‹ Introduction au Nouveau Testament (volume 2)Chapitre 13 sur 110 · CITATIONS, DE 100 A 150. — LES LETTRES D'IGNACE · texte numérisé non relu

CITATIONS, DE 100 A 150. — LES LETTRES D'IGNACE

ait connu l’évangile de Jean. » Il a seulement écrit « sous influence d'un milieu dans lequel l’évangile de Jean était

connu. » Eh quoi! l’auteur aurait vécu dans le milieu où cet évangile était connu et 1l n'aurait pas trouvé le moyen de se le procurer! En somme, nous constatons par la Didaché que, vers l’an 100, l’auteur de cet écrit, travaillant soit dans le Hauran, soit en Syrie, soit en Égypte, possédait, ainsi que les églises auxquelles il s’adressait, un recueil évangélique contenant Matthieu et Luc certainement, vraisemblablement aussi Jean.

La Didaché forme, comme l’a dit Schaff, la transition des temps apostoliques à l’âge patristique; mais j'ajoute : Par quelle chute à pic!

Le premier écrit qui nous place décidément au second siècle, ce sont les Lettres d’Ignace. On n'’attendra pas de nous que nous rouvrions ici la discussion sur ce recueil. La collection des quinze lettres est universellement condamnée à celte heure. Depuis les travaux de Zahn! et de Lightfoot?, les trois lettres en syriaque trouvées par Cureton ont perdu la faveur qu'elles avaient d’abord obtenue; il est reconnu que ce ne sont que des extrails. Le recueil des sept lettres énumérées par Eusèbe me paraît en échange suffisamment garanti, comme l’a reconnu M. Jean Réville, dans son travail publié dans la Revue de lhistoire des Religions en 1890. L'originalité tout à fait exceptionnelle de ces lettres les défend contre le soupçon de fabrication; le feu étrange qui les pénètre, ne saurait être un feu de décor. Des phrases peuvent se composer artificiellement; un semblable caractère ne s’invente pas. Nous voyons surgir ici une personnalité absolument unique

1 Ignatius von Antiochien, 1873.

2 The apostolic Fathers (S. Ignatius; S. Polycarpus, 2e éd., 1889.

dans l’histoire, même dans celle de la chrétienté. L'idée de l’épiscopat monarchique, qui est encore absente de l'épitre de Clément et de la Didaché, est fortement accentuée dans ces lettres; 1l est vraisemblable que le progrès de lorganisation épiscopale s’était opéré plus rapidement en Syrie et en Asie Mineure que dans les autres églises. Si les fonctionnaires nommés dans lApocalypse I-III Anges des églises, sont soit la personmification des conseils presbytéraux de ces églises, soit même leurs présidents, comme Jacques et Syméon l'avaient été de celle de Jérusalem, l’Apocalypse se trouve être ainsi l'intermédiaire entre les épitres Pastorales et la lettre de Clément, d'une part, et les lettres d’Ignace, d'autre part. Toutefois 1l faut bien re-

marquer que l’évêque, chez Ignace, est encore un fonc-

Honnaire purement paroissial, et n'appartient nullement à la classe des évêques diocésains de la seconde moitié de ce siècle, tels que les évêques de Rome, Pothin de Lyon ou Sérapion, en Syrie. |

Si les lettres d’'Ignace sont authentiques, elles doivent dater de 107 à 115, époque probable de son martyre. Il y est parlé plusieurs fois de l'Évangile dans le sens abstrait d'enseignement évangélique; ainsi Smyrn. ©. 9 : € Ceux que n’ont pas convaincus les prophéties, la loi de Moïse, ni même l'Évangile »; Philad. e. 9 : « L'Évangile est l’accomplissement de l’immortalité. » Mais il est d’autres passages où ce terme me paraît ne pouvoir s'appliquer qu’à des écrits évangéliques ; ainsi Smyrn. ©. 7 : & Il convient de s’attacher aux prophètes, mais particulièrement à l’Évancile dans lequel nous est révélée la Passion et où se trouve accomplie (rerekeiwra) larésurrection »; ainsi encore Philud. C. 0 : (afin que j'atteigne l'héritage en recourant (roocovyov) à l'Évangile, comme à la chair de Jésus, et aux apôtres, comme au conseil presbytéral de l’Église (6e toscburepiw

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