‹ Introduction au Nouveau TestamentChapitre 104 sur 144 · La délivrance du péché. — On recommande aux · texte numérisé non relu

La délivrance du péché. — On recommande aux

chrétiens de Colosses d'avancer l’œuvre de leur purificalion en se faisant circoncire. Mais le baptême en Christ, qu'ils ont reçu, est la vraie purification. Tandis que la circoncision du corps n’enlève qu’un fragment de chair, par le baptême, qui est la réelle circoncision spirituelle, ils ont déposé, comme dans une sorte d’ensevelissement, le corps de péché tout entier; car la foi ainsi professée est une rupture radicale avec le péché et une participation à la force qui a ressuscité Christ (v. 11-132).

2. L’affranchissement de la loi. — Le principe de ce renouvellement spirituel qu'ils ont éprouvé, a été le pardon gratuit de leurs péchés que Dieu leur a accordé en Christ, après avoir annulé la lettre de créance qui constatait leur dette, c'est-à-dire la loi consistant en une multi-

tude d'ordonnances propres à les condamner. Ce mémoire accusateur, qui mettait une séparation entre eux et leur créancier céleste, Dieu lui-même l'a cloué à la croix, en la personne de Celui qui a souffert pour nous. Ge passage prouve qu'aux veux de Paul l’abolition de la loi par la mort du Christ a sa valeur, non pas seulement pour Îles croyants juifs, mais aussi pour ceux d’entre les paiens (voir Rom. VII, 4 et Gal. IV, 5). C’en est donc fait pour les croyants de toutes ces observances légales qu'on voudrait encore leur imposer (v. 13b-14).

9. La délivrance des croyants de la puissance des esprits malins.— Sur cetle croix même où les démons avaient cru triompher, ils ont été dépouillés de l'empire qu'ils exerçaient sur le monde, et Christ a publiquement triomphé d’eux. Il n’y a donc plus à trembler devant eux et à chercher anxieusement des moyens mystérieux pour se mettre à l’abri de leur pouvoir (v. 15).

JE, — V. 16-[IT, 4. De ce salut parfait que le fidéle possède en Christ, l'apôtre déduit l’inanité des enseionements et des pratiques des faux docteurs.

1. A l'égard des aliments et des jours de fêle léoaux : ce sont là des observances appartenant à une époque dépassée depuis la mort du Christ qui a abrogé la loi (v. 16-17).

2. À l'égard du culte des anges : il est faux de recourir sous prétexte d’humilité à l'assistance de ces esprits célestes, afin d'obtenir par leur moyen des visions et des révélations relatives au monde supérieur. Ces prétentions ne sont que vaine enflure d’une intelligence dominée par la chair (la vanité égoïste); elles conduisent à l’abandon du vrai Chef qui seul fournit au corps entier el à chacun de ses membres, par les dons et les minislères, la saine alimentation spirituelle qui le fait croitre divinement

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3. À l’égard des abstinences volontaires et des élévations extatiques : la mort au péché accomplie dans le fidèle par l’union à la mort de Christ rend inutiles ces précauions méticuleuses portant sur le régime corporel. Que peut à un mort le contact des éléments terrestres? Ce qu’on touche, mange, boit, se détruit par l’usage même qu'on en fait (Matth. XV, 17). Ces préceptes sont des recommandations humaines, ayant une apparence de sagesse, d'humilité, de zèle, affectant le mépris du corps, mais sans valeur morale réelle et ne servant en définitive qu’au rassasiement du moi égoiste et charnel (v. 20-25). D'autre part, la résurrection spirituelle dont jouit le fidèle dans l’union au Christ ressuscité et glorifié suffit pour le faire vivre dans la communion de Dieu, dans laquelle 1l attend le moment où le Christ, présentement caché, reviendra et nous fera paraître glorifiés avec lui (HI, 1-4).

Ainsi donc, ni au point de vue de la victoire sur le mal, ni à celui-ci de la possession des biens célestes, 1l n’y à rien à chercher en dehors du Christ mort et ressuscité. On le voit : c’est autour de ces deux pôles, la mort et la résurrection de Christ appropriées par le fidèle, que roule toute la polémique de l’apôtre; et c’est aussi de ces deux faits spirituels qu’il fait découler la partie pratique.

Parlie pratique (UE, 5-IV,4).

Si réels, en effet, que soient chez le croyant ces deux faits moraux, ils ne sont encore accomplis chez lui qu’en principe. La rupture avec le péché et la consécration à Dieu sont bien posées comme bases de la sanctification chrétienne; mais le principe nouveau doit désormais pénétrer la vie dans tous ses détails. Cette transformation s’accomplit d’abord dans la vie individuelle et dans les rela-

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{ions personnelles des croyants entre eux; puis spécialement dans les trois relations qui constituent la vie de famille; enfin dans les relations des chrétiens avec le monde non encore croyant. Telle est la marche de l'enseignement pratique qui va suivre.

[ — V.5-17. La transformation de la vie individuelle. — Ce changement profond est décrit au double point de vue négatif et positif, comme dépouillement (v. 5-9) et comme revêtement (v. 10-17).

1. V. 5-9. Le dépouillement. — Vous êtes morts, avait dit l’apôtre; faites donc mourir, ajoute-t-il maintenant. Cette contradiction apparente s'explique précisément par la raison que cette mort du fidèle n’a eu lieu qu’en principe et comme implicitement renfermée dans l'acte de la foi. Maintenant elle doit se réaliser dans tous les détails du caractère et de la conduite. Les dispositions du cœur naturel à extirper sont présentées sous l’image de membres du vieil homme à faire mourir (limpureté, la bassesse, la passion, la convoitise, l’avarice), auxquels l’apôtre ajoute, sous l’image un peu différente de vêtements à déposer, la colère, l’emportement, la méchanceté, la calomnie, la malhonnêteté, le mensonge.

2. V. 10-17. À ce dépouillement correspond un revêtement : la formation du nouvel homme, créé à l’image de son Auteur et qui est absolument le même dans son essence chez tous les croyants, qu’ils soient païens ou Juifs, ignorants ou cultivés, esclaves ou libres, parce que c’est la figure du même Christ qui réapparait nouvelle, en chacun de ces êtres transformés. Les iraits de cette figure spirituelle des élus et bien-aimés de Dieu font contraste avec ceux du vieil homme; ce sont la compassion, la bonté, l’humilité, la douceur, la patience, le pardon mutuel, au souvenir du pardon de Christ, en un mot, la cha-

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rité, ce sentiment qui renferme tous les éléments constitutifs de la perfection.

De ces dispositions individuelles découle, dans les relations mutuelles, la paix dans les cœurs, l’harmonie de l’ensemble, la commune reconnaissance, le règne de la parole du Christ, les répréhensions et les encouragements réciproques, la joie qui déborde en cantiques spirituels. De

sorte que la vie devient une œuvre sainte accomplie tout:

entière au nom de Jésus et embellie par la reconnaissance envers Dieu le Pêre. — On ne saurait tracer en quelques traits un plus admirable tableau de la vie du fidéle et de la communauté composée de tels imdividus.

PE. — V. A8-IV,1. La vie de famille.

Jusqu'ici, dans ses lettres, lapôtre n'avait pas habitude de traiter la vie de famille, au point de vue chrétien. II dit bien 1 Cor. VIT quelques mots qui s’y rapportent; mais l’exposé plus complet de ce sujet supposait un temps plus avancé où déjà les différentes relations de la famille avaient pu se développer sous l’influence de la foi. Peutêtre y avait-il aussi dans la tendance ascétique, qui renaçait de s’introduire à Colosses, une raison spéciale pour Paul de montrer comment le principe chrétien pouvait et devait sancüfier la divine institution de la famille. Ce passage de lépitre aux Colossiens est en quelque sorte le pendant de celui de Pépiître aux Romains sur la relation des chrétiens avec les autorités de l'État.

4. V. 18-19 : la relation qui est le centre de la vie de famille, celle du mari et de la femme. À la femme il recommande l’obéissance, Himilée par ces mots: dans le Seigneur ; au mari, l’amour et la douceur.

2. V. 20-21 : seconde relation, celle entre les parents et les enfants. A ceux-ci, l’obéissance ; à ceux-là, la modération dans l’exercice de l'autorité ; cette recommanda-

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tion, pour bonne raison, n'est adressée qu'aux pères.

3. V.29-IV, 1 : la troisième relation, la plus extérieure, celle entre les esclaves et les maîtres. Aux premiers est recommandée la fidélité, au moyen du regard constamment fixé sur le souverain Maitre duquel seul ils dépendent en réalité, et sur la rénumération future qui portera sur les œuvres bonnes et mauvaises des esclaves, non moins que sur celles des maitres ; aux seconds, l’équité, maintenue chez eux par la pensée du Maitre qu'ils ont euxmêmes dans le ciel.

ILE. — IV, 26. Comme chrétiens, 1ls doivent enfin travailler au salut du monde paien en général, en priant particulièrement pour celui qui leur écrit ces lignes du sein de la captivité qu'il subit au service de celte grande cause; en se faisant respecter par la sagesse de leur conduite et en profitant, avec un tact plein d’aménité et d’àpropos, des occasions qui leur sont offertes pour répondre aux besoins spirituels de chacun de ceux qui Îles entou-

rent.

1. IV, 7-9, Recommandation des deux porteurs de la lettre : Tychique, le compagnon d'œuvre de Paul dont l’envoi le dispense de donner par écrit aux Colossiens des nouvelles de sa position actuelle, etOnésime, désigné comme frère bien-armé et comme l’un d’entr'eux, évidemment en vue du bon accueil que Paul désire obtenir pour lui.

2. V. 10-14. Les salutations de ceux des collaborateurs de Paul qui sont maintenant avec lui à Rome, et qui connaissent personnellement les Colossiens. Paul en nomme six; trois d’origine juive : Aristarque, qui était venu avec Paul de Grèce à Jérusalem (Act. XX, 4) et qui l'avait en-

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suite accompagné de Palestine à Rome (XXVIT, 2); Marc, dont nous apprenons ici accidentellement la parenté avec Barnabas, petit détail intéressant, qui jette du jour sur la scène d’Act. XV, 39; sa visite avait déjà été annoncée aux Colossiens; enfin, Jésus Justus, dont nous ne savons rien, mais qui était probablement un Juif de la contrée du Lycus. On peut s'étonner de ne trouver ici, parmi les aides apostoliques d’origine juive, ni Aquilas, ni aucun des nombreux collaborateurs de Paul mentionnés dans l'épitre aux Romains, surtout lorsque nous lisons que «ces trois seuls lui ont apporté des encouragements. » Nous reviendrons sur ce dernier point. Les trois d’origine paienne sont : Epaphras, venu de Colosses et dont Paul fait ressortir la constante sollicitude pour cette église ainsi que pour celles de Laodicée et d'Hiérapolis, églises dont il avait probablement été le fondateur; puis Luc, dont nous apprenons ici la profession de médecin, et Démas, au nom duquel Paul n’ajoute aucune épithète, ce qui semble indiquer une certaine froideur et concorde avec le faut postérieurement mentionné 2 Tim. IV, 10.

3. V. 15-17. Quelques commissions de Paul. D'abord une salutation de sa part à transmettre aux chrétiens de Laodicée et spécialement à Nymphas, leur pasteur sans doute. Puis la demande adressée à l’église de Colosses de prendre les mesures nécessaires pour que cette lettre soit lue aussi à Laodicée, comme aussi pour qu’une lettre qui doit être parvenue à Laodicée, leur soit communiquée. A ces deux commissions est jointe une parole d’exhortalion, que l'apôtre prie l’église de transmettre à Archippe, celui qui remplissait sans doute la tâche d’Epaphras pendant son absence. Nous retrouverons cet Archippe dans Pépitre à Philémon (v. 2).

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