‹ Introduction au Nouveau Testament (volume 2)Chapitre 24 sur 110 · TITRES DES ÉVANGILES · texte numérisé non relu

TITRES DES ÉVANGILES

l’on comprend aisément la transition par laquelle ce terme en est venu à désigner les écrits eux-mêmes dans lesquels cette nouvelle est exposée. Ce n’est cependant qu’au second siècle qu’apparaît ce sens du mot évangile ; ainsi dans cette phrase de Basilide (vers 125) : « Ge qui est dit dans les évangiles, » et dans cette parole de Justin (vers 190) : « Les Mémoires des apôtres qui sont appelés évangiles » (à xœkerau evayyékua). Il n’y a, je crois, qu’un seul passage dans tout le N. T. où ce mot pourrait paraître désigner un écrit évangélique ; ce sont les premiers mots . de Marc [, 1 : « Commencement de l’évangile de Jésus- Christ.» Mais ne serait-ce pas un sens bien oiseux que celui-ci : « Commencement du livre qui va suivre? » Je les envisage plutôt comme l’apposition du fait qui sera mentionné au v. 4 comme le point de départ de la prédication de Jésus. V. 1 : Gommencement de la prédication de Jésus ; v. 2 et 3 : Commencement conforme à la prophétie d'Ésaïe; v. 4: Jean parut... En d’autres termes : Le commencement de la prédication du salut à été, comme l’avait annoncé Ésaïe, la venue du précurseur. — On applique le plus souvent le terme d’évangile au contenu de la bonne nouvelle plutôt qu'à l'acte de sa publication ; ainsi Meyer dans ses Commentaires. Mais le mot eoxyyéhuov n’est pas entièrement synonyme du fém. 4 ebxyyekto qui, 2 Sam. XVII, 20 et Jos. Antiq. XVII, 6, 10, désigne la bonne nouvelle

elle-même; ils diffèrent à peu près comme corotov, moyen

de délivrance, diffère de cwrnoix, la délivrance elle-même. Ilest vrai qu’il est souvent difficile, quand il s’agit d’une nouvelle, de distinguer entre l’annonce de l'événement et l'évènement annoncé; ainsi quand il est dit, Marc 1, 15, que Jésus commença à prêcher en disant : « Croyez à l'Évangile, » on peut également expliquer : « Croyez au salut que je prêche, » ou : « Groyez à ma prédication du

salut. » Mais il n’en n’est pas toujours ainsi. Il y 4, quoi qu'on en dise, un grand nombre de passages où le mot eoayyékov désigne exclusivement Pacte de la prédication évangélique et non son contenu. Par exemple : Rom. [, 1, où Paul se déclare « mis à part pour l’évangile de Dieu » ; ce qui dans le contexte ne signifie certainement pas: pour y participer lui-même, mais : pour l’annoncer;, — Rom. XV, 19, où Paul dit « avoir accompli l’évangile du Christ depuis Jérusalem jusqu’à lIllyrie » (c’est-à-dire assurément la prédication de l'Évangile); — 1 Cor. IX, 14 : & Mon autorité dans l’évangile » (c’est-à-dire en vertu de l’office de sa prédication, dont J'ai été chargé); — 9 Cor. VIII, 48 : « Afin de rendre gratuit lévangile, » c’est-à-dire ma prédication (par le fait que je refuse tout salaire); — 1 Thess. I, 5: « Notre évangile n’a pas été chez vous en parole seulement, mais en puissance, etc. » (Évidemment notre prédication évangélique.) — Ce sens si fréquent du mot évangile dans le N. T. me paraît être aussi celui qu’on a voulu lui donner dans nos titres : « Le bienfaisant message de Dieu à l'humanité par la venue de Jésus-Christ, raconté à la manière de Matthieu, de Marc, etc. » Un ancien écrivain manichéen nommé Faustus, qu'a réfuté Augustin, a avancé l’idée que le xaràa employé dans ces. litres désignait non les rédacteurs de ces récits, mais les autorités d’après la tradition desquelles ils avaient été rédigés. Ce sens ne peut s’appliquer aux évangiles de Marc et de Luc. Car ces deux auteurs, ne possédant qu’une connaissance médiate de la vie de Jésus, ne pouvaient s'en être formé une conception originale, qui fit autorité pour d’autres. D’ailleurs on voit par les écrits des Pères que l'Église, à laquelle sont dus ces Litres, attribuait les évangiles aux écrivains eux-mêmes dont le nom est le régime de xara. Du reste, dans le grec postérieur, il n’est pas rare

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