IL. Ch. [V-V
1. L’apôtre commence par eimq exhortations : l’une, tout à fait générale, à la fidélité dans le travail de la sanetification (IV, 1-2); une seconde, plus partüculière, relative à la pureté des mœurs (v. 3-9). La troisième se rapporte, comme cela était tout naturel dans une ville adonnée au commerce, à la bonne foi et à la droiture dans les affaires (v. 6-8). Il rappelle ensuite aux Thessaloniciens la nécessité de pratiquer l'amour fraternel, ce sentiment que Dieu lui-même a mis dans leur cœur et dont ils ont déjà donné des preuves dans leur conduite envers leurs frères macédoniens (v. 9 et 10). Enfin il les presse de ne pas se laisser détourner par les préoccupations de la vie spirituelle des devoirs tout simples de la vie pratique et du travail de leur vocation terrestre (v. 11 et 12). |
On a souvent conelu de ces exhortations que Timothée avait rapporté à Paul les nouvelles les plus déplorables de la conduite morale des Thessaloniciens : l’impudicité avait repris le dessus dans la jeune église, amour du gam étouffait l'amour fraternel, les spéculations sur Pavenir
!« Les frères venus de Macédoine ont suppléé à ce qui me manquait. »
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avaient engendré loisiveté; il fallait un prompt remède, pour que le christianisme de cette jeune église ne s’évanouît pas dans de fantastiques rêveries..… (/loltimann, Bibellexikon, V, 501-502). En vérité 1l n’y a ici de fantastique que ce tableau même. Paul ne loue-t-1l pas en commençant les Thessaloniciens pour l'œuvre de leur foi, le travail de leur amour et la fermeté de leur espérance (1, 3)? Dans le passage même d’où l’on tire de si désolantes conséquences, ne déclare-t-1l pas qu'il sait qu'ils sont enseignés de Dieu à aimer et qu’ils ne cessent de pratiquer celte vertu? Il les invite seulement à y progresser sans cesse. N’est-1il pas tout simple que, s'adressant à de jeunes croyants, tirés récemment du milieu d’une société absolument livrée au vice et livrée à l’ardeur de Pagitation commerciale, Paul leur recommande la pureté, la rectitude, la charité et la constance dans le travail, sans qu'il en faille conclure que ces chrétiens fussent sur le point de retomber dans leurs anciens vices ou de s’abandonner à une exaltation sans mesure?
2. Après ces exhortations, l’apôtre passe à un enseignement sur un sujet qui préoceupait pémiblement Péglise et dont Timothée lui avait fait part. Il y avait eu quelques cas de mort parmi les chrétiens depuis le départ de Paul, et préoccupés, comme ils Pétaient, de l'attente du retour prochain du Seigneur, les fidèles se demandaient avec inquiétude si ces frères, qui avaient été ainsi retirés d’icibas, ne se trouveraient pas privés de la participation aux
joies de ce jour glorieux. L’apôtre répond à cette question
dans le passage suivant et profite de cette occasion pour leur donner une instruction sur l'avènement de Christ (1V,:43-V, 17).
1 Holtzmann paraît l'avoir senti lui-même, car tous ces traits si exagérés sont alténués dans son Introduction.
466 Le AUX THESSALONICIENS.
Il donne la solution de la question posée comme une
parole du Seigneur (AV, 15). L'on a pensé que par là il.
entendait une parole de Jésus renfermée dans un de nos évangiles, Matth. XXIV, 311, par exemple (Weiss et d’autres), en y ajoutant, selon Ho/mann, Jéan VI, 39. 44. Mais en comparant ces paroles avec celle de Paul qui suit, v. 19-17, on voit aisément que le rapport est beaucoup trop éloigné pour que celle-ci puisse être envisagée comme une clalion de celles-là. D’autres ont pensé que l’expres-
sion parole du Seigneur désignait simplement 1c1 la vérité
chrétienne en général /Hilgenfeld); mais Paul veut évidemment rappeler une déclaration précise. £wald suppose qu'il s’agit d’une parole empruntée à un écrit perdu. Steck pense à un passage qui se trouve dans le quatrième livre d'Esdras, V, 41 et 42, où Esdras déclare que le jugement «est semblable à un cercle dans lequel les dernters ne vont pas trop lentement ni les premiers trop vite. » Mais la question est de savoir, dans le cas où il y aurait imitation, si ce n’est pas Pauteur du livre d’Esdras qui s’est inspiré de l’écrit de Paul plutôt que linverse, car le faux Esdras à écrit son apocalypse à la fin du fer siècle?. Et s’il y avait dépendance de lun par rapport à l’autre, combien la parole de l’apôtre n’est-elle pas plus simple que la maxime alambiquée d'Esdras! Enfin nous n'avons pas d'exemple d’une parole tirée d’écrits de ce genre et eilée comme parole du Seigneur dans les épilres de saint Paul, I faut done où admettre avec Calvin que Paul cite ici une parole transmise par la tradition, comine celle d’Act. XX, 39, ou qu'il veut parler d'une révélation spéciale qui lui a été accordée, comme il en mentionne lui-même tant d’au-
! « Et il enverra ses anges avec un son puissant de trompettes, et
ils rassembleront ses élus depuis un bout des cieux jusqu’à l’autre. » 2 Voir Renan, Les Evangiles, p. 348-351.
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tres (Rom. X1,:25; À Cor. XV, 51; Gal. H, 2, etc.). Ce dernier sens me semble le plus naturel.
Le contenu de cette déclaration divine est celui-ci : au moment du retour glorieux de Christ, les fidèles morts seront réveillés par un appel céleste; puis les vivants seront glorieusement transmués et s’éléveront au devant du Seigneur revenant avec ses anges et les fidèles glorifiés. Il n’est point dit que le Seigneur s’établira sur la terre pour y régner visiblement, selon certaines idées souvent émises. Cette apparition du Seigneur sera plutôt, d’après Paul, un contact instantané avec la terre. Il ne se laisse point aller à en décrire les conséquences pour celle-cr.
Aux v. 15 et 17, l’apôtre parait se ranger lui-même dans la classe de ceux qui vivront à ce moment-là : « Parce que nous les vivants, ceux qui resteront Jusqu'à la parousie du Seigneur, nous ne devancerons point... ; ensuite les vivants, les restants, nous serons enlevés avec eux.» Cette adjonction explicative, les restants, qui détermine deux fois le terme nous les vivants, montre bien quelle était la pensée de Papôtre. Il eût été absurde de sa part de se croire assuré de ne mourir ni par maladie, ni par accident, avant le retour de Christ. Î dit un peu plus loin, en vue de lui-même, aussi bien que de ses lecteurs (v. 10) : « Soit que nous veilions, soit que nous dormions,» ce qui, dans le contexte, ne peut signifier que : soil que nous soyons vivants ou morts au moment de la Parousie. Paul partage les chrétiens actuellement vivants en deux classes, ceux qui mourront avant la Parousie et ceux qui vivront jusqu’à ce moment, et dans l’ignorance où il est de l’époque de cel événement et de celle de sa propre mort, 1l se range, en tant que vivant, parmi les seconds, mais avec cette réserve : les restants, c’est-à-dire si nous restons, vu qu'il ne croit pas le moins du monde que tous les vivants ac-