‹ Introduction au dogme catholique Tome 2Chapitre 9 sur 91 · LIBRARY · texte numérisé non relu

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prend Hiistoire dessieclesfuturs, sous la forme pure del idee; acette difference, pourtant, que le maitre parle a Toreille de son disciple et ne se met que mediatement en rapport avec son ame, tandis que FEsprit de Dieu, qui atteint fortement et suavement les confins de tous les mondes, louche immediatement 1 esprit humain, entre dans ses plus intimes profondeurs et lui inspire ce qu il veut. L dme de 1 homme devient, afors, une harpe docile qui s abandonne aux doigts de la divine sagesse, et fait en tendre d admirables sons, de celestes harmonies. EUe chante les noms glorieux des rois et des conquerants qui ne sont pas nes encore; elle chante les fleaux de Dieu, les guerres impitoyables; la chute des empires, les funerailles des peuples ; 1 esclavage des nations; les douleurs de Fexil; les consolantes promesses; le retour dans la patrie; de joyeux avenements, des jours prosperes, la paix de 1 univers, un regne bienheureux qui n aura pas de fin. Ceux qui 1 entendent, arraches aux preoccupa tions et aux sollicitudes du temps et du monde prsents, se jettent, tout emus et tout palpitants, dans d autres temps et d autres mondes. Voila, Messieurs, le premier ph^nomene de la mission prophetique, que les th6ologiens ont appele Tillustration de Tame : illustratio mentis; I inspiration, ph^nom^ne dont la

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contrefagon etait connue chez les pa iens sous le nom de mens dimnior.

C est Finspiration qui produit 1 instinct propheti-

que, etat imparfait et en quelque sorte rumenditaire

dans Tordre des communications divines. L homme jest emporie par un mouvement interieur dont il ne peut se rendre compte : il agit sans savoir si c est Dieu qui le mene; il parle commeun sage, mais il ignore que sa sagesse vient d en haut. Ainsi, TEsprit de Dieu se pr^cipite sur Samson : le geant, train et enchaine par ceux-la m^mes que sa force protege, carte les bras, et voila que ses liens se brisent et se dissipent, comme eclatent et se consument les bois sees aux ardeurs d un feu violent *; glorieux symbole et vivante promesse de la toute-puissance dont Dieu veut faire usage contre les ennemis de son peuple. Jeremie quitte, en pleurant, sa demeure, les epaules courbees sous un joug et les bras char ges de chaines : c est Finstinct prophetique qui Temporte a travers les rues de Jerusalem, dont ses humiliations annoncent le prochain esclavage. Ga iphe prononce, devant le Sanhedrin, cette sinistre parole : II faut qu un homme meure pour le peu-

1. Irruit Spiritus Domini in eum, et sicut solent, ad ardorem ignis, ligna consumi, ita et vincula, quibus ligatus erat, lissipata simt et soluta. (Judic., cap. xv, v. 14.)

D1EU DANS LA MISSION PROPI1ETIQUE 43

pie, et non pas que la nation perisse. 11 croyait ne servir que sa haine; mais, dit 1 Evangeliste, il ne parla pas de lui-meme, il prophetisa l .

(Test 1 inspiration qui dicte a des hommes ignorants et inhabiles de merveilleuses reponses aux questions les plus imprevues. Jesus-Christ l a pro mise a ses apotres, en ces termes : Quand vous serez livres aux tribunaux, ne pensez pas a ce que vous devez dire ni a la maniere dont vous le direz. En cette heure supreme, on vous donnera vos paro les. Vous ne parlerez pas, vous; mais Tesprit de votre Pere parlera en vous 2 .

G est 1 inspiration quirevele le mystere des signes, jusqu alors impenetrates, et conduit le jugement prophetique. Un pecheur, un infame, a ete visite pendant son sommeil ou au milieu d un orgie, par les visions du Seigneur. II sent bien qu il y a des avertissementset des menaces suspendus sur satete; son ame est dans Fangoisse; mais il ne comprend pas les secrets de Pfiternel. II lui faut un voyant. Le void : c est Joseph, miraculeusement sorti d un ca-

1. Expedit vobis ut unus moriatur homo pro popiilo, et non tola gens pereat... hoc autem a semetipso non dixit, sed... prophetavit. (Joan., cap. xi, v. 50, 51.)

2. Cum autem tradent vos, nolite cogitare quomodo aut quid loquarnini. Dabitur enim vobis in ilia hora quid loquamini. Non enim vos estis qui loquimini; sed Spiritus Patris vestri qui loquitur in vobis. (Matth., cap. x, v. 19, 20.)

chot, qui explique au Pharaon le songe dans lequel le Seigneur a symbolise Fabondance et la famine; qui rejouiront et desoleront, 1 une apres 1 autre, la terre d figypte *. G est Daniel, qui rappelle a Nabuchodonosor sa vision oubliee, et lui raconte la solennelle hisloire des empires de la terre, finalement broyes par le royaume de Dieu, comme fut broyee, par la pierre tombee des montagnes, la statue d or, d argent, d airain et d argile, dont le port sublime et 1 aspect terrible effrayaient le grand roi 2 . G est Daniel encore, qui, debout dans la salle du festin ou Balthasar profane les vases sacres de Jerusalem, explique a 1 impie les mots flamboyants qu une main inconnue a Merits sur la muraille de son palais : Mane : Dieu a compte les jours de ton empire; ils sont pleins. Thecel : Tu as ete mis dans la balance, et tu n avais pas le poids. Phares : Ton royaume est deja divise, et va devenir la pature des Medes et des Perses 3 . Ici, la prophetic se divise. Le pecheur aveugle n en voit que la surface et les contours; mais le juste entre, avec 1 Esprit-Saint, jusqu en ses divines profondeurs.

Enfin, Messieurs, 1 inspiration produit tout oracle

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