‹ Introduction au Nouveau Testament (volume 2)Chapitre 89 sur 110 · AC SERRE · texte numérisé non relu

AC SERRE

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de grandes masses compactes. Les contradictions que présentent les deux récits de la naissance de Jésus prouvent d’ailleurs que Luc n’a pas connu Matthieu. Il faut donc recourir, pour les discours, à une seconde source commune qui ne peut être que les Logia de l’apôtre Matthieu ; seulement, 1l faut admettre aussi que l'édition de cel écrit qui était entre les mains de Luc avait une tout. autre forme que celle dont s’est servi l’auteur de notre Matthieu canonique.

Ge résumé du travail de Reuss renferme la substance de

plusieurs écrits français qui ont paru dés lors et que nous

indiquons ici par anticipation : ceux de À. Réville! (un Proto-Marc peu différent de notre Mare, qui ne contient que quelques ‘additions de plus), Michel Nicolas ? (Marc, après avoir servi comme Proto-Marc de guide à Matthieu et probablement aussi à Luc, a reçu sa forme actuelle par des emprunts faits à Luc et à Matthieu), Æ. de Pressensé ® (Marc provient des récits de Pierre ; il n’est nullement l’abréviateur des deux autres, leur sert bien plutôt de source ; Matthieu est une traduction trés libre, un «second original >» du Matthieu araméen ; Luc a employé Marc et rejoint par son intermédiaire Matthieu, qu’il ne connaissait pas ; ii s’est servi aussi des Logia), G. Meyer ! (le recueil araméen des discours, destiné à prémunir l'Église contre le formalisme pharisaïque; le Proto-Marc grec, destiné à maintenir la tradition apostolique dans sa pureté originelle ; des deux procède le Matthieu canonique, destiné à expliquer pourquoi Jésus, le Messie, a été rejeté par les Juifs et à avertir ceux-ci du péril qui les

1 Études critiques sur l’évangile selon St-Matthieu, 1862. 2 Etudes critiques sur le N. T., 1862.

3 Jésus-Christ, 1865.

4 La question synoptique, 1878.

688 RELATION ENTRE LES SYNOPTIQUES. è

menaçait ; puis Luc, champion de l’universalisme chrétien ; enfin, Marc, complété par une main inconnue après la publication de l’évangile de Jean, et le développement synoptique fut clos), Sabalier ! (pas de Proto-Marc ; Marc, rédaction de la tradition sous sa forme la plus sim-

ple, d’après les récits de Pierre ; les Logia, deuxième

source du premier et du troisième évangile, circulent à côté de Marc ; Lue a en outre ses sources propres). II. Lutteroth ? prend une position à part : il nie non seulement le Proto-Marc, mais le Proto-Matthieu (les Logia), en raison des témoignages d'Eusèbe et d’Irénée, qui n’ont

rien soupçonné de semblable. Notre premier évangile a

été rédigé de bonne heure (vers 44) en Palestine, en langue hébraïque, puis bientôt reproduit en grec, soit par Matthieu lui-même, soit par un autre ; Marc a écrit à Rome; Luc, beaucoup plus tard, avait l’évangile grec de Matthieu sous les yeux et en conserva le cadre.

Avant de quitter cette période, mentionnons encore quelques écrits qui, s'ils n’introduisirent pas d'éléments nouveaux dans la discussion, en influencèrent pourtant le cours. Au milieu de beaucoup de variations, de Welle retint toujours l’idée émise par Grieshach de la dépendance de Marc par rapport aux deux autres ; 1l expliqua les rapports de Luc et Matthieu par la tradiuon orale et par des réminiscences de Luc à la suite de la lecture de Matthieu. Bleek, dont l’Introduction ne fut publiée qu’après sa mort *, faisait aussi dépendre Marc de Luc et

1 Evangiles synoptiques, dans l'Encyclopédie des Sciences religieuses, t. XI, 1881.

2 Essai d'interprétation de quelques parties de l’évangile de St- Matthieu, 1860-1876. | 3 Dans les diverses éditions de son Introduction au N.T. (de 1817 à 1845.) # Einl. in das N. T., 1862.

HISTOIRE DE LA DISCUSSION. 689 Matthieu, et ceux-ci d’un évangile d'origine galiléenne qui ressemblait assez à notre Marc. Tholuck réfuta ! de la manière la plus convaincante le système de Griesbach. Ebrard? envisagea, ainsi que l'avait fait Gieseler, la tradition orale comme le vrai moyen d'explication de la relation entre les synoptiques. Enfin Thaiersch $ se déclara aussi en faveur de la tradition orale.

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