V. 48. Enfin la salutation de Paul lui-même; il fait
observer qu’elle est écrite de sa main et 1l l'accompagne de la demande aux Colossiens de se souvenir de sa position de captf.
Composition de l’épitre.
En quel lieu et à quel moment de sa vie l’apôtre a-t-1l écrit cette leltre (à supposer qu'il en soit vraiment l’auteur)?
Les anciens interprètes grecs n’hésitaient pas à dater cette lettre de Rome: de là est provenue la souscription vulgaire à la fin du T. R. Mais depuis le travail de David Schulz, un grand nombre d’interprèêtes se sont décidés pour l’époque de la captivité de Gésarée; ainsi Thiersch, Reuss, Meyer, Sabalier, Weiss, etc. De Welle à passé, et même plus d’une fois, d’une opinion à Pautre.
En faveur du second point de vue, on a allégué bien des raisons peu concluantes. D'après IV, 9, l’esclave Onésime (voir l’épitre à Philémon) est chargé avec Tychique de porter celte lettre à Colosses. On conclut de là que la lettre doit avoir été expédiée de Césarée plutôt que de Rome; car 1l avait été plus aisé pour Onésime, esclave fugif, de chercher un asile en Syrie qu’en Italie. Mais les communications entre Éphèse et Rome étaient aussi el même probablement beaucoup plus fréquentes qu'entre: Éphèse et Césarée ; et un esclave fugitif devait espérer de se cacher bien plus sûrement dans la grande capitale que dans la petite ville de Césarée. — Meyer dit encore : Comme il est question d’Onésime dans Pépitre aux Colossiens, et qu’il n’est plus fait mention de lui dans celle aux Éphésiens, cela prouve qu'Onésime était resté à Colosses, et
506 ÉPITRE AUX COLOSSIENS.
par conséquent que les porteurs de la lettre venaient d'Orient. Mais d’après IV, 9, Onésime était lui-même de Colosses; par conséquent sa personne pouvait n’intéresser que cette église et nullement celle ou celles à qu l’épitre aux Éphésiens était adressée.
On allègue aussi le tremblement de terre qui, d’après la date indiquée par Tucite, doit avoir frappé la ville de Colosses dans l’année 60-61 ; or si Paul écrivait de Rome, tôt après cetle dub il n’eût pas manqué de la rappeler. Mais Tacite parle uniquement de Laodicée et il ajoute lui-même que dés Pannée suivante cette ville s'était relevée de ses ruines, et cela par ses propres ressources ; à plus forte raison ce prompt relèvement peut-il avoir eu heu pour Colosses, bien moins fortement atteinte, parailil, que Laodicée. Æusèbe parle bien aussi de Colosses, mais seulement en seconde ligne, et 1l place le tremblement de terre en 64, par conséquent postérieurement à notre épitre. Est-ce là une date différente du même fait ou s’agit-1l d’une autre catastrophe ? Nous Pignorons; 1l est donc impossible de tirer de cet événement aucune conclusion critique.
Les raisons empruntées par Reuss aux noms des collaborateurs de l’apôtre mentionnés dans l’épitre aux Colossiens, ne prouvent quoi que ce soil; nous verrons que l’on peut même beaucoup plus naturellement se servir de ce détail pour prouver la thèse opposée. Deux seules raisons sérieuses pourraient faire préférer la captivité de Césarée : l'absence de toute épître écrite durant les deux années de cet emprisonnement, si l’on date de Rome Îles letires aux Colossiens, aux Éphésiens et à Philémon, et celle aux Philippiens; et la parole [V, 11, où Aristarque, Marc et Jésus Justus sont désignés comme les trois seuls collaborateurs judéo-chréliens qui aient été un soulien
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pour Paul dans sa captivité. Comment étaient disparus tous ces nombreux amis qui élaient venus au-devant de lui à son arrivée à Rome et qu'il avait salués au ch. XVI de Pépitre aux Romains ? — À la première raison on peut ré-
pondre que nous ignorons si l'apôtre n'a pas écrit depuis Césarée des lettres qui ne nous sont pas parvenues ou bien encore s’il avait la liberté de correspondre avec les! églises. La seconde difficulté est plus grave et il me parait!
étrange qu’elle n’ait pas été relevée. La solution ressort sans doute de ces termes du v. 11 : «Mes seuls collaborateurs pour le royaume de Dieu. » Ces derniers mots semblent au premier coup d'œil superflus; car 11 était bien évident que Paul ne voulait pas parler de collaborateurs dans l’exercice de sa profession manuelle. Nulle part ailleurs au terme de ouvecy6ç n’est ajoutée une détermina-
tion semblable. Paul veut donc parler, non du travail de!
l’évangélisation dans le heu même où 1l habite, comme il
le fait d'ordinaire quand il emploie le terme de ocuvepycs, | mais (le la coilaboration à son apostolat, à son ministère | pour le règne de Dieu dans le monde entier (1,6). Ces
trois hommes élaient les seuls judéo-chrétiens qui se fussent mis à son service à Rome pour collaborer à cet immense labeur. On comprend que la plupart des chrétiens juifs, habitant Rome, vaquaient à leurs propres affaires. Que si Paul ne salue pas de la part d'Aquilas, d'Épénète, et de tant d’autres, c’est peut-être qu'ils n'étaient pas connus des Colossiens. Puis quatre ans s'étaient écoulés depuis l'envoi de lépitre aux Romains, et plusieurs des personnes saluées dans cet écril pouvaient dès lors avoir quitté Rome.
Les raisons qui militent en faveur de la composition de notre épitre à Rome et qui ont déterminé lopinion de Mangold, Klôpper, Ewald, Hofmann, Holtzmann (dans son /ntroduchion) me semblent absolument prépondérantes.
PT et TPE CN Ar qe De PDT.