‹ Introduction au Nouveau Testament (volume 2)Chapitre 34 sur 110 · XXI, 1-XXV, AG · texte numérisé non relu

XXI, 1-XXV, AG

Les trois Jours de la dernière semaine (de lundi à mer- credi), compris sous ce titre (voir mon Comment. sur le IVe évang., 3° éd., HI, p. 266), renferment une série de faits détachés (XXI à XXII). Cette série aboutit, comme plusieurs des sections précédentes, à un grand discours (ch. XXIV et XXV). Les faits mentionnés sont : 1° l'entrée dans Jérusalem avec l’expulsion des vendeurs (dans les trois récits); 20 la malédiction du figuier stérile (Matth. et Marc); 30 l'interrogation officielle du Sanhédrin (les trois); 4° la parabole des deux fils (Matth. seul) ; 5° celle des vignerons (les trois); 6° celle du grand repas (Matih.; comp. Luc XIX); 7° le tribut à payer à César (les trois) ; 8° la résurrection des corps (les trois); 9° le premier commandement (les trois); 40° la question de Jésus sur le fils de David (les trois); 440 l’allocution aux scribes et aux pharisiens (les trois).

Le ch. XXIII contient une sévère apostrophe aux autorités théocratiques actuelles et annonce là condamnation qui les attend. Comme dans d’autres cas, le commencement du discours se retrouve dans Marc (XII, 38-40) et dans Luc (XX, 45-47); il est donc probable qu'il appartient réellement à la situation indiquée. Jésus s'adresse d’abord au peuple (Marc) ou à ses disciples devant tout le peuple (Luc). Après cela suit dans Matthieu une véhémente apostrophe adressée aux chefs eux-mêmes (XXII, 13 et suiv.), où sont énumérés sept sujets de condamnation. Luc rap-

porte un passage analogue (XI, 37 et suiv.), mais en Galilée, dans un repas auquel Jésus à été invité par un pharisien, ce qui s'accorde avec les v. 24-96 de Matthieu qui présentent des images conformes à la situation d’un repas. La vivacité du ton et des censures qui suivent convient aussi à cette situation, mieux peut-être qu’à celle de Matthieu. Il paraîtrait au premier coup d’æœil que lallocution saisissante à « Jérusalem qui tue les prophètes » (au terme du discours), convient mieux à une scène dans le temple qu’à un repas en Galilée. Je n’en persiste pas moins à croire, comme je l’ai développé dans mon Commentaire sur l'évang. de Luc, que la situation indiquée par Luc est préférable.

Ce ch. XXII est souvent rattaché étroitement aux discours des ch. XXIV et XXV, comme s'il ne faisait qu'un seul tout avec eux, de sorte que Reuss, Réville et d’autres le font rentrer avec ceux-ci dans les Logia. À mon point de vue c’est une erreur; le ch. XXII est positivement séparé d'avec le ch. XXIV, par le récit de la sortie du temple et de l’annonce de sa destruction, ainsi que par une toute nouvelle introduction. ï

On a appelé avec raison la première partie du séjour de Jésus à Jérusalent le temps de son rêgne dans le temple ; il y exerce en effet par son ascendant personnel et par sa parole souveraine une absolue domination. Et maintenant, au soir du dernier de ces jours qui était, si Je ne me trompe, le mercredi, avant-veille de sa mort, il se retire avec ses quatre disciples les plus intimes (Marc) sur la montagne des Oliviers; là, assis avec eux en face de ce temple dont il vient d'annoncer la ruine, il leur dévoile les perspeclives de l’avenir qui suivra son prochain départ, d’abord pour eux-mêmes, puis pour le peuple juif, enfin pour l'Eglise et le monde entier.

Le cinquième discours : Le témps qui doit s’écouler entre le départ de Jésus et son retour futur (ch. XXIV et XX V).

Quelques mois auparavant, lorsque Jésus avait annoncé aux disciples ses prochaines souffrances, 1l avait affermi. la foi ébranlée des trois principaux d’entre eux en les assoclant à sa prière intime et au spectacle anticipé de sa glorification (XVIT, 1-8). Aujourd’hui, en vue de la mort ignominieuse qu’il va subir sous leurs yeux, il les fortifie d’une manière semblable en leur dévoilant dans un tableau prophétique son retour glorieux comme roi et comme juge, mais aussi les circonstances pénibles que l'Eglise aura à traverser Jusqu'à ce moment. Du milieu de cet avenir se détache spécialement l'événement tragique dont ils lui ont demandé l'époque : le jugement de Jet premier acte du jugement du monde.

Le discours du ch. XXIV contient cinq morceaux, et non pas seulement quatre, comme on le pense souvent: | | |

1° Dans les 14 premiers versets sont décrites d’une manière générale les circonstances extérieurés qui seront, après son départ, les conditions de la vie de l'Eglise. Il y aura comme une sorte d’accumulation des fléaux ordinaires de la vie terrestre (guerres, famines, tremblements de terre), calamités auxquelles participera naturellement lEglise. Outre cela, elle aura ses épreuves propres, essais de séductions provenant de faux Christs et persécutions de la part des Juifs et des païens. Mais l'Eglise n’en accomplira pas moins sa tâche de rendre témoignage à Lens devant tous les peuples.

Les quarante années qui se sont écoulées entre la mort

de Jésus et la ruine de Jérusalem, en lan 70, ont été en effet l’une des époques les plus troublées de l’histoire de Phumanité. Il s’éleva de faux Christs (v. 5) et de faux prophètes (v. 11), comme Simon le Magicien, qui se prétendait la grande puissance de Dieu (Act. VIP, Dosithée, qui s'appelait le fils de Dieu et prétendait être le Christ promis par Moïse (Origène, Cont. Gels. I, 57; VI), Ménandre, disciple de Simon, qui se disait l’envové des puissances invisibles : puis des émeutiers, comme l’Egyptien dont il est parlé Act. XXI, 58 et plus tard Bar- Cochéba; ce sont là quelques exemples de ces faux prophêtes et de ces imposleurs messianiques qu’annonçait Jésus. Les fléaux du temps justifiaient également sa prophétie : des guerres sévissaient soit au près (entre Hérode et Arétas), soit au loin, dans les provinces (en Gaule) et aux extrémités de l’empire (Parthie). La famine amenait aussi parfois ses détresses; de fréquents tremblements de terre maintenaient les peuples dans une angoisse continuelle. « Le globe lui-même, dit Renan, traversait une convulsion parallèle à celle du monde moral. Jamais les tremblements de terre ne furent plus communs qu’au premier siècle; en 63 Pompéi fut presque détruite, l’Asie- Mineure était dans un ébranlement perpétuel, quatorze villes furent détruites dans la région du Tmole. À partir de 59, pas une année qui ne soit marquée par quelques désastres, en l’an 60 Laodicée et Colosses sont abimées ; on ne se souvenait pas d’un temps où l'écorce du vieux continent eût été si fort agitée » (L’Antéchrist, ch. XIV). Les persécutions ne manquèrent pas non plus, ni de la part des Juifs (AcL. IV à VIIL; XII; martyres de Jacques et des chefs de l’Église en 62, racontés par Josèphe), ni de la part des païens (Néron, en 64). Enfin la prédication de Paul a réalisé, autant que cela était possible en si peu de

temps, la commission, donnée par Jésus, d'offrir le salut en son nom à tous les peuples.

90 Ce discours de Jésus avait été provoqué par la question des disciples (v. 3) relative à l'annonce de la ruine prochaine du temple. Or cette question est ainsi formulée dans notre évangile : « Dis-nous quand ces choses arriveront et quel sera le signe de ton avènement et de la fin du monde. » Elle se rapportait done, d'abord, à la ruime du temple et de l'Etat juif; mais les disciples paraissent avoir pensé que cei événement coïnciderait avec le retour glorieux de Jésus et la fin des choses; de là les derniers mots de leur question. C’est uniquement sur le premier de ces deux sujets que Jésus répond dans ce qui suit (v. 15-29). Du milieu du cours des choses extrêmement troublé qui vient d’être décrit, surgit, comme d’un fond obscur, un événement plus sombre encore, la destruction de ce qu'ils : ont envisagé Jusqu'à présent comme ce qu'il y a de plus sacré et de plus inviolable. Matthieu parle d’un lieu sacré envahi par une abominable dévastation; mais la suite, où Jésus recommande aux siens de s'enfuir de Judée, ne permet pas de penser qu’il s'agisse du temple dévasté par une armée ennemie, car il eût été trop tard pour fuir lorsque le pays était envahi tout entier, Jérusalem prise et le temple occupé. Aussi Marc emploie-t-il une expression plus vague : « L'’abomination de la désolation se tenant où ul ne faut pas. » Luc dit encore autrement : « Lorsque vous verrez l’armée ennemie entourant Jérusalem. » Jésus aurait désigné par là, non la prise de la ville et du temple, mais l’envahissement graduel de la Terre-Sainte par l’armée ennemie ; à ce moment il élait encore temps de se sauver, et le terme de Daniel, cité par Jésus, peut s'appliquer à la profanation de ce sol sacré par les étendards romains, symboles d'idolâtrie adorés par les soldats. Cela est si vrai

que, d’après Josèphe /Antig. XVI, 5, 3), lorsque Vitellius voulut conduire son armée d’Antioche à Pétra, au lieu de lui faire traverser directement la Terre-Sainte, il lui fit faire un grand détour, pour ne pas être arrêté dans sa marche. — L'auteur interrompt ici, tout à fait exceptionnellement, le discours de Jésus pour accentuer énergiquement l'avertissement du Seigneur (v. 15).

30 [ei se trouve un morceau de transition (v. 23-28), dont on ne tient pas assez compte, et qui est cependant de la plus grande importance. Holizmann le partage même en deux fragments (v. 23-25 et 26-28); mais comment séparer le v. 26 des v. 23-25! Le morceau précédent exprimait l’idée que les jours de la tribulation décrits plus haut seraient abrégés pour la conservation des élus (v. 22)1. Le morceau qui suit décrit l’état des choses qui doit succéder à cette fin mise brusquement par la Providence aux jours de tribulation (v. 23-28). A la ruine du peuple juif succèdera une période de luttes religieuses et de séductions spirituelles (faux Christs et faux prophètes) et, pour les fidèles, d’attente anxieuse du Christ, qui tardera à paraître : (« Voici, il est ici où 1l est là »)?. Le tableau

1 La tribulation, dont parle Jésus v. 21, ne peut pas aboutir directement à la Parousie ; car il ajoute qu'après elle il n’y en aura plus de semblable, ce qui suppose à sa suite la continuation de l’histoire. Quant à la parole : « Ces jours-là seront abrégés, autrement tout le monde périrait, » je pense qu’elle se rapporte aux horreurs sanglantes du siége et de la guerre proprement dite, qui, s’il n’y eût été promptement mis fin, auraient achevé la destruction du peuple juif. Paul dit dans ce sens : « Nous serions devenus comme Sodome et Gomorrhe, » ces villes dont aucun habitant n’était demeuré de reste (Rom. IX, 29). Mais ce sort ne pouvait être celui du peuple élu, puisque le reste qui lui est assuré (10 zardheupa, v. 27) ne saurait manquer.

2 Les faux prophètes annoncés par Jésus pour la période qu'il place entre la ruine de Jérusalem et la Parousie, sont les faux docteurs inspirés de l’esprit de ce monde, comme dit Paul (4 Cor. Il, 12), qui

très bref de cet intervalle entre la ruine de Jérusalem et

la Parousie a ses parallèles dans Marc (XII, 21-23) et

dans Luc (XVIE 22 et 23). Mais il doit surtout être complété par beaucoup d’autres paroles rapportées dans Mat-

thieu lui-même et dans les deux autres synoptiques, qui ne

peuvent s'appliquer à aucun autre temps que la période dont il s’agit. Ainsi l’annonce de l’état de mondanité et de sécurité charnelle dans lequel tombera le monde, semblable à celui de l'humanité avant le déluge (v. 37-39) ou à celui de Sodome avant sa ruine (Luc XVII, 28-30), état à l'influence générale duquel l'Eglise elle-même n’échappera pas (comp.

dans Matth. XXV le sommeil des dix vierges, des sages comme des folles, et cette parole dans Luc XVII, 8:

dans tous les temps de l’Eglise ont falsifié l'Evangile de Christ et de

ses apôtres. Quant aux faux Christs on dit qu'il s’en est élevé un assez

grand nombre dans la Synagogue, qui n’ont pas acquis de notoriété. L'histoire de l'Eglise ne présente pas des personnages de ce genre bien connus, ce qui n'empêche pas que de pareilles prétentions n'aient pu surgir sans avoir laissé de traces. Je me suis trouvé trois fois moimême en face de personnages qui se disaient être le Christ. L'un,

avocat hongrois, admirait l’œuvre spirituelle de Jésus, mais estimait

qu'elle était restée incomplète parce qu’il n’y avait pas ajouté la réforme sociale. Moïse, disait-il, a écrit l’Ancien (das alte) Testament; Jésus le Nouveau {das neue); à moi de faire le tout nouveau (das neueste).

De Constantinople, sa future résidence, il voulait faire régner sur le

monde la justice et la paix. Le second, un Alsacien, doué d’une grande beauté et de grands talents, se rendait à la première exposition universelle, à Londres, en 1851, où devait avoir lieu sa manifestation. Le troisième, un vénéré frère, que beaucoup d’entre nous ont connu, pensait être venu pour sauver ceux qui n’avaient pas Cru en Jésus, et pour communiquer de nouvelles forces spirituelles à ceux

qui l'avaient reçu. On peut supposer que le point de départ de cet

état d’aliénation mentale était l'expérience bien réelle, mais mal interprétée par un esprit déséquilibré, de la vérité formulée par Paul en ces mots: «Je vis, non plus moi, mais Christ vit en moi» (Gal. IE, 20). — Combien de faits semblables ont pu se passer dans l'Eglise

sans avoir été notés par l’histoire! Et il est à présumer que plus les temps avanceront, plus ils se multiplieront.

« Quand le Fils de l’homme viendra, pensez-vous qu’il trouve la foi sur la terre? »). C’est aussi le temps où les serviteurs qui ont regu des talents (Matthieu) ou des marcs (Luc) ont mission de les faire valoir en travaillant pour les intérêts de leur maître et déterminent ainsi eux-mêmes le degré de leur récompense ou de leur punition au moment de la reddition des comptes, quand ce Maître arrivera comme roi et juge, après un long temps, erx æokbv y p0vov (Matth. XXV, 19). La longueur de son absence est figurée chez Luc (XIX, 12) par la durée du voyage (sis yopav maxpäv). C’est le temps où (Matth. XXIV, 48) le serviteur infidèle se dit à lui-même : « Mon maitre tarde à venir, » et se met à manger et à boire avec les ivrognes. C'est le temps où les fidèles serviteurs, dans l’anxiété où les Jette celte longue attente, soupirent après le bonheur de voir un des jours (une manifestation sensible) du Fils de l’homme afin de fortifier leur foi chancelante, mais ne le verront pas (Luc XVIT, 22). C'est le temps du cri persévérant de la veuve qui demande longtemps en vain à être mise en possession de son héritage et qui, malgré tout, persévère jusqu’à ce qu’elle ait été exaucée. Seulement le Seigneur se demande si l'Eglise aura Jusqu'au bout cette foi aux promesses divines (Luc XVIIT, 1-8). C’est le temps de cette longue attente dont Jésus parle dans Mare (XII, 35) et Luc (XII, 38), attente commençant dès lesoir, continuant jusqu'à minuit, se prolongeant jusqu’au chant du coq et même peut-être Jusqu'au matin, quand lout espoir de voir arriver le Maître semblera perdu. N'est-ce pas enfin le temps nécessaire pour que le grain de semence puisse devenir un arbre dont les branches abritent les peuples, et pour que le levain pénètre la totalité de la vie humaine?

Voilà la somme des faits, de plus ou moins longue durée chacun, qui, d’après les paroles de Jésus dissémi-

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nées dans nos synoptiques, doivent se placer entre son départ et son retour, et par conséquent avoir lieu parallélement à ce troisième morceau du discours, qui nous occupe. Cest donc une erreur bien grave que celle de passer légérement sur ces quelques versets qui renferment en réalité toute la période de la vie de l’Eglise, en Pabsence actuelle du Seigneur, cet intervalle appelé par Luc de ce nom frappant: les lemps des paiens (uupot ébvov). «Jérusalem, dit-il (XXI, 24), sera foulée par les Gentils, jusqu'à ce que les temps des Gentils soient accomplis. » Cette expression ne peut pas désigner le temps de la dominalion des Gentils, car la phrase serait tautologique : Les Gentils domineront sur la Terre-Sainte aussi longtemps qu’il leur sera donné d’y dominer! Elle prend au contraire Lout son sens si on l'explique par les deux paroles parallèles Matth. XXI, 41 et 438 : «Il louera sa vigne à d’autres vignerons qui lui en rendront les fruits en leurs saisons (év Tois xaugois aùrov)... Le royaume vous sera ôté et : donné à une nation qui en rendra les fruits. » Le mot 241006 Indique une occasion favorable, et le pluriel du mot, une occasion qui se prolonge en une série de périodes. C’est pour les nations païennes le temps de la libre acceptation successive du salut, temps qui correspond, pour l'expression, à ce que Luc appelle pour Israël (XIX, 44) le temps de sa visitation, c'est-à-dire le temps de la présence de Jésus au milieu de son peuple pour lui ouvrir la porte du Royaume. On pourrait objecter, sans doute, que toute celte série de faits que nous venons d’énumérer se plaçaient, dans la pensée de Jésus, avant le jugement de Jérusalem et du peuple juif. Mais comment la fête de noces qui termine la parabole des dix vierges aurait-elle rien de commun avec la ruine de la théocratie? Qu’aurait à faire le règlement des comptes entre Jésus et ses servi-

teurs avec la catastrophe israélite ? Et que signifieraient le long cri de la veuve et la lente pénétration de la vie humaine par le levain de l'Evangile, s’il ne s'agissait que de l'intervalle entre la mort de Jésus et la ruine du peuple juif ? C’est certainement avant son retour final que Jésus a placé tous les faits énumérés ci-dessus, de sorte que, dans sa pensée, une longue période, celle de lEglise, devait s’interposer entre la fin de la théocratie et la quatrième phase, renfermée dans le morceau suivant.

4° Le quatrième morceau (Matth. XXIV, 29-31) présente le tableau de la Parousie. Les premiers mots de ce passage renferment la principale difficulté de tout le discours : « Aussitôt après la tribulation de ces jours-là (ebléws 1ue- Ta ray Didiy rüv Auepov éxeivov), dit Matthieu (v. 29), le soleil s’obscurcira… » Cette expression : la tribulation de ces jours-là, se trouvait déjà aux v. 21 et 22 où elle se rapportait aux jours qui suivront immédiatement la ruine de Jérusalem. Il semble donc qu'au v. 29 elle doive désigner ces mêmes jours-là. Mais alors comment comprendre les mots : « aussitôt après » ?

Jésus ne peut avoir rattaché ëmmédialement sa Parousie à la grande tribulation israélite, à moins de supprimer tout l’intervalle dans lequel seul peuvent se placer tous les faits rappelés plus haut et de se mettre ainsi en pleine contradiction avec lui-même. Une telle supposition est impossible. Il ne reste par conséquent que cette alternative :

Ou admettre une inexactitude dans le compte-rendu grec du discours tenu par Jésus en une autre langue; cette supposition serait confirmée par lomission dans Marc (XII, 24) du mot aussilôt, edbéws, qui fait la principale difficulté du texte de Matthieu. Ce mot a-t-il été ajouté par l’un à la source orale ou écrite, ou retranché par l’autre ? Mais, même en admettant que ce mot ait été retranché

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