‹ Introduction au Nouveau Testament (volume 2)Chapitre 73 sur 110 · REA · texte numérisé non relu

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dans le discours de Jésus sur le Précurseur (Matth. XI, 12 et 13). |

Le même genre de composition par morceaux détachés reparait peu après, au commencement du ch. XVII ; nous trouvons là quatre courtes paroles dont il est impossible de deviner l’occasion et de saisir la liaison. Qu'on en juge: il s’agit 1° du scandale, 2 du pardon des offenses, 3° de la puissance de la foi, 4° de l'absence de tout mérite acquis par l’obéissance humaine. Ces paroles hétérogènes sont jJetées là, l’une à côté de l’autre, sans aucune indication particulière. C’est un fait significatif; 1l prouve que quand Luc ne possédait pas dans ses sources orales ou écrites lindication de la situation dans laquelle Jésus avait prononcé une parole, 1l ne se permettait pas de combler cette lacune à l’aide de sa propre imagination, comme le prétendent la plupart des critiques actuels. Luc possédait là comme un fond de portefeuille, qu'il a reproduit sans y rien ajouter. La simplicité d’un tel procédé n’est-elle pas la meilleure garantie de la fidélité des courtes notices qui précèdent la plupart des enseignements rapportés dans ce récit de voyage ?

Jésus s’avance lentement vers le Jourdain en traversant le district où confinent la Galilée et la Samarie (XVil, 11). Ici à lieu la guérison des dix lépreux, parmi lesquels se trouve le Samaritain reconnaissant, mêlé à neuf Juifs ingrats.

Des pharisiens Interrogent Jésus sur l’époque de la venue du Réone de Dieu; Jésus leur répond qu'il est déjà là, mais qu'il vient invisiblement. Puis, s'adressant à ses disciples (v. 12), il leur déclare que, sous la forme visible et glorieuse sous laquelle 1ls attendent son avènement, ils auront à l’attendre longtemps; car il s’écoulera de longs jours, durant lesquels ils soupireront après cette grande

manifestation, sans la voir se réaliser ; jours pleins de séductions pour les croyants, jours de complète mondanité

pour les non croyants, semblables à ceux qui précédérent le déluge et la destruction de Sodome. Tout ce discours s'applique exclusivement à la Parousie {la venue du Fils de l'homme, v. 24). H se retrouve en partie Marc XII et plus complètement Matth. XXIV; mais, chez tous deux, joint à la prophétie sur la ruine de Jérusalem et placé avec celle-ci à l’avant-veille du jour de la Passion.

Nous retrouvons ici le procédé ordinaire des deux évancélistes, dont l’un, Luc, met les paroles de Jésus à leur

place historique, tandis que l’autre, Matthieu, réunit dans de grands corps de discours les matières plus ou moins homogènes. di

A la suite de ce discours, Luc rapporte deux paraboles, l'une, celle de la veuve et du juge inique, relative à la persévérance dans la prière, vertu qui sera nécessaire à l’Eolise, en raison du long temps qui s’écoulera jusqu’à la Parousie (comp. XVIIT, 8); l’autre, celle du pharisien et du péager, qui prouve que parmi ses disciples Jésus discernait aussi parfois l’esprit de propre justice.

Jésus traverse un hameau ; des parents lui apportent

leurs petits enfants pour qu’il les bénisse. Les disciples cherchent à: les éloigner ; mais Jésus s’y oppose. D’après Luc, il réprimande les disciples (éteriunse); le terme employé par Mare est plus fort : 1l s’indigne, se fâche (àyavéxrnce). Matthieu dit simplement : 2} dit (aire).

Cest à ce moment (XVIII, 15) que le récit de Luc rejoint celui des deux autres synoptiques, dont il s'était séparé depuis le départ de Galilée pour faire place à une narra-

tion plus complète des nombreux incidents du voyage.

D’après Matthieu (XIX, 1) et probablement aussi d’après Marc (X, 1), Jésus se trouvait alors en Pérée ; les trois

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