‹ Introduction au Nouveau Testament (volume 2)Chapitre 15 sur 110 · TER · texte numérisé non relu

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à Jean, Papias écrivait dans la contrée où la composition de cet évangile était un fait récent et connu de tous, de sorte qu'il n'avait pas à y insister. ; |

Je crois avoir démontré plus haut (p. 27) que si, comme il le dit lui-même, les deux disciples de Jésus, Jean le preshvtre et Aristion, vivaient encore quand 1l écrivait, il est impossible de faire descendre la date de son écrit plus bas que 120 à 195. Volkmar, avec sa hardiesse ordinaire, dit résolument {Ürspr., etc., p. 165), dans sa liste des écrits du second siécle: « En 165, l'écrit chiliaste de Papias. » Si la Chronique pascale à raison en plaçant le martyre de Papias à Pergame, dans le même temps que celui de Polycarpe à Smyrne, celui-ci paraissant fixé maintenant à lan 155, Papias se trouverait, selon la date de Volkmar, avoir composé son ouvrage dix ans après sa mort. Holtzmann ne descend pas si bas; il s’en tient à 150, ce qui ne paraît pas non plus compatible avec les termes de Papias lui-même (& Aéyouow). Voici le témoionage de Papias sur Marc, ou plutôt celui du presbytre Jean (en tout cas du moins pour les premières lignes) :

Et voici ce que disait le presbytre : Marc étant devenu l'interprète [ou plutôt le secrétaire] de Pierre (£punveurhe ITétpov yevouevos) écrivit exactement, mais non dans leur ordre (àxor- Bo, où pevrot téber), les choses ou dites, ou faites par le Christ: car il n’avait pas entendu le Seigneur, ni ne l'avait accompagné, mais vers la fin, comme je l’ai dit 1, il avait accompagné Pierre qui donnait ses enseignements selon le besoin du moment et non comme composant un recueil (oévraëv) des discours du Seigneur, de sorte que Marc ne manqua en rien en retraçant des faits détachés, comme il se les rappelait. Car

figuré. Les deux passages n’ont rien de commun, pas plus dans leur

sens général que dans le reste des termes.

1 Ces mots prouvent que la fin du paragraphe appartient à Papias lui-même.

il ne se préoccupait que d’une chose, ne rien omettre de ce > qu’ il avait entendu et ne l’altérer en rien.

Eusèbe continue : C’est là ce que raconte Papias touchant Marc. Quant à Matthieu, voici ce qu’il dit :

Matthieu, lui, composa par écrit les discours (rà }9yrx ouvep&buro) en langue hébraïque (éBood Suxkéxruw ); et chacun les traduisit selon qu’il en était capable.

Nous n'avons pas à approfondir ici la valeur de ces deux témoignages pour l'explication des origines de nos deux premiers évangiles; nous nous bornons à faire ressortir leurs rapports avec les traditions d’Irénée et de Clément.

Quant à Matthieu, 11 y a complet accord avec [rénée pour le lieu de la composition et pour la langue originale. Mais Papias ajoute deux détails intéressants. L'un porte sur le contenu de cet ouvrage ; d’après Papias il renfermait un compte-rendu des Discours ou Enseignements divins (rx \6yi2) de Jésus; nous verrons plus tard que ce sens vestreint du terme X\dytov est celui qui lui convient dans ce ütre. Puis Papias parle d’un certain temps qui s’écoula jusqu’au moment où cet écrit, hébreu ou araméen, fut traduit en grec et devint ainsi accessible à l’Église entière. Dans lPintervalle, ceux qui voulaient en reproduire en grec le contenu, le faisaient de leur mieux, et cela d'une manière purement orale. Ces détails sont étrangers à Irénée, aussi bien qu’à Clément; mais ce dernier est d'accord avec Papias et Irénée quant à la langue originale de Matthieu ; car nous savons qu’il racontait (Eus. H. E. V, A0) que son maître Pantène, s'étant rendu en mission en Inde, y trouva « l’évangile de Matthieu, écrit dans la langue des Hébreux ('Eboaiov Yoxuuactw), » qui avait été apporté dans celle contrée par l’apôtre Barthélemy.

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