PERTE LAN ILANS RE
le lumignon qui fume... » (Matth. XIT, 17 et suiv.). Cette symétrie est certainement int-ntionnelle.
a) Le premier groupe (ch. VII à X).
Ce groupe renferme douze faits : 1° la guérison du lépreux ; 2° celle du domestique du centenier; 3° celle de la belle-mère de Pierre; 4° les injonctions adressées à trois disciples hésitants; 9° l’apaisement de la tempête; 60 Ja guérison de deux démoniaques à l’orient de la mer; 70 la guérison du paralytique; 8° la vocation du péager et les entretiens qui ont suivi; 9° la guérison de la femme malade et la résurrection de la fille de Jaïrus; 10° la guérison de deux aveugles ;: 11° celle d’un possédé sourd-muet ; 120 la compassion dont Jésus est saisi à la vue de l'abandon du peuple de Dieu, ce qui amène naturellement la mission des Douze. Getie série de faits a pour conclusion le grand discours du ch. X, qui leur est adressé à cette occasion.
Nous remarquons, au sujet de cette série : 1° que les faits 1, 2 et 3 sont placés chez Luc et chez Marc déjà avant le sermon sur la montagne ; 2° que la vocation de Matthieu et les injonctions données aux trois disciples, sans être des miracles, sont pourtant aussi des actes d'autorité messianique; 9° que chez Marc et chez Luc l’arrivée et la prière de Jaïrus suivent immédiatement le retour de Gadara et n’en sont point séparés par les récits de la guérison du paralytique et de la vocation de Matthieu, 4° que dans Matthieu Jaïrus parle de la mort de sa fille comme déjà arrivée; 9° que l’envoi des Douze, sans être un miracle, est aussi un acte décidément messianique, puisqu'il est en quelque sorte l'installation d’un nouveau patriarcat et par conséquent la substitution d’un nouvel Israël à l’ancien.
Le second discours : L’Instruction apostolique (ch. X).
Le discours du ch. X, qui clôt cette partie, présente les mêmes caractères que le discours sur la montagne. D'un côlé, un discours, tel que celui-ci, a certammement été prononcé à l’occasion de cet envoi, et, d’autre part, ce compte-rendu contient de nombreuses additions empruntées à d’autres enseignements de Jésus. Ces deux points sont confirmés par la comparaison avec les discours analogues, mais beaucoup plus courts, placés en cette même circonstance par Marc (VI, 7 et suiv.) et par Luc (IX, 1 et suiv.). Huit à dix fois nous trouvons dans le discours du cb. X des paroles placées différemment chez Marc et Luc, et quiont certainement plus d’à-propos chez ces derniers !. Nous ne parlons pas ici de certaines sentences que Jésus a pu prononcer plusieurs fois. |
Malgré ces intercalations, il n’est pas difficile d’indiquer la marche du discours primitif. Weëzsæcker Va bien résumée en ces trois points : {0 l'instruction proprement dite (4-15); 2° l'annonce des souffrances que les disciples rencontreront sur ce chemin (16-25); 3° les encouragements. (26-42). Les derniers versets (41 et 42) sont d’une originalité frappante et ont leur parallèle dans Marc IX, 41. Hs ont sans doute formé la vraie conclusion de ee discours. Quel plus grand encouragement, en effet, pour les apôtres, que l'espoir d’être les porteurs d’une bénédiction qui se communiquera à tous ceux qui les accueilleront avec bien-
1 Par exemple, l'annonce des persécutions juridiques (v. 47-20) : comp. Marc XIII, 9-43; Luc XXI, 12-45 et XII, 41-12: les hostilités domestiques (v. 21-22); comp. Marc XII, 12; Luc XII, 51-53 et XXI, 16 et 17. Porter sa croix {v. 38-39); comp. Marc VII, 34 et 35 ; Luc IX, 23 et 24; XIV, 27. Encouragements{v. 40-42) ; comp. Marc IX, 41 ; Jean XIIT, 20.
veillance! Ainsi donc l’entrée et la fin de ce discours, aussi bien que celles du sermon sur la montagne, ont certainement été exactement rendues.
L'auteur termine la reproduction de ce discours par une remarque tout à fait semblable à celle par laquelle il avait clos le sermon sur la montagne : « Et il arriva que, lorsque Jésus eut achevé de donner ses ordres aux douze disciples... » Il faut conclure de ce qui précède que ces discours ont été rédigés dans un but d'instruction et d’édification plutôt qu'avec une intention d’exactitude historique.
b) Le second groupe (ch. XI-XIHE, 53).
Dans ce groupe sont réunis les enseignements messianiques de Jésus. Ce sont : 1° son témoignage sur la personne et l’œuvre de Jean-Baptiste, à l’occasion de Ja question que lui adresse celui-ci par deux de ses disciples (XI, 1 et suiv.) ; 2° les adieux adressés aux villes incrédules de la Gahlée et l’appel plein de tendresse à ceux qui sentent le besoin de consolation et de pardon ; 3° deux enseignements à l’occasion de deux scènes sabbatiques; 4° 101 est placé le thème prophétique qui forme le centre de ce groupe; 9° le grand discours apologétique de Jésus, en réponse à l'accusation des pharisiens, de faire ses miracles, et en particulier ses guérisons de possédés, par le secours de Béelzébul ; 60 la condamnation de l’incrédulité juive par la comparaison avec les Ninivites et la reine du Midi; 7 à l’occasion de l’arrivée de la mère et des frères de Jésus, la révélation de la nouvelle famille spirituelle, supérieure à celle qui ne repose que sur le lien du sang.
Mais tous ces enseignements occasionnels ne faisaient encore que préparer les esprits à la grande révélation du prochain établissement du Royaume divin sur la terre. Ce sujet capital est exposé sous ses différentes faces dans le grand discours auquel aboutit cette série.
Le troisième discours : La révélation du Royaume des cieux (ch. XIII).
Ce discours contient sept paraboles dans lesquelles Jésus dévoile pour la première fois à ceux qui ont reçu avec des dispositions convenables ses premiers enseignements, la vraie nature et les divers aspects de l’œuvre divine qu’il vient fonder. Et d’abord, son origine humble et paisible, dans la parabole du semeur. La prochaine création divine ne s’opérera pas par un grand acte extérieur et sensible, comme
les conquêtes et les révolutions politiques, mais unique-
ment par l’adhésion d’un petit nombre de cœurs honnêtes et droits à la vérité divine, prêchée par Jésus et les apôtres. Puis, le mode de son développement; ce ne sera point, comme on pourrait s’y attendre, une société pure et irréprochable; 1l s’y associera des éléments hétérogènes dont il faudra savoir tolérer la présence (parabole de l’ivrare). Deux autres paraboles, celles du trésor et de la perle, font ressortir la valeur suprême de cet état de choses nouveau que Jésus institue et qui est digne qu'on s'efforce d’y participer, au prix des plus grands sacrifices terrestres. Deux autres décrivent la pusssance irrésistible de ce principe divin que Jésus introduit dans Île
monde, sous l’image de deux faits sensibles : l’action | profonde du levain, qui, sans bruit n1 apparence, déploie une efficacité merveilleuse de transformation interne, et la croissance du grain de senevé, qui lentement grandit et s'étend extérieurement. Enfin, la parabole du filet annonce le triage final qui doit clore ce développement en écartant les faux membres et en élevant les vrais fidèles: à l’état parfait et glorieux que Dieu a eu en vue en créant l’homme.