V. 45 - IV, 1. L'application de cet exemple aux lec
teurs. — Paul vient de dévoiler dans ce morceau unique, qui peut être appelé son histoire vue du côté intérieur, ce qui s’est passé et ce qui se passe encore de plus Intime dans sa propre vie. Cest sous ce rapport qu'il se donne maintenant pour exemple à ses lecteurs. Il y en à parmi eux qui prétendent au titre de parfaits; qu’ils ne cessent, comme lui, de tendre à la perfection. Les points sur lesquelsles uns peuvent différer des autres, s’éclairciront si chacun conforme sa vie à la connaissance à laquelle il est parvenu. Que pour cela 1ls prennent pour modèle l’exemple qu'il leur a donné et celui que leur donnent ceux qui le suivent fidélement. Il y en a malheureusement — et ceux-là sont pour l’apôtre un sujet de larmes — qui montrent par leur vie que la croix de Christ leur est odieuse, dont le cœur est sensuel, vain, terrestre. Paul parle évidemment 1e1 de membres infidèles de l’église ; car c’est à ce titre seul qu’il peut condanner et déplorer ainsi cette conduite contraire à ce que leur foi donnerait le droit d'attendre. Que les vrais fidèles montrent par une conduite opposée ce qu'ils sont : bourgeois des cieux, et ce qu’ils espèrent : l’arrivée de Jésus du ciel pour les transformer à sa glorieuse image | Qu'ils tiennent bon dans cette voie qui est celle de Paul-et au terme de laquelle ils deviendront sa couronne !
Cinquième morceau : Dernières recommandations particulières (LV, 2-9).
Pour que la bonne marche de l’église ne soit pas troublée, 1l faut l'union entre ceux qui sont à sa tête. Paul sait qu'un dissentiment fâcheux a éclaté entre deux femmes qui ont vaillamment concouru à son travail et qui exercent une influence dans l’église. Il les invite à faire cesser ce différend et prie un personnage, en qui il a toute con-
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fiance, de les aider dans ce but. Il linterpelle en lappelant yvnouw cûfuye, vrai collègue. Luther, Ewald, Hilgenfeld, etc., voient en lui le président de léglise, le chef du collège d’Anciens. Grotius, Hofmann, Lightfoot appliquent ce litre à Épaphrodite, porteur de la lettre, qui devait à son arrivée remplir cette mission. Clément d'Al. et Érasme ont pris ce terme au sens féminin et on! entendu par là la femme de Paul, qu'ils supposent avoir été marié, malgré 1 Cor. VIE, 7-8. M. Renan a même trouvé un nom pour cette femme de l'apôtre : @La riche Lydie, qu'il appelait sa vraie épouse, ne l’oubliait pas » (L’Antéchrist, p 19). Si même l’on passe sur le vocal. masc. yvncue, il n’est pas facile de dire ce que signifie dans ce cas l’épithète de vrare. Chrysostome, Bèze, elc., pensent au mari d’une des deux femmes, ce qui ne permet pas non plus d'expliquer le terme de vrai. Le plus simple est de prendre Géuync, avec Meyer (et quelques-uns déjà, dont parle Chrysostome), comme nom propre : « Toi quite nommes Collèque et qui mérites vraiment ton nom »; comp. Philém. v. 11. Baur et son école ont vu dans ces deux femmes la personnification fictive des deux partis judéo-chrétien (e5-od4x, celle qui suit le bon chemin) et pagano-chrétien (ouv-ruy", celle qui se rencontre avec l’autre). Pour Holsten, c’est l'inverse. On ne réfute pas de pareilles puérilités. Ces deux noms sont connus par les inscriptions anciennes. Paul profite de la mention de ces deux femmes pour témoigner son intérêt à d’autres membres de l’église qui, ainsi qu’elles, avaient collaboré à son travail dans cette ville; il en mentionne un en parteulier, sans doute le plus actif, nommé Clément. À celle invitation est jointe une série de recommandations dont il est aisé de saisir la liaison morale : joie et encore joie en Christ; eonfiance, prière et action de grâces; paix; cœur largement ouvert à
tout ce qui est vrai, juste, aimable et pur, en un mot, à tout ce que les Philippiens ont vu l’apôtre lui-même cultiver avec intérêt, afin que le Dieu de paix puisse continuer à habiter au milieu d’eux.
IV, 10-93. Après ces nouvelles et ces exhortations, Paul en vient au sujet qui est l’occasion de sa lettre. Trois fois il avait fail allusion aux secours que les Philippiens lui avaient envoyés ([, 9-11; If, 30); mais il ne les avait pas encore expressément remerciés; 1l avait réservé pour là fin cette tâche douce à son cœur. Il s’en acquitte maintenant de la manière la plus noble et la plus délicate ; il se réjouit de ce qu’un état des choses plus favorable leur a permis de remplir un devoir qu’ils semblaient avoir perdu de vue, mais que, malgré les apparences contraires, leur cœur n'avait pas oublié. Pour lui-même, il eût bien pu supporter l’état d’indigence où il s’est trouvé ; l’expérience lui a appris à s’accommoder à toutes les situations, mais il se réjouit pour eux de ce qu'ils ont sympathisé à sa position. Ün lien tout particulier Pa uni à eux dès le commencement de sa prédication de l'Évangile en Grèce. Âu moment où il partait de Macédoine pour le midi, il a reçu des secours de leur part en retour des dons spirituels qu’il leur avait apportés ; ils sont la seule église à l'égard de laquelle il soit aimsi devenu débiteur aussi bien que créancier. Cette relation a même commencé dès son séjour à Thessalonique. S'il leur rappelle ces choses, ce n’est pas qu’il tienne aux présents ; mais il s’en réjouit pour eux qui recueilleront le fruit de cette manière d’agir, et il demande à son Dieu de pourvoir à tous leurs besoins selon sa richesse et à sa gloire (v. 10-20).
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Suivent quelques salutations. Il charge l’assemblée de saluer elle-même tous ses membres; et il la salue de la part des collaborateurs qui l'entourent, ainsi que de la part des membres de l’église de Rome, entre lesquels il mentionne spécialement ceux de la maison de l’empereur. Reuss voit dans ces derniers mots un petit mouvement de vanité salsfaite. [1 y a mieux que cela sans doute dans cette parole. Cette preinière invasion de l'Évangile au sein du palais impérial est à ses yeux le prélude de l’une des plus grandes révolutions de l’histoire; elle éveille en lui le pressentiment de celle par laquelle, trois siècles plus tard, le christianisme, aujourd’hui emprisonné en sa personne, montera sur le trône des Césars (v. 21-25).
La composition de l’épitre.
Si nous avons placé à Rome, plutôt qu’à Césarée, la composilion des trois lettres précédentes, à plus forte raison y placerons-nous aussi, avec la presque totalité des ceritiques, celle de lépitre aux Philippiens. Thiersch et Mucpherson font seuls exception, si je ne me trompe. La manière dont Paul parle de la conduite des chrétiens qui l’entourent, suppose une église bien plus considérable que
celle de Césarée, et les espérances de libération qu'il énonce
paraissent plus rapprochées que celles qu'il pouvait concevoir à Gésarée.
Mais surtout le terme de prétoire tout court ([, 15) ne peut, sans faire violence à son sens naturel, être appliqué au palais ou prétoire d'Hérode à Césarée (Act. XXI, 35); et celui de maison de César (IV, 22) peut encore bien
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moins désigner la maison du gouverneur Félix, en tant qu'affranchi de César.
Pour l’époque de la composition, dans la supposition de l’authenticité, la question est uniquement de savoir si notre lettre a précédé ou suivi les trois précédentes. Bleel: penche pour la première opinion; M. Farrar se prononce positivement dans ce sens. Il insiste sur les analogies entre cette épître et celle aux Romains; mais 1l y en a de semblables entre toutes les lettres de Paul, el de Soden en a démontré de bien plus frappantes avec l’épitre aux Colossiens. M. Farrar allègue encore l’absence de toute controverse avec le judaïsme semi-gnostique combattu dans l’épitre aux Colossiens; 1l pense qu’il est contraire à toute psychologie d'admettre qu’on ne trouvât aucune trace de celte polémique dans notre lettre, si elle avait suivi celle aux Colossiens. Mais « cette philosophie hybride » des faux docteurs, comme 1l s'exprime, pouvait n’avoir point encore pénétré en Grèce, et la circonstance qu’il n’y est pas même fait allusion dans l’épître aux Éphésiens, écrite en même temps que celle aux Colossiens et pour des églises voisines, montre à quel point le mal était encore localisé.
Le temps qui s'était écoulé depuis l’arrivée de Paul à Rome jusqu’à la composition de notre épître doit avoir été assez considérable. Paul rapporte dans le ch. I des effets nombreux de son séjour dans cette ville, dont on ne voit pas la moindre trace dans les épîtres aux Colossiens et aux Éphésiens. Puis, on avait appris à Philippes sa position difficile et Pon avait eu le temps d’y porter remède. La nouvelle de la maladie d'Épaphrodite était arrivée à Philippes et Paul avait appris à son tour l'inquiétude des Philippiens à l’ouie de cette nouvelle. Tout cela avait réclamé bien du temps.
Enfin Luc et Aristarque, qui étaient arrivés avec Paul à
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Rome, n'y étaient plus à cette heure ; car 1l n’y a pas de salutations de leur part dans cette lettre, tandis qu’elles ne manquent point dans les lettres aux Colossiens et à Philémon. Il est plus simple d'admettre qu'après un certain temps passé avec l’apôtre, ils s’étaient éloignés pour quelque mission, que de supposer qu’ils s'étaient d’abord éloignés et qu'ils étaient ensuite revenus.
La date de l’épître aux Philippiens est donc certainement : Rome, vers la fin de 63 ou le commencement de 64. D’autres dates plus tardives supposent linauthenticité de l’épitre.
La situation qui a donné lieu à cette lettre n’a été discutée qu’à un seul point de vue. Quelques critiques, comme Eïchhorn et surtout Rheinwald, ont pensé que l’église était profondément divisée entre les deux partis paulinien et judéo-chrélien et que c’est à leur réunion qu'a voulu travailler Papôtre. D'autres, tels que Néander et Schinz, ont absolument nié lexistence de cette division et rapporté les exhortations à l'union à dé simples divisions el rivalités personnelles entre certains membres de l’église. Baur et en dernier lieu Holsten ont repris l'opinion d’'Eichhorn. En étudiant l’épitre, nous n’y avons rencontré la trace d'aucune division intérieure portant sur la conception de l'Évangile. Paul, en s’adressant à l’église, appuie même avec une insistance particulière sur le pronom {ous (ch. |, 4 et 7). S'il fait allusion (ch. IP) aux docteurs jJudéo-chrétiens, c’est comme à des gens qui sont à distance et dont il faut surveiller les approches; comp. les trois BAérere, ayez les yeux sur (I, 2). Les rivalités auxquelles il fait allusion sont de nature purement personnelle.
Les exhortations de l’apôtre prouvent que l’état de l’éolise était en général satisfaisant. Mais la communauté chrétienne qui marche le mieux a toujours besoin de trois
ns | Fe
avertissements : Jouissez avec reconnaissance de l'amour divin dont vous êtes les objets; c’est le ton de toute l’épitre. Restez unis, en ne permettant pas à des questions d’amour-propre ou d'intérêt de semer la division entre vos cœurs (ch. 11). Ne vous arrêtez pas sur le chemin de la sancüfication, en vous contentant de l’état auquel vous êtes parvenus, mais aspirez constamment à une plus haute spiritualité (ch. TD. Voilà aussi tout ce que recommande l’'apôtre aux Philippiens dans notre lettre. [Il n'avait outre cela que des nouvelles à leur donner et qu’à les remercier. Rien de plus simple que cette situation et de plus naturel que la lettre qui en est résultée.
L'auteur.
L’antiquité chrétienne n’a jamais connu de doutes à cet égard; le nom de l’apôtre, inscrit en tête de la lettre et auquel convenait si bien son contenu simple, cordial, affeciueux, a toujours été pour les églises une garantie suffisante de son authenticité.
Dès la fin du 1° siècle nous trouvons dans Clément de Rome (XVT, 1) un passage qui nous parait n'avoir pu être écrit que sous l'influence de la parole Phil. If, 6-8 : € Gbrist appartient à céux qui ont des sentiments humbles ; le Seigneur Jésus-Christ n’est pas venu avec l’ostentation de la vanité et de l’orgueil, quoigw’al l’eut pu; mais il a été animé d’un sentiment d’humilité..… Voyez, frères bienaimés, quel exemple nous a été donné; car, si le Seigneur s’est ainsi abaissé, que ferons-nous, nous qu'il a amenés sous le joug de sa grâce?» Comp. aussi avec Phil. LE, 45. 16 le passage d’Jgnace [ad Smyrn. W, 3): « Étant parfaits,
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aspirez aussi aux choses parfaites. » Dans l’épitre de Polycarpe aux Philippiens (1, 1) nous lisons : € Le glorieux Paul qui, étant personnellement parmi vous, vous à enseigné exactement et sûrement la parole de la vérité; lequel aussi étant absent vous a écrit des lettres (ou une lettre) que vous n'avez qu’à étudier pour être édifiés dans la foi qui vous à été donnée. » Ce passage suppose lexistence d’une lettre au moins {voir aussi ch. XI, epistola, — nous n'avons ce passage qu'en latin —) adressée par Paul aux Philippiens, sa présence dans les archives de l’éolise de Philippes et la connaissance qu’en avait Polycarpe à Éphèse ; cette lettre ne peut être autre que la nôtre. Elle faisait également partie du recueil de Marcion. Elle est mentionnée dans le Canon de Muratori et textuellement citée dans la Lettre à Diognèle et dans celle des églises de Vienne et de Lyon (le passage christologique H, 6). Elle a sa place, avec toutes les autres, dans Îles versions syriaque et latine; elle est citée par Jrénée, Clément d'Alexandrie et Tertullien. Origène et Eusèbe l'admettent et l’emploient comme œuvre de Paul.
Les choses en restèrent là jusqu'aux temps modernes. Schrader le premier attaqua lauthenticité du morceau HI,1-1V,9. — Baur ne pouvait laisser subsister le témoin d’une correspondance de Paul postérieure aux quaire grandes épitres, sans compromettre les résultats auxquels l'avaient conduit sa critique des lettres aux Colossiens et aux Éphésiens. Il estima que cet écrit était dépourvu de toute originalité et imité des autres épitres ; que plusieurs des idées qu’il renferme étaient semi-gnostiques; que sa doctrine de la Justification était en désaccord avec celle de Papôtre : que plusieurs de ses données historiques contredisaient celles des autres épîtres ; qu’elle antidatailt manifestement l'existence des deux charges de
l'épiscopat et du diaconat, qui n’ont leur place que beaucoup plus tard. Cette épitre est donc un produit du second siècle composé dans le but de travailler à la réconciliation des deux partis en lutte dans l'Église; l’auteur se sert pour cela du nom de Clément, ce personnage dont la tradition faisait un ami de Pierre et qu’il présente comme un collaborateur de Paul. Baur, Schwegler et Holsten trouvent également dans ces deux femmes qui sont exhortées à l'union, la personnification symbolique des deux partis hostiles que l’auteur cherche à rapprocher. Ces objections furent combattues par Lünemann, Grimm, Weiss, Schenkel, Ernesti, de Welle, Reuss, Hilgenfeld lui-même, etc. Holsten a relevé le gant. Dans un travail approfondi, il abandonne sans doute les points les plus aventureux de la critique du maître, ainsi les rapprochements imaginaires avec le gnosticisme et les allusions prétendues aux légendes du second siècle ; mais 1! insiste d'autant plus sur les différences christologiques et sotériologiques qu'il discerne entre cette épitre et les autres écrits de Paul. Il croit pouvoir arguimenter aussi des différences de style. [l reconnait néanmoins que certaines données, telles que celle de la maladie d'Épaphrodite, doivent avoir un fondement historique. Il conclut de tout cela que le faussaire, bien loin de vivre au second siècle, comme le pensait Baur, a écrit assez peu de temps après la mort de Paul, dans l'intérêt de l'union et aussi dans le but de relever Péglise, par les encouragements à la Joie, de l’abattement où l’avait plongée la mort de lPapôtre. Hinsch, Hœckstra et d’autres ont également combattu l’authenticité, que Hilgenfeld à continué à défendre. Il a fortement insisté sur l'erreur qu'il y a à admettre à Philippes une église mêlée; Harnack, Mangold, P. Schmidt, Pfleiderer, Weizsæcker, Weiffenbach, Lipsius, se sont joints à lui. Hollzmann lui-même, dans son /ntro-
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duction, incline à en reconnaître l’authenticité. L’admission de cette lettre dans l'Église si tôt après la mort de l’apôtre lui paraît une impossibilité, dans le cas contraire.
Reprenons les points essentiels de cette discussion :
1. L'auteur renonce dans l'adresse à se donner le litre d’apôlre pour ne pas choquer les Judéo-chrétiens qu’il veut gagner. — Mais le faussaire, qui a composé l’épitre aux Éphésiens dans le même but, n’en a pas usé de la sorte, et il est difficile d'attribuer de tels ménagements à un auteur qui appelle la circoncision une mutilation et les docteurs juifs ou jJudaisants des chiens et de mauvais ouvriers (IH, 2). — Nous avons indiqué ce que nous croyons être-la vraie raison de l'emploi du titre de serviteur, au lieu de celui d’apôtre.
2. S'il est parlé d'évêques et de diacres dans l’adresse, il n'y a rien là de suspect. Peu après la Pentecôte l’église de Jérusalem possède des Anciens (Act. XF, 30). Les églises d'Asie-Mineure reçoivent les leurs presque au moment de leur fondation (XIV, 28 et XX, 17. 28, où les presbytres sont aussi appelés évêques). Le terme de xvfepvnoeux (1 Cor. XII, 28) ne peut désigner que les diverses fonctions administralives confiées au presbytérat, et celui d’avriibec même verset) que les diverses assistances dont était chargé le diaconat. Ce sont là les dx ou charges dont parle Paul T Cor. XIE, 5 et qu'il distingue expressément des xapisuara où simples dons. Sans doute il faut se garder de croire que la charge d’enseigner fût déjà rattachée à cet épiscopat ou presbytérat; les dons libres suffisaient encore à l’édification des troupeaux, comme on le voit par Rom. XII, 6-8 et 1 Cor. XIV. Ce n'est que peu à peu et à mesure que les dons se sont affaiblis, que l’enseignement a été confié au presbytérat. On peut voir la transition dans les épitres Pastorales et la Didaché ; elle est accom-
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LADTHENTICITÉ" 5: 615
plie dans Justin. Quant au diaconat, il a ses racines dans l’institution racontée Act. VI, quoique le nom soit postérieur. Il est certainement renfermé dans la duaxoviæ, Rom. XII, 7, et dans les duuxdwu de 1 Cor. XII, 5. Le nom apparaît Rom. XVI, 1 dans le titre de diéxovos de l’église de Cenchrées donné à Phébé. Qui pourrait légitimement s'étonner après tous ces antécédents de voir la plus ancienne église d'Europe pourvue de ces deux ministères fondamentaux? Si l’on Uent compte de la nature purement paroissiale de cet épiscopat, ainsi que de la pluralilé de ceux qui Y participent, on reconnaitra facilement dans ces deux traits le caractère de l’épiscopat du temps apostolique, en opposition à l’épiscopat hiérarchique du FT siècle.
3. Nous avons expliqué comment Paul pouvait se réjouir à Rome du travail des Judaisants, sans contredire la manière dont 1l s'était exprimé Gal. [, 6-9.
4. Nous avons montré également comment Paul à pu appeler sa justice légale äueurroc, irréprochable (U, 6); car 1l le fait en se plaçant au point de vue juif, extérieur, charnel (v. 4), qu’il combat lui-même. Celte justice, 1l la possédait aussi bien que le meilleur Juif; mais il à dû la juger insuffisante et la jeter loin de lui comme ordure. Qu’y a-t-1l là de contraire à la conception du Paul des Galates et des Romains ?
9. Il est faux que dans les versets suivants l’auteur substitue la notion de la justice infuse à celle de la justice imputée. Il est impossible au contraire d’accentuer plus nettement la jushification dans le sens paulinien que ne le fait le v. 9.
C’est après cela seulement et en parlant de cette première grâce reçue, qu'au v. 10, au moyen d’un infinitif de but (« pour le connaitre, lui Christ»), 1l passe à la possession de la justice intérieure et subjective. Cette
Fe ee TT 7. ET EN TES PRE Re tee in be 6 AU de cotes D OUN MER ARS (d'e RERT NET Eu # Ts ter) #;: PLV F ve 3 4 1 Er AE : n :
616 ÉPITRE AUX PHILIPPIENS.
marche s'accorde parfaitement avec celle de l’épitre aux Romains, où il traite d’abord du don de la justice imputée (ch. I-V) pour passer de là à la communication de la sainteté (ch. VI-VIIP.
6. Si la résurrection d’entre les morts est présentée, [i, 11, comme dépendant de la sanctification accomplie, c’est qu’il s’agit, non du salut ou de la résurrection en général, mais de la première résurrection à laquelle n'auront part que les fidèles sanctifiés, comme Paul le dit lui-même À Cor. XV, 23 : «Christ, les prémices; après cela ceux qui sont à Christ, à sa Parousie. » Nous voyons ici qu'aux yeux de Paul être à Christ, ce n’est pas seulement. professer son nom, mais s'approprier complétement l’efficace de sa résurrection et la communion de sa mort. C’est là la raison pour laquelle, voulant stimuler les Philippiens au progrès, 1l dit : «Si, en quelque manière, Je puis parvenir à la résurrection (non des morts, mais) d’entre les morts. »
7. Le rapprochement essayé par Baur entre Flavius Clemens. le cousin de Domitien, à la fin du premier siècle, et le Clément dont il est parlé Phil. IV, 3, est purement imaginaire. La mention des gens de la maison de César, dans le même chapitre, ne prouve quoi que ce soit en sa faveur ; car 17 versets séparent ces deux passages. Le Clément des Philippiens est un simple membre de l’église, auquel Paul témoigne, ainsi qu’à d’autres, son souvenir plein d'affection. — Nous avons déjà parlé de la sagacité critique qui, dans les deux femmes à réconcilier, a, sous l'empire d’une idée fixe, cru reconnaitre les deux partis en lutte. « Bonnes diaconesses, dit Æeuss, qui ne s’imaginaient pas qu'elles seraient un jour transformées en poupées théologiques. »