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CONTENU. — 1re ÉPITRE A TIMOTHÉE. 649
particulière et d’une sorte de ministère. Au ch. IT de lépitre à Tite, v. 3-5, est décrite l'influence bienfaisante que de telles matrones étaient appelées à exercer sur leurs jeunes sœurs. En Crête, où l’église élait encore en formation, cette action éducatrice n’a absolument rien d'officiel; à Éphèse, où l’église existait dés longtemps, on voit poindre une charge possédant une sanction ecclésiastique. Mais Timothée doit bien se garder de donner une telle position à de jeunes veuves, légères, curieuses et bavardes; celles-ci, comme Pont déjà montré de tristes exemples, doivent bien plutôt rentrer par un second mariage dans la vie de famille (v. 11-15). Naturellement les veuves âgées, à qui est confiée une tâche honorable dans l’église, doivent être entretenues par elle, à moins qu’elles n'aient des proches moralement tenus à pourvoir à leurs besoins (v. 16).
Baur à cru pouvoir donner au mot veuve, dans ce passage, un sens ecclésiastique, technique. Il s’agit, selon lui,
d’un emploi féminin dont on trouve des traces au second
siècle, par exemple dans la lettre d’/gnace aux Smyrniens, ch. 13 : «Je salue les maisons de mes frères avec leurs femmes et leurs enfants et les vierges (rxofévor) appelées veuves (yño).» Zahn (dans l'édition des Pères apostoliques, Fascic. 2) à fait voir les difficultés de cette expression et proposé une correction du texte. Il me parait que ces mots s'expliquent si l’on admet que le terme de veuve était parfois, à ce moment-là, employé honorifiquement pour désigner des jeunes filles qui s'étaient vouées au célibat d’après le conseil de Paul (4 Cor. VID). En tout cas, ce sont des Tæapbévor, des vierges, ayant pour une raison ou pour une autre le titre de veuves, et non, comme dans notre épitre, des veuves réelles ayant eu mari (évès dvd odc uv) el pouvant avoir fils et petit-fils. |
d) Avec les presbylres (v. 17-22). A la conduite de Timothée envers les veuves, dont un certain nombre ontune position semi-officielle, se rattache la manière dont il doit agir et diriger l’action de léglise à l'égard des presbytres. Trois directions : la première (v. 17-18) porte sur la manière dont l’église doit témoigner sa reconnaissance aux presbytres qui se sont bien acquiltés de leur office, surtout si à l’action administrative 1ls ont joint le travail de la prédication et de l’enseignement. L'église doit leur montrer un redoublement de respect, et, le v. 18 le prouve, pourvoir à leur entretien; car ils ont nécessairement dû négliger : leurs propres affaires pour celles de l'église. De ce que l'auteur joint une parole de Jésus à celle qu'il tire, en la désignant comme scripturaire, du Deutéronome, il ne suit nullement qu’il donne le titre de yoap à l’évangile de Luc dans lequel cette parole de Jésus est rapportée.
Ilest évident que les fonctionnaires désignés ici comme presbytres ne peuvent être autres que ceux qui étaient désignés IF, ? comme évêques. Le terme de présider se retrouve dans les deux passages, comme celui qui désigne leur fonction (v. 17 et IH, 4-5).
La seconde direction (v. 19-21) porte sur la manière de procéder envers les presbytres soupçonnés ou convaincus de quelque tort. Les pasteurs sont souvent exposés à la calomnie. Timothée ne doit donc pas permettre à l’église d'agir contre eux sur la dénonciation d’un seul témoin. Deux témoignages au moins doivent motiver une démarche aussi grave. Le coupable doit être repris devant tous ses collègues, pour qu’ils apprennent à veiller sur euxmêmes. Dans l’accomplissement de cette tâche, le cœur doit être pur de toute partialité pour ou contre, et être dominé par le sentiment de la présence de Dieu, de Christ el des anges.
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Le troisième devoir (v. 22) est relatif à la consécration du presbytre. L'élection est supposée faite conformément aux conditions posées If, 1-7. [l s’agit 1ei de l'acte final, décisif, par lequel l'élu est installé dans sa charge. En Paccomplissant à la légère, on se rend solidaire des péchés” qui résulleraient d’un pastorat mal exercé. |
e) Cette recommandation disciplinaire à l’égard des presbvtres amène l’apôtre à parler à Timothée de la disciphine qu'il exerce sur lui-même. Il n’ignore pas les privations que s'impose son jeune ami, celle du vin, par exemple, et il craint qu'il ne les exagère. Comme 1l va des péchés connus et des péchés cachés qui ne viendront au jour que dans le Jugement, il y a aussi des bonnes œuvres que chacun vante et d’autres qui seront seulement dévoilées alors (v. 23-25). Après cette petite digression, lapôtre reprend son énumération.
j) Avec les esclaves (VI, 1-2). Partout l'Église s'était recrutée dans cette classe de la société; souvent même les esclaves remplissaient des offices ecclésiastiques. Les serviteurs chrétiens ne doivent pas abuser de légalité qu’'établit entre eux et leurs maîtres la fraternité spirituelle; leur zèle dans l’accomplissement de leurs devoirs doit au contraire s’accroître par l'amour dont ils sont les objets.
3. VI, 3-19. Le désintéressement, qui doit distinguer la conduite de Timothée de celle des faux-docteurs et, à cette occasion, un mot relativement aux riches Enflammés de l'amour du gain, les faux-docteurs ne se servent de la religion que pour se livrer à des discussions stériles, qui conduisent même jusqu’au blasphème. Au lieu de se contenter du nécessaire, ils veulent s'enrichir et tombent ainsi dans la perdition, ear la cupidité est une source de tous maux (v. 8-10).
La conduite de Timothée doit contraster avec la leur.
Pour le lui faire sentir, Paul lappelle homme de Dieu ! Il doit tourner le dos à ces choses viles, livrer le saint combat de la foi contre le péché, s’efforcer de saisir la couronne de la vie éternelle. Le ton de lapôtre s'élève par degrés. Cette vie, il a fait profession de la posséder, lorsqu'il a reçu sa mission devant une nombreuse assemblée. En lui rappelant ce moment solennel, Papôtre l’adjure par le Dieu qui renouvelle les forces de ses serviteurs fatigués et par le Christ qui n’a pas renié la vérité devant Pilate, de se maintenir toujours irréprochable jusqu’à l'avènement du Christ, du Seigneur des seigneurs, que réalisera en son temps, du sein de l’inaccessible lumière où il habite, le Dieu objet de tout hommage, source de toute force (v. 11-16).
Après cette sommation magnifique, l’apôtre ajoute un dernier mot, que l’on a appelé avec quelque raison un post-scriptum fReuss). Ce qu'il vient de dire à Timothée à l'égard du noble désintéressement qui doit caractériser sa conduite, lui inspire cette parole sur sa conduite envers les riches, dont 1! V avait un grand nombre sans doute dans l’église d’Éphèse. II doit leur recommander l'humilité, la confiance en Dieu seul, la bienfaisance et la générosité ; car l’amour fera la richesse du ciel {v. 17-19).
Elle est courte et paraît comme l'effet d’une inspiration subite : « O Tiuothée ! s’écrie ému le vieil apôtre. La vérité du salut La été confiée; garde-la comme un dépôt sacré, écartant tous les enseignements qui se présentent avec un renom de sagesse, mais qui ne sont que des fables frivoles par lesquelles plusieurs se laissent séduire!»
Les antithèses dont parle ici l’apôtre étaient sans doute