‹ Introduction au Nouveau Testament (volume 2)Chapitre 81 sur 110 · L'origine. La langue grecque classique du Prologue · texte numérisé non relu

L'origine. La langue grecque classique du Prologue

et de la seconde partie des Actes nous permettent d’affir-

mer l’origine grecque de l’auteur de ces écrits. Il nous suffit de comparer ce style coulant, simple et naturel avec le style maniéré et travaillé de l'historien juif Josèphe pour comprendre du premier coup d'œil que l’auteur de ces deux écrits n'avait pas, comme celui-ci, appris le grec, mais qu’il le parlait comme sa langue maternelle. (Voir plus haut p. 585-586.) — C'est ce que nous avons constaté,

- d’autre part, par le nom de Lucas, le Lucanrien, par lequel

Paul désigne son compagnon d’œuvre (Col. IV, 14).

3. La religion. L'esprit libéral et universaliste de l’auteur de l’'évangile et des Actes ressort clairement de ces deux écrits et trahit un homme appartenant au groupe pagano-chrétien de l'Eglise primitive, comme cela pouvait déjà se conclure de son origine grecque. — C’est, en effet,

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comme nous l'avons vu, dans le groupe de ses collaborateurs pagano-chrétiens que Paul range expressément Luc (Col. IV, 11-14). | 4. La culture et la position sociale. Tout dans les écrits de Luc démontre un homme littérairement cultivé et historiquement bien orienté. Les rapports lexicographiques de ses ouvrages, en particulier avec ceux de l'historien Po-

lybe, sont remarquables, dit Vogel (p. 13). Son tact délicat

et humanitaire, vraiment hellénique, se fait sentir d’un bout à l’autre de ses écrits. On est frappé de la manière distinguée dont il reproduit-les discours de Paul adressés aux personnages haut placés, comme Félix, Festus et Agrippa. « Son livre, dit Renan, est le plus beau

qui ait été écrit; à la -fois hébraïque et héllénique, joi-

gnant l'émotion du drame à la sérénité de lPidylle. » Jérôme le place déjà pour le style au-dessus de tous les autres écrivains du N. T., et, en ajoutant : quippe «t medicus, il rappelle la culture scientifique que suppose cette profession. Il y a là une coïncidence remarquable entre ce que nous constatons à l'égard de l’auteur du IIfe évangile et des Actes, et le degré de culture supérieur que

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Paul attribue à son compagnon d’œuvré en le désignant

comme le médecin. Parmi ses collaborateurs, 1l n°v en

avait probablement pas d’autres qui possédassent de telles qualités littéraires et une semblable position sociale.

C’est ici le lieu de dire quelques mots des particularités du langage médical que l’on a cru remarquer dans le style de Luc. Un médecin anglais, Hoburt, a consacré tout un ouvrage à prouver que l’auteur de l'écrit de Luc était un homme familiarisé avec la langue médicale du temps et qu'il était par conséquent médecin. Zahn est si convaincu par cette démonstration qu'il la déclare valable pour tout homme « à qui l’on peut en général démontrer quelque

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