jehovah, et fait entrevoirla grande figure de son Christ Jesus.

SOPHONIE parut a la veille des jours de Iacaptivit6. II 6tait, comme Isai e, de race royale, et proph6tisa

dans le royaume de Juda. En annongant la ruine de Jerusalem, il emploie des termes excessifs, parce que, comme Joel, il se sert d une ealamite partieuliere pour faire allusion a cette grande et universelle calamity qui doit etre la consommation de tous les malheurs. Apres le chatiment des Juifs viendra le tour de leurs anciens oppresseurs, les Philistins... Puis de tendres reproclies, suivis de grandes et magnifiques esperances, relatives au christianisme, Telle est 1 analyse de la prophetic de Sophonie, qui se compose de trois chapitres seulement. Sophonie est loin d egaler la purete, la majeste, la sublimite, de ceux qui Font precede. On sent que Tidiome se corrompt, et que la phrase, bien qu elle soit belle encore, commence a se briser et a se remplir de chaldaisrnes. BARUCH. Aujour des grands malheurs, Dieu ne retira pas son esprit : ilne pouvait refuser a son peuple cette supreme consolation. II y eut done des prophetes parmi les captifs de Juda, et Baruch i ut Tun d entre eux. Nous ne 1 avons point nomme dans notre catalogue, parce que les Juifs considerent son ouvrage comme un appendice de Jeremie. II etait fiis de Nerie, et eut pour frere Sara ias, homme celebre parmi les Juifs de la captivite. Quand il eut perdu son pere, son maitre, son ami, son bienfaiteur Jeremie, dont il 6tait le secretaire, rien ne put le retenir en Egypte; il rejoignit le corps de sa na tion a Babylone, ou il composa sa prophetic. L originalh^braique existait encore au n e siecle de notre ere ; depuis, il a disparu : il ne nous reste plus qu une version grecque, que les erudits disent etre excellerite. A en juger par ce fragment de ses ouvrages, Baruch est un homme d un esprit eminent et un poete illus-

NOTICES, fiCLAIRCISSEMENTS, ETC. 355

tre. Quand il parle de la sagesse, il nous rappelle les meiileurs jours de 1 antiquite hebraique. La lettre de Jeremie, inseree dans son livre, est un chefd oeuvre d elegance, d habilete, de logique et de fine ironie. Si Ton retranche cette lettre, la prophetie de Baruch se reduit a cinq chapitres, que Ton peut di- \iser en trois parties. La premiere estune vive exhor tation a la penitence. Dans la seconde, le prophete, s elevant a une haute personnification de la sagesse, trace un mysterieux tableau de 1 incarnation du Verbe; on ne peut rien voir de plus beau ni de plus profond. Enfln, la troisieme partie est la peroraison ordinaire des prophetes : des reproches et de touchantes consolations.

Apres les douleurs de la captivite, trois hommes recurent mission de consoler le peuple de Dieu et dele relever du profond decouragement ou il etait tombe : ces hommes etaient AGGEE, ZACHARIE et MA- LACHIE. Leurs propheties se recommandent plutot par 1 importance des matieres que par la perfection du style. II faut y rechercher les grands evenements qui vont bientot s accomplir, plutot que les beautes litteraires. La langue est tombee avec le caractere de la nation. G est en vain que les prophetes elevent leurs pensees et s efforcent de viviiler un idiome brise, depouille de ses richesses primitives et charge de locutions empruntees. Le rythme leur fait defaut; ils n ont plus a leur service qu une prose vulgaire. S ils rencoritrent encore des images vives et neuves, on les voit bienlot disparaitre. Ge n est plus la marche pacifique et sublime des anciens Ndbi, ce sontles bonds impetueux d une inspiration et d ua talent mal servis.

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AGGE 6tait n6 sur la terre trangere. II revint avec les captifs dans sa patrie, et assista au r6lablissement de la ville sainte et du temple. Sa prophetic se com pose de deux chapitres. Dans le premier, il reproche aux Juifs leur paresse et leurs retards dans la recon struction de la maison de Dieu. Dans le second, il console les vieillards, qui, se rappelant la splendeur de 1 ancien temple, pleuraient en voyant les nouveaux Edifices. Puis vient la promesse du Sauveur longtemps attendu; c est lui qui doit remplir le se cond temple de sa glorieuse presence et ebranler la nature par des prodiges.

ZACHARIE naquit, comme Agg6e, dans la captivit6. Plusieurs interpr&tes ont pens6 qu il 6tait celui dont Jsus-Christ fait mention, quand il s Scrie : Ut venial super tos omnis sangws Justus qui effusus super terram, a sanguine Abel justi, usque ad sanguinem Zacharice filii Barachise quern occidistis inter templum et altare : Que le sang des justes qui a 6te r6pandu sur la terre, depuis le sang du juste Abel jusqu ct celui de Zacharie, fils de Barachie, que vous avez tu6 entre le temple et L autel, retombe sur vous. (Matth., cap. xxm, v. 35.) II est bien vrai que notre Zacharie 6tait fils de Barachie; mais il est fort douteux que cet ange consolateur ait 6t6 tue par un peuple qui venait de recevoir les dures lemons de la captivite et s occupait de relever les ruines de sa patrie. Nous n avons pas, du reste, a eclaircir cette difficult6; il nous suffit de savoir que le Zacharie dont nous parlons a exists apres la captivitS, et nous a laisse un livre de prophetic contenant quatre chapi tres, que Ton peut diviser en trois parties. La pre miere est une suite de visions magnifiques qui an-

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noncent les approches du Messie. Dans la secoride, le proph&te traite de la veritable justice. La troisieme est remplie de details precis sur les circonstances de la passion du Sauveur et l 6tablissement du Christianisme.

MALACHIE parut un sifecle aprfes Zacharie (450). L Ecriture ne dit rien de sa vie ni de sa parente; maisilest probable qu il vivaitau temps de Nehemie. Son livre n a que quatre chapitres. Apres avoir reproche aux Juifs leurs nouvelles infidelites, et aux pretres leurs desordres, apres avoir parle en termes pompeux du sacrifice de la loi nouvelle, le prophete ferme le livre des oracles sacres, en annongant le precurseur du Messie et Tavenement du Desir6 des nations, avenement qui se doit consommer au jugement dernier. Malachie est le dernier des prophetes; apres lui, toutse tait, et pourtant trois siecles et demi doivent s ecouler encore jusqu^ la plenitude des temps. Nous avons dit, dans notre quinzieme conKrence, la raison de ce silence.

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