‹ Introduction au Nouveau TestamentChapitre 20 sur 144 · RS NU · texte numérisé non relu

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Car jamais personne n’a prétendu qu’une vision purement interne pût donner le caractère apostolique. Paul commence également l’épitre aux Galates par ces mots : € Apôtre, non de la part des hommes ou par le moyen d’un homme, mais par Jésus-Christ et Dieu le Père qu? la ressuscilé des morts.» Cette épithète par laquelle lapôtre caractérise ici Dieu le Père, est certainement destinée à rappeler aux lecteurs que la résurrection de Jésus est le fait auquel Paul doit d’avoir pu être appelé directement par Jésus lui-même, aussi bien que les apôtres primitifs. Paul atteste une troisième fois l'apparition corporelle de Jésus ressuscité qui lui a été accordée, dans 1 Cor. XV, 8: « Et en dernier lieu, après tous, il m'est apparu à moi aussi

comme à l’avorton. » Dans ces mots, il ne met pas seule-

ment cette apparition sur la même ligne que les autres accordées aux apôtres et aux cinq cents; il la distingue profondément, en l'appelant la dernière, de toutes les visions accordées plus tard soil à lui-même, soit à d’autres. C’est donc à ses veux une apparition réelle el, sans aucun doute, corporelle ; car dans ce chapitre il veut prouver la résurrection des corps, comme élément essentiel de la foi chrétienne; or une simple vision ne démontrerait rien de semblable.

> On a demandé comment, s’il s'agissait d’une apparition

objective et sensible, Saul aurait pu reconnaitre Jésus qu'il n'avait Jamais vu. Aussi ne le reconnait-il point: « Qui es-tu, Seigneur ? » demmande-t-il, et c’est Jésus qui répond : «Je suis Jésus que tu persécutes. » Pfleiderer pose ce dilemme : Avec quel corps Jésus est-il apparu? Si c’est en son corps terrestre, comment les compagnons de Paul ne l’ont-ils pas vu ? Si c’est en son corps céleste, comment un corps spirituel a-t-1l pu devenir l’objet d’une aperception sensible? — Il est clair que la première alternative

est inadmissible. Quant à la seconde, il faut se rappeler que lépithète de spirituel donnée au corps céleste, pas plus que celle de psychique donnée au corps terrestre (1 Cor. XV, 44), ne désigne la substance de ce corps; elle indique la nature du principe intelligent qui l'anime et l’emploie. La relation du corps terrestre avec l’âme qui le souverne est un mystère impénétrable ; combien plus la relation du corps futur avec l'esprit auquel il sert d’organe !

Le témoignage de celui qui à été l’objet de l'apparition est confirmé par deux faits : Pimpression reçue par ses compagnons de voyage et l'intervention d’Ananias. Trois fois la vision de Damas est racontée dans les Actes : par l’auteur, dans sa propre narration (ch. IX), par Paul parlant au peuple sur les degrés du temple (ch. XXID et par le même, dans son plaidoyer:én présence de Festus el d’Agrippa (ch. XXVI). Il y a entre ces récits certaines dif: férences : Dans le troisième, l'appel de Saul à lapostolat est placé dans la bouche du Seigneur lui-même, au moment de Papparition, tandis que dans les deux premiers il lui est adressé par l'intermédiaire d’Ananiäs, trois jours après ; puis, dans le récit du ch. IX, la voix du Seigneur est entendue par les compagnons de Saul, sans qu'ils voient sa figure, tandis que, d’après le discours du ch. X XIE, 1ls voient la lumière, mais sans entendre la voix.

Quant à la première différence, Wendt pense que le récit primordial est celui de Paul lui-même, tel qu’il est renfermé dans le discours du ch. XXVI, discours dont la teneur a été tirée, selon lui, d’une source très ancienne, tandis que les deux autres récits ont été rédigés par l’auteur d’une manière très libre et à l’aide de traditions assez divergentes !. -

1 Apostelgeschichte (commentaire de LS Ze éd.); voir introd. p.19-et-20 et ch. IX,

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Mais cette hypothèse a contre elle toutes les vraisemblances. Si l’auteur travaillait en ayant sous les veux ce document très ancien où doit avoir été puisé le discours du ch. XXVI, comment aurait-il, de son chef ou sur la foi de quelque autre tradition, modifié le fait et introd'at un épisode aussi important que l’intervention d’Anar'as qui manque complètement dans ce récit? N’est-il pas vlrs naturel d'admettre que Paul lui-même, en racontan: le fait à Festus et Agrippa (ch. XX VD), a resserré la nar' ion et mis directement dans la bouche du Seigneur le n.essage qu’il lui avait adressé en réalité un peu plus tard par l’intermédiaire d'Ananias? Quant à l’autre différence, n’est:l pas évident que l’auteur n’a pas pu avoir l'intention de mettre son récit du ch. IX en contradiction avec celui qu'il place dans la bouche de Paul au ch. XXIF, et que nous sommes par conséquent conduits à chercher une solution quelconque de la différence signalée? Or la solution cherchée saute aux yeux. Des deux formes d’expression différentes ressort une seule et même idée : c’est que l’apparition n’a été clairement perçue, soit quant à la sensation de la vue, soit quant à celle de l’ouie, que par Paul lui-même à qui seul elle était proprement destinée, tandis que ses compaonons n’ont eu à ces deux égards que la sensation vague d’un fait extraordinaire qui se passait près d’eux. [ls furent éblouis par l'éclat extraordinaire de la lumière (il n’est pas parlé d’une figure), et au premier moment 1ls tombérent, comme Saul, la face contre terre; en même temps le son d’une voix parvint à leurs oreilles, mais ils ne discernérent pas les paroles prononcées. Jean XII, 28-30 nous offre un phénomène analogue dans l’histoire de Jésus!.

1 Il importe de remarquer que le texte de Luc distingue assez nettement entre les deux expressions axovev ts omvis (IX, 7; XXI 7) et arxobavy tv œuwvfy (XXII, 9; XXVI, 44); le génitif indiquant une

Mais cette participation des compagnons de Paul au fait de l'apparition, tout indirecte et secondaire qu’elle soit, en prouve l’objectivité pour quiconque n’envisage pas ces circonstances du récit comme de pures fictions.

Il en est de même de lintervention d’Ananias, à laquelle le récit donne pour cause une apparition du Seigneur luimême. Ou tout son entretien avec Jésus et le message qu'il reçoit de lui est une invention de la tradition ou de l’auteur lui-même, invention qu'il reproduirait dans le discours qu'il met dans la bouche de Paul parlant au peuple, ch. XXII, ou ce nouveau fait ne permet aucun doute sur objectivité du premier.

Tout se lie profondément dans l’histoire de Paul, malgré ce qu’elle a de brisé, extérieurement parlant. Éducation pharisaïque, travail moral intérieur sous la pression de la loi, apparition décisive du Seigneur, carrière apostolique : ce sont les anneaux d’une même chaîne. Sans le travail moral qui avait précédé, l'apparition sensible fût restée un capital improductif!; sans l'intervention du Seigneur, la lutte intérieure n’eût abouti qu’à un desséchant marasme, au lieu de préparer une époque nouvelle dans la vie de Saul et dans l’histoire de lhumanité.

Saul devait être âgé au moins d’une trentaine d'années au moment où s’accomplit chez lui cette profonde révolution. Plus jeune, il n’eût pu être revêtu de la part du San-

certaine dépendance de celui qui entend par rapport à celui qui parle; l’accusatif impliquant la pénétration intelligente du contenu de la parole par l’auditeur. Cette seconde notion est niée par rapport aux compagnons de Saul, tandis que la première pouvait s'appliquer également à eux et à Saul lui-même. — Nous engageons à relire la manière dont Reuss fait justice de cette prétendue contradiction, Histoire apostolique, p. 112.

Comp. Lue XVI, 31 : « Si l’un des morts ressuscitait, ils ne croiraient pas non plus. »

hédrin d’une mission aussi grave que celle qui le conduisait à Damas. | . L’épithète de veavias, jeune homme, qui lui est donnée dans le récit du martyre d’Étienne (Act. VII, 58), peut encore s'appliquer dans les idées anciennes à un homme de trente à quarante ans!. César à cet âge est appelé véoc, jeune, par Dion Cassius. On partageait la vie en trois parts : la Jeunesse jusqu’à quarante ans, l’âge mûr de quarante à soixante ans, la vieillesse commençant à soixante ans. À

On varie entre les années 31 et 40 de notre ère pour la fixation de la date de cet événement. Nous avons vu. que l’année’ 37 est celle qui présente la plus grande vraisemblance. La suite donnera, si je ne me trompe, la confirmation de cette date.

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