‹ Introduction au Nouveau TestamentChapitre 29 sur 144 · re AUX THESSALONICIENS · texte numérisé non relu

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tuels seront au nombre de ces vivants, en d’autres termes qu'il ne mourra plus un seul chrétien jusqu’à la Parousie. Le sens revient donc au fond à cette idée : ceux d’entre nous, chréliens, qui vivront à ce moment-là. Aussi, dans Cor VI 4% (vrâie decôon) et2 Cor: IV AE SPaubese range-t-1l parmi ceux qui ressusciteront. |

Mais si c’est forcer l'expression de lapôtre que d’en vouloir faire sorur l’idée que lui ou tel autre de ses contemporains vivra jusqu’à la Parousie, il est certain, d’autre part, qu’elle implique la croyance à une certaine proximilé de cet événement. L'apôtre n'avait évidemment aucune notion de la durée si considérable de l’économie de grâce dont il voyait le commencement et qu'il inaugurait lui-même.

Dans les onze premiers v. du ch. V, Paul enseigne, non la proximité de la Parousie, — car il parle au contraire d’une série de temps et de conjonctures qui doivent précéder cet événement, — mais la manière soudaine, imprévue pour les mondains, en laquelle elle arrivera. Quant aux croyants, ils ne seront point surpris de cette manière; car ils vivent dans la clarté du salut dans laquelle ils marchent comme enfants de lumière, appartenant déjà par leurs sentiments intimes à ce grand jour qui va luire; et ils attendent pleins d'espérance le moment d'entrer, couverts de leur divine armure, dans la terre promise du salut parfait, par celui dont le sacrifice leur en assure l'entrée, soit qu'ils doivent passer par la mort, soit qu’ils vivent encore sur la terre au moment de la venue du Christ. C’est ainsi que Paul clôt cet enseignement en revenant au sujet particulier qui v avait donné lieu.

3. La lettre se termine par quelques recommandations concernant surtout la vie de l’église. Elle doit respecter ses conducteurs qui travaillent dans son sein pour le ser-

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vice du Seigneur (v. 12 et 13). En quittant les églises d'Asie-Mineure, fondées dans le premier voyage, Paul et Barnabas avaient établi dans chacune d’elles, avec jeûne et prière, des Anciens appelés à les diriger! ; ii est donc difficile de ne pas supposer que Paul en eût fait autant à Thessalonique, avant de quitter cette Jeune église, et que ce ne soit par conséquent de ces chefs qu’il veuille parler en faisant à l’église celte recommandation.

Mais ce ne sont pas les Anciens seuls qui doivent veiller sur les membres du troupeau. Tous les frères sont solidaires et doivent se préoccuper de l’état spirituel des autres croyants. Oisifs, découragés, dénués de force, tous doivent trouver des frères qui leur communiquent de la

part de Dieu ce dont ils ont besoin. Ces derniers doivent

le faire sans se lasser, dans la communion d'un pardon mutuel, chacun ayant soin du bien de tous (v. 14-16). . Un troisième groupe de recommandations se rapporte à l’action que chaque individu doit exercer sur lui-même pour le maintien et le progrès de sa propre vie spirituelle (v.17- 18), en travaillant à entretenir en lui là flamme de la joie intérieure, de la prière incessante et d’une action de grâces qui s’élende à tout ce que la volonté de Dieu dispense. Enfin, un quatrième groupe d’avertissements paraît se rapporter à la vie commune de l'église dans le culte, v. 19-22. Lors même que cela ne nous est pas raconté dans le livre des Actes, au moment de la fondation de Péglise Papparition de la vie nouvelle doit avoir été accompagnée à Thessalonique de signes extraordinaires analognes à ceux qui avaient eu lieu dans les églises de Judée (Aet. IF et X, 46) et que nous relrouverons bientôt dans celle de Co-

1Act. XIV, 23 : « Et leur ayant élu dans chaque église des Anciens et, ayant prié avec jeunes, ils les confièrent au Seigneur en qui ils avaient cru. »

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rinthe, en particulier le parler en langues et la prophétie. Au moment où Paul écrivait, ces deux manifestations existalent encore, mais dans un état d’affaiblissement qui fisait que l’église était disposée à les supprimer. L’apôtre les prend sous sa protection : « N’éteignez pas PEsprit (les langues) et ne méprisez pas les prophéties. » II faut ne rejeter rien de tout ce qui peut produire quelque bon fruit, et s’abstenir uniquement de ce qui est mal sous toutes les formes. À cette parole se rattache un vœu qui forme en quelque sorte le complément posiuif de cette re-

commandation négative : la sanctification de leur personre

tout entière, esprit, âme et corps, pour le moment de l’avénement de Jésus-Christ; c'est à Dieu lui-même qu'il apparlient de réaliser un tel vœu (v. 23 et 24). Telle est la seconde partie de l’épitre, qui a commencé IV, 1.

I ne reste plus qu’une courte conclusion (v. 25-28) renfermant les commissions : deux à Padresse de l’église ; elle doit prier pour Paul et ses deux compagnons d'œuvre, et tous ses membres doivent se saluer mutuellement par le baiser fraternel. On sait comment s’accomplissait cette cérémonie qui se nommait d’après Tertullien osculum pacis, baiser de paix (De oratione, ch. XIV). Le président de l’assemblée donnait le baiser à celui des frères qui était assis prés de Jui et celui-ci à son voisin, pendant que la même chose se passait du côté des femmes. L'épithète de saint ajoutée au mot baiser éloigne toute idée profane. Enfin une recommandation adressée spécialement aux Anciens : c’est de veiller à ce que cette lettre parvienne à la connaissance de tous les membres de l’église, c’est-à-dire aussi de ceux d’entre eux qui n'auraient pas été présents dans l’assemblée, au moment où la leltre à été lue offictellement.

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L’apostille critique qui se trouve placée à la fin de cette lettre dans un assez grand nombre de manuscrits et d’après laquelle elle aurait été écrite d'Athènes, est conforme aux

commentaires de quelques Pères de lPéglise grecque,

Théodorel en particulier; mais, comme nous le verrons, elle ne soutient pas l'examen.

Nous nous sommes élendu d’une manière un peu disproportionnée sur le contenu de cette épître, d’abord parce que c’est la première de celles qui nous ont été conservées et que, comme point de départ de la correspondance apostolique, elle nous intéresse particulièrement, et ensuite parce qu’elle nous présente l’apôtre Paul sous un jour sous lequel il ne nous apparaitra plus que rarement; non comme le théologien ou le dialecticien ou le polémiste, mais comme l’homme de cœur, le frère, le pasteur plein d’amou:, de sollicitude, d’anxiété pour des frères Jeunes encore et inexpérimentés. C’est ainsi que pour connaitre Calvin, il ne faut pas lire seulement ses Institutions ou ses Commentaires; c’est dans certaines de ses lettres que l’on sent toute la chaleur et la tendresse de son cœur d'ami.

Les circonstances de la composition.

Il n’est point difficile de se rendre compte de la situation extérieure et morale qui a élé comme le berceau de celte lettre. |

Les trois noms réunis dans l'adresse désignent trois hommes qui ne se sont trouvés réunis que durant leur séjour à Corinthe, où ils travaillèrent en commun à la fondation de léglise. Avant ce moment ils avaient été séparés ; car Silas et Timothée étaient restés en Macédoine et ne

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vinrent que plus tard retrouver Paul à Corinthe (Act. XVI, 9, 2 Cor. XI, 9)!. Après ce séjour Silas ne se retrouve plus dans la société de Paul; c’est à la mission de Pierre qu’il se-rattache (1 Pierre V, 19%).

Le séjour commun de ces trois hommes à Corinthe a duré, d’après Act. XVIIL, 11 et 18, à peu près deux ans. Et l’on se demande à quel moment de ces deux années il faut placer lPenvoi de cette épitre. La réponse est facile; elle ressort de FE, 6 : « Timothée étant récemment arrivé vers nous d’auprès de vous et nous ayant apporté la bonne

nouvelle de votre foi et de votre amour... ; nous avons été.

consolés..…...» Ce fut donc immédiatement aprés l’arrivée de Timothée à Corinthe, dans les premiers mois du séjour de Paul dans cette ville, que Paul écrivit cette lettre. Nous pouvons rattacher cet acte avec la plus grande précision au moment indiqué par Luce Act. XVII, 5 : « Lorsque Silas el Timothée furent descendus de Macédoine, Paul pressé en son esprit rendait témoignage avec force aux Juifs du Christ Jésus. »

Ce résultat est assez généralement admis. Cependant

quelques Pères grecs {Théodoret, Théophylacle] et dans les temps modernes Wurm ont pensé que cette lettre datait d’un peu plus tôt, du séjour à Athènes. Pour cela 1l faudrait admettre que Silas et Timothée étaient venus tous deux trouver Paul à Athènes, et qu'ils en étaient immédiatement reparus avec notre lettre pour la Macédoine. Mais si celte supposition peut être faite pour Timothée, rien ne la légitime quant à Silas, au nom duquel pourtant la lettre est aussi adressée. EL nous verrons qu’elle est incompatible avec le premier chapitre de l'épitre (v. 7. 8), qui sup-

1 « Lorsque Silas et Timothée furent descendus de Macédoine... » « Les frères venus de Macédoine ont comblé mon déficit. » 2 « Je vous ai écrit brièvement par le fidèle frère Silas. . »

pose un temps plus long écoulé entre la fondation de l’éolise et la composition de la lettre.

Schrader a pensé à un séjour subséquent à Corinthe, celui d’Act. XX, 2, durant l'hiver 58-59, entre le troisième voyage et l’emprisonnement de l’apôtre à Jérusalem. Sans doute, au moyen de cet intervalle plus long on explique plus facilement la diffusion de la nouvelle de l'œuvre opérée chez les Thessaloniciens et les efforts répétés de Paul pour retourner auprès d'eux (If, 18), puis les cas de mort survenus dans Péglise. Mais lPépître entière suppose une relation trop fraîchement formée et trop récemment rompue, pour qu’un intervalle de six années ait pu séparer ces faits du moment de sa composition. D'ailleurs à cette époque Silas n’était plus dans la société de saint Paul. Si nous plaçons la lettre quelques mois après que Paul avait quitté Thessalonique, toutes les circonstances alléguées par Schrader s’expliquent suffisamment.

Koehler a cru devoir descendre plus bas encore, jusqu’à l’an 66, époque de lexplosion de la guerre juive, en raison de la parole Il, 16 : « La colère contre eux est arrivée à son lerme.» Mais Paul pouvait déjà, au moment de sa vie où nous sommes arrivés, prévoir etannoncer comme prochain le terme fatal de la conduite d'Israël,

La date de cette épître nous paraît donc être : Corinthe, lan 53, dans la première partie de l’année.

: L'auteur.

L’authenticité de cette lettre n’a jamais été mise en doute dans l'antiquité. Nous le savons par les témoignages d’Origène (He siècle) et d’Æusèbe (Ve siècle). Sans doute

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les attestations patristiques ne remontent pas très haut ; car les passages de Clément de Rome, de Barnabas, d’Ignace et de Polycarpe, dans lesquels on à trouvé des réminiscences de notre lettre, ne sont pas absolument concluants. Le premier fait à citer qui prouve positivement son existence et son influence dans l’Église est sa présence dans un recueil comprenant dix lettres de saint Paul, avec lequel Marcion arriva d’Asie-Mineure à Rome vers lan 140. Ce fait est d'autant plus significatif que, comme nous l'avons vu, le Canon que cet hérétique remettait à ses adeptes, n’était nullement un recueil canonique rudimentaire, mais un débris des recueils plus complets qu’il avait connus dans les églises d'Orient d’où il sortait. Les dix épitres dont 1l se servait, faisaient donc déjà partie de ces recueils.

Nous trouvons nos deux épitres mentionnées également dans la liste d’écrits apostoliques, destinés à être lus dans les assemblées du culte, que nous offre le Fragment dit de: Muratori. Ce document représente l'usage des églises d’Occident dans la seconde moitié du He s. Dans le dernier tiers de ce même siècle, notre lettre est citée et employée à plusieurs reprises, comme œuvre de Paul, par frénée, Clément d'Alexandrie et Tertullien. Elle occupe sa place à la même époque dans les versions syriaque et latine du Nouveau Testament.

Elle était restée inattaquée jusqu’à nos jours. Dans son Apostel Paulus (2° éd., t. I, p. 94-107 et 341-369), Baur l’a fait passer pour la première fois par le feu de la critique. Il lui reproche le manque de toute idée dogmatique qui puisse lui donner un intérêt spécial. Elle ne fait que reproduire le récit des Actes, et cela à quoi bon pour des lecteurs qui avaient eux-mêmes été témoins des faits! L’imitation des lettres aux Corinthiens est par-

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tout sensible. [y à beaucoup d’hapar legomena. Le passage contre les Juifs persécuteurs, [f, 14-16, serait absolument inconvenant dans la bouche de celui qui avait autrefois pris lui-même une si grande part à la persécution de l’Église. L'expression : « La colère est arrivée à sa fin,» suppose que la ruine de Jérusalem est déjà un fait accompli. Comment l’apôtre pourrait-il dire à une église qui venait d’être fondée qu'elle sert de modèle à celles de Macédoine et d’Achaïe, et que le bruit de sa foi est parvenu en tous lieux (1, 7 et 8)? Comment Paul aurait-il déjà pu faire deux fois, lorsqu'il était à Corinthe, la tentative de retourner à Thessalonique? La recommandation V, 27, que lPépitre soit lue par tous les frères, ne s'explique que comme datant d’un temps où l’auteur voulait procurer à sa lettre controuvée le privilège d’être lue publiquement, comme les écrits apostoliques. La conclusion de tout cela est celle-ci : Le faussaire a eu pour but de faire pénétrer l’idée de la Parousie dans la conscience chrétienne en plaçant celte attente sous Pautorité de l’apôtre Paul.

La critique de Baur n’a pas été généralement approuvce dans sa propre école; elle a même été combatiue par Hilgenfeld, Hausrath, Lipsius, Pfleiderer, Werzsæclker, P. Schmidt, Holtimann et Schmiedel. Holsten seul l'a acceptée

en V ajoutant quelques raisons, telles que labsence du

titre d’apôtre dans ladresse et limitation prétendue d’Apoe. IT, 2 : « Je connais tes œuvres et ton travail et ta constance, » dans À Thess. |, 3 : « Nous souvenant de l’œuvre de votre foi et du travail de votre charité et de la constance de votre espérance. » De plus, Steck a tiré une objection de limitation prétendue d’une parole du quatrième livre d’Esdras dans le passage IV, 15. Chose étrange, M. Ménégoz a prononcé son verdiet en faveur du rejet. L’épitre est défendue par Bleek, Reuss, Hofmann,

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Grimm, Weiss, Sabatier et d’autres. Examinons les raisons que l’on oppose à l'authenticité.

L'absence d’un enseignement dogmatique est plutôt une raison en faveur de l’authenticité; car le témoignage de l’attachement de l’auteur pour l’église et l'apologie de son caractère personnel deviennent par là le principal sujet de la lettre; et de pareils passages ne se comprennent nalurellement que de la part du fondateur de Péglise. — La reproduction des faits racontés dans les Actes à pour but, non d'en informer les lecteurs, mais de les leur rappeler comme autant de sujels d'actions de grâces propres à unir étroitement ceux qui ont fait ensemble de pareilles expériences, tout à la fois saintes et douloureuses. Du reste la difficulté même que l’on trouve à mettre d'accord le passage IV, À (sur le renvoi de Timothée depuis Athènes), avec le récit des Actes, montre qu'il n’y a nullement de la part d’un des deux écrits imitation servile à l'égard de l’autre. — La dépendance de notre épitre à l’égard de celles aux Corinthiens n’a pas élé démontrée par Baur. Les coincidences sont très éloignées et s'expliquent par la situalion analogue des deux églises en monde grec. La relation entre l’épitre aux Galates et celle aux Romains est infiniment plus étroite, et cependant Baur n’en tire aucune conclusion critique contre l’une ou l’autre. — Les hapax legomena ne prouvent pas davantage; car 1ls ne dépassent pas le nombre de ceux que l’on trouve dans les épitres de Paul reconnues comme authentiques par Baur lui-même (voir p. 148 et 149). — L’objection la plus spécieuse me paraît être celle que Baur tire du passage véhément contre Les Juifs, I, 14-16, quand on se rappelle le rôle antérieur de Paul lui-même dans la persécution de l’Église. Mais, tout en ressentant douloureusement le regret de sa conduite passée, l’apôtre pouvait pourtant dire en vérité : « Je Paiï

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