Optime Theophile : pour optimo Theophilo comme ob
jet indirect. de comprendit (il a renfermé pour lui dans un
seul livre....).
21. Quia : dans le sens de quæ, lors même qu'il résulte de là que, dans la pensée de l’auteur, Luc a assisté lui-même à tout le contenu du livre des Actes, Ce fait, qui n’est pas si impossible qu’il peut le paraître, l’auteur le conclut certainement avant tout du nous, dans la seconde partie de ce livre; puis il en trouve la confirmation (sicuti) dans l’omission des deux faits suivants : le martyre de Pierre et le départ de Paul pour l'Espagne, que Luc n’a point racontés, parce qu’il n’en à pas été lui-même témoin. Il faut lire semotä passione.. sed et profectione, deux ablatifs, comme régimes de declarat : il déclare par l’omission mème de ces deux faits.
22. Declarat: l'auteur ne juge pas nécessaire d'expliquer en détail ce qui se rapporte aux épitres de Paul, puisqu'elles apprennent elles-mêmes ce qui les concerne à ceux qui veulent les comprendre.
23. Interdicens : les deux participes interdicens et intimans s'appuient sur le verbe scripsit. — L'auteur commence
par indiquer sommairement le sujet des quatre grandes lettres écrites à trois églises. |
: 2%, A lire circumecisionem et ordinem. L'ordre des Ecritures désigne la succession et le progrès des révélations renfermées dans l'Écriture, tels qu’ils sont exposés dans l’épitre aux Romains (Adam, Abraham, Moïse, Esaïe et les prophètes, Jésus-Christ). |
25. Necesse est: il faut absolument lire « non necesse est, » pour mettre l’auteur d'accord avec lui-même: car il vient pré- : cisément de dire que ces lettres s'expliquent. d’elles-mêmes. pour qui veut les comprendre. L’omission de la négation est une faute fréquente chez les copistes. Le N. T. lui-même en offre de nombreux exemples ; comp. Rom. [V, 19; V, 14; Gal. Il, 5: Col. Il, 18, etc. Le cum, puisque, qui suit, ne permet pas d’autre explication.
26. Cum : cette conj. est la traduction d’un éreû%, puisque, dont l’action s'étend jusqu'au dinoscitur, plusieurs lignes plus loin, lequel devrait être régulièrement dinoscatur. Il n’est pas nécessaire de discuter spécialement sur les épîtres de Paul, puisque, en ne les adressant nominativement qu’à sept églises, à l'exemple de Jean dans l’Apocalypse, Paul a voulu montrer comme celui-ci qu’elles s’adressaient moins à ces églises particulières qu’à l'Eglise une et universelle dont en vertu de ce nombre elles sont les représentantes. Le mot prodecessoris se lit de diverses manières. L’antériorité de Jean par rapport à Paul pourrait être celle de l’apostolat, mais le contexte ne permet de penser qu'à une antériorité littéraire. L'idée que l’Apocalypse ait été écrite avant les lettres de Paul se retrouve chez Epiphane (Æaer., 51, 33), qui en place la composition sous Claude (de 41-54). |
27. Septima : dans cette seconde liste, l’auteur intercale les églises non encore nommées parmi celles, déja mentionnées, qui avaient reçu les principales lettres : trois entre les Corinthiens et les Galates, une entre les Galates et les Romains. Cet ordre n’est en aucune facon chronologique, il est sans analogue. Zahn pense qu'il reproduit simplement la suite des épiîtres, telle quelle existait dans le document dont se servait l’auteur.
28. Iteretur : les lettres doubles adressées à deux de ces églises ne changent rien à leur nombre de sept.
- 29. Ecclesiastice. Les quatre lettres, adressées à des individus et non à l'Eglise, sembleraient n’avoir aucune place dans le Canon de celle-ci ; car elles appartiennent à une relation purement privée. Cependant, en raison de la considération dont elles ont été l’objet dans PEglise et de leur utilité pour le gouvernement ecclésiastique, elles font aussi partie du Canon.
30. Marcionis : sur ces deux lettres apocryphes attribuées à Paul, voir plus haut. — Zahn (Gesch., IL, p. 586) cite un fragment assez pauvre qui paraît avoir appartenu à cette lettre aux Alexandrins; on n’y remarque absolument rien de marcionite.
31. Et superscriptio... habentur. Le mot superscriptio n’a pas de sens ; les deux dernières lettres proviennent sans doute. d’une confusion avec les deux premières du mot suivant : Johannis. Il faut lire superscripti, terme qui pourrait se rapporter au fait que Jean a déjà été noïmmé ci-dessus; mais le sens est plutôt que le nom de Jean est inscrit en tête de ces lettres (énrysypaupévar ‘Twdvvou). — Sont-ce deux lettres outre la première déja nommée, et ce mot renferme-t-il aussi la troisième? Ou bien les deux premières sont-elles envisagées comme une seule? Cela reviendrait au même pour le résultat. Mais le sens le plus naturel est de voir ici uniquement ce que nous appelons la première et la seconde lettres de Jean.
32. Scripta : il ne peut s'agir ici que du livre judéo-alexandrin, souvent appelé Sapience de Salomon, où ce roi est censé s'adresser aux rois de la terre pour les engager à renoncer à l’idolâtrie et à gouverner justement; voir Reuss, La Bible, Philosophie des Hébreux, p. 503-560. Cet écrit, composé selon Reuss entre 150 et 50 avant Jésus-Christ, était hautement estimé par les Pères. D'après Jérôme plusieurs l’attribuaient à Philon, et s'il n’a jamais été canonisé, il n’en n’a pas moins été recommandé par plusieurs, par Athanase par exemple (avec Sirach, Esther, Judith, la Didaché et le Pasteur), comme livres à lire (àvayvwoxdueva). C'est à ce titre qu'il est mentionné ici. Mais qu'est-ce que ces amis de Salomon, qui doivent l’avoir composé à son honneur ? Ici intervient heureusement une conjecture de Trégelles qui, au lieu de ôxo giwv, par des amis, propose de lire 6xo Diwvos, par Phi-
lon. Cet écrit attribué au philosophe juif, contemporain de Jésus, serait un hommage rendu à Salomon avec lequel y est identifiée la Sagesse. Ainsi tombent toutes les suppositions de ut où et ut qui avaient conduit à d'incroyables hypothèses au sujet des épitres de Jean, mentionnées auparavant.
33. Nolunt. L’omission des deux épitres de Pierre a amené plusieurs essais de correction, parmi lesquels le moins mauvais serait celui de Thiersch (Versuch, etc., p. 386) : « Petri unam recipimus ; secundam quidam ex nostris legi in ecclesia nolunt. » C’est un expédient peu vraisemblable, destiné à réintégrer dans cette liste les deux lettres de Pierre qui y restent
décidément étrangères. Et le rejet ainsi exprimé à légard de
2 Pierre serait plus grave encore que l’omission par ignorance.
34. Fratre ejus: auteur appuie sur la composition toute récente du Pasteur pour lui fermer la porte du recueil des écrits apostoliques.
39. Se publicare: évidemment traduction barbare du moyen ônmootetecbar.