‹ Introduction au Nouveau TestamentChapitre 125 sur 144 · Ÿ a-1-il réellement contradiction entre 4 Cor. IX, où · texte numérisé non relu

Ÿ a-1-il réellement contradiction entre 4 Cor. IX, où

Paul expose la raison pour laquelle il refuse tout salaire de la part des églises qu’il fonde, et Phil. IV, 15-16, où il reconnait avoir reçu plusieurs fois des secours de celle de Philippes? Mais la contradiction existerait flagrante entre la re et la 2° aux Cor., que Baur admet pourtant toutes deux, puisque dans celle-ci Paul, parlant du secours que lui avaient apporté de Macédoine Silas et Timothée, en arrivant à Corinthe, dit (XF, 9) : « Les frères venant de Macédoine ont suppléé à mon indigence. » On voit que Paul faisait une différence entre accepter son entretien des mains d’une église au sein de laquelle 1l travaillait, comme salaire de ses peines, et recevoir un secours envoyé occasionnellement par des amis éloignés, qui désiraient lui faciliter l’accomplissement de sa mission. Et qui ne comprendrait cette différence ?

Quant à la parole Phil IV, 15 : «Aucune autre église n’est entrée avec moi dans la relation de donner et de recevoir, » dans laquelle on voit une contradiction avec 2 Cor. XI, 8 : « J'ai dépouillé d’autres églises pour vous servir, » ce pluriel fait partie du reproche des Corinthiens, que Paul reproduit, de n'avoir rien voulu recevoir d'eux; en pareil cas, la substitution du pluriel de catégorie au singulier n’a rien d'étonnant. D'ailleurs, au v. 10, où Paul parle de sa relation unique avec l’église de Phihippes, 1l dit expressément : «Au commencement de ma prédication évangélique (en Europe). » Rien n’empêche donc que plus tard il n’ait eonsenti à être secouru par d'autres églises encore, celles de Thessalonique et de Bérée, par exemple, qui ont pu s'associer dans ce but à leur voisine.

9. Les inconvenances que Holsten a trouvées dans le passage [V, 10-19, qu'il appelle «un remerciement sans remerciement, » n’ont frappé que lui. Nous croyons inutile

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de le suivre dans cette inconcevable élucubration, qui rappelle le mot : « Donnez-moi quatre lignes d’un homme et Je le ferai pendre. » C’est sans doute à celte partie de sa critique que s'adresse particulièrement le mot sévère de Schürer : « Les arguments de Holsten sont tels que l’on croirait parfois à un lapsus calami» (Literatur-Zeit. 1880). Impossible de remercier avec plus de dignité, de délicatesse et d’aménité que ne le fait lapôtre dans ce passage.

10. L’allusion que Baur croyait avoir découverte dans le passage christologique 11, 6-11, à la conduite de l’Eon Sophia dans le système de Valentin, est reléguée par tous les modernes, par Holsten lui-même, dans le domaine de la fantaisie : Christ n’a pas agi comme la Sophia, cet Eon inférieur, qui à aspiré à l’union avec le Dieu suprême, union d’où est résultée la naissance d’un être informe, qui à été précipité dans le vide (xévouwa)! Mais si Holsten a renoncé à trouver dans le passage de lépitre aux Philppiens l’antithèse d’une pareille spéculation, 11 v a découvert une notion de la personne de Christ contradictoire avec celle qu'il tire de 1 Cor. XV, 45. D’après celle-ci, le Christ préexislant ne serait qu'un homme revêtu d'un corps lumineux, tandis que, d’après Phil. Î, 1l appartiendrait à un ordre d’êtres plus élevé que l'humanité, même céleste. Quelques-uns, pour éviter celle contradiction, affaiblissent le sens de l'expression : étant en forme de Dieu, et la réduisent à la notion de l’image de Dieu attribuée au premier homme {Holtzmann) où à une simple capacité (Sabatier), ce qui en fausse le sens, comme nous l’avons vu. Holsten ne se trompe pas en voyant dans l'expression de Phil. Il une notion du Christ bien supérieure à celle d’un homme céleste. C'est dans l’explication de la parole 1 Cor. XV, qu'il se trompe. Si

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. L'AUTHENTICITÉ. l 619

son interprétation de ce dernier passage était exacte, Paul se mettrait en contradiction avec lui-même, quand il attribue à Christ, 4 Cor. VIE, 6, l’œuvre de la création de l’univers; car une œuvre pareille ne peut être celle d'un homme, même revêtu d’un corps lumineux. Nous avons indiqué, p. 341, le vrai sens du passage de lép. aux Corinthiens. Holtzmann objecte que si l'expression : en forme de Dieu, supposait réellement létat divin, il faudrait admettre que Christ, dans son élévation subséquente, resterait au-dessous de son état primitif, puisqu'il est représenté par Paul, Rom. VITE, 29, comme «un premier-né entre plusieurs frères. » Mais cette ressemblance entre le Christ et les élus glorifiés peut se produire, non par labaissement de celui-ci à leur niveau, mais par leur élévation au sien : « Dieu tout en tous,» comme en Christ lui-même (1 Cor. XV, 28); «héritiers de Dieu et cohéritiers de Christ » (Rom. VIT, 17).

La proposition de Brückner, de supprimer comme une interpolation le passage If, 6-11, est aussi arbitraire que celle de supprimer le passage analogue, Col. [,15 et suiv., qu'a faite de Soden. Il faudrait supposer la même chose pour la parole 2 Cor. VIII, 9, qui renferme exactement la même conception de la personne de Christ.

11. Le travail très-sérieux de Holsten sur le style et la diction de notre épitre ne peut conduire à aucun résultat sur la question qui nous occupe. Que peuvent prouver une trentaine de termes et un certain nombre de locutions qui ne se trouvent dans aucune lettre de Paul? Comme le dit Schurer (Literatur-Zeilung, 1877), «toutes les raisons avancées dans ce domaine contre l'authenticité n’ont de valeur que pour celui qui fait de l’apôtre Paul, cet esprit le plus vivant et le plus mobile de tous ceux que le monde a jamais vus, un homme d'habitude et de routine, qui de-

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vait écrire chacune de ses lettres comme toutes les autres, ne faire que répéter dans les suivantes ce qu'il avait dit dans les précédentes, et le redire loujours de la même manière el dans les mêmes termes. Dés que l’on à renoncé à celte manière de voir, loutes les objections contre lauthenticité de la lettre aux Philippiens tombent d’ellesmêmes. »

12. 1 suffirait au fond du prétendu manque d’originalité et de pensées neuves que Baur signale dans cette épitre pour en prouver l'authenticité. On peut plus aisément se représenter que Paul ait écrit une lettre toute simple de remerciements en se bornant à y ajouter quelques exhortations et quelques nouvelles, que de ce qu'un faussaire ait fabriqué une lettre comme celle-ci, sans aucun autre but que celui de prouver peut-être, comme dit Reuss, qu’au second siècle on pouvait encore écrire tout juste comme l’apôtre Paul! Serait-ce l’enseignement christologique du ch. Î qui aurait motivé la fraude? Mais il est donné uniquement dans un but pratique et comme un fait que l'apôtre suppose connu et se borne à rappeler, et nullement comme une révélation nouvelle dont 1l veut être l’organe auprès de ses lecteurs.

Holtzmann lui-même conclut son étude (Ent. p.304) par celle observation : © Holsten reconnait tellement la conformité de la situation supposée avec la réalité, que selon lui-même la lettre doit avoir été écrite tôt après la mort de Paul. Mais quel auteur aurait fait d’'Epaphrodite, encore vivant à Phihppes, le porteur d’une lettre qui n’était jainais arrivée ? »

«Gette lettre, dit Scenkel, porte la garantie de son authenticité dans son style et ses expressions mêmes, dans la fraicheur du sentiment inlime qui Pa dictée, dans la sérénité d'esprit et la tendresse de cœur qui s’y expriment de

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