‹ Introduction au Nouveau TestamentChapitre 48 sur 144 · L. —1, 17-11, 5 : L'Évangile un salut, non une sagesse · texte numérisé non relu

L. —1, 17-11, 5 : L'Évangile un salut, non une sagesse

1. V. 17-25. Paul passe au développement de cette idée en opposant à la foncuon de baptiser, qu'il n’a remplie que temporairement, celle qui est proprement la sienne, la fonction d’évangéliser, c’est-à-dire d'annoncer une nouvelle. Or, une nouvelle à son prix dans le fait heureux annoncé, et non dans les ornements de pensée ou de parole avec lesquels on l’annonce. Il en est surtout ainsi du grand fait qui forme le contenu de l'Évangile et qui renferme pour l’homme le secret de sa vie ou de sa mort. La nouvelle d’un tel fait ne saurait être affaire de sagesse pour personne, ni pour ceux qui se condamnent à périr en le repoussant et le taxant de folie, ni pour ceux qui y trouvent la puissance de Dieu pour les sauver; car pour ceuxci il est autre chose et mieux qu’une sagesse. Ésaïe avait déjà annoncé que la sagesse serait mise de côté dans Paccomplissement du salut divin. Et certes, elle à mérité ce rejet par le mauvais usage que l’homme en a fait. La saine raison, en effet, la sagesse naturelle aurait dû discerner Dieu dans les merveilles de sagesse que lui offre Le spectacle de la nature. Elle s’y est refusée et s’est livrée à toutes les folies du paganisme. Eh bien! puisque la sagesse humaine a refusé de remplir sa tâche préparatoire, qui était de conduire l’homme à la connaissance et à l’adoration du

Créateur (Rom. E, 19-23), Dieu a trouvé bon de lui refuser toute part dans son œuvre définitive!. Il a écarté la sagesse par la nature même du moyen de salut qu'il a employé et par lequel il fait appel uniquement à l'organe de la foi, sans tenir compte des postulats de la raison. L'Évangile se trouve en présence et des exigences des Juifs qui voudraient contempler le divin sous la forme des prodiges extérieurs, et de celles des Grecs qui cherchent surtout un système bien lié, rendant un compte satisfaisant de l’univers. Et voici que Dieu leur offre le salut en la personne d'un crucifié qui leur apporte en apparence aux uns et aux autres le contraire de ce qu’ils réclament, mais qui néanmoins, pour les croyants d’entre les uns et les autres, renferme précisément la satisfaction de ce qu'il y a de fondé dans ces deux sortes de postulats : une divine force pour les uns et une divine sagesse pour les autres!

2. V. 26-31. Cette exclusion que Dieu a prononcée contre la sagesse dans l’œuvre du salut divin est confirmée par le mode de composition de l’église de Corinthe. I suffit d'ouvrir les veux : ceux que Dieu a élevés en Christ par la foi à la position de sages, de justes, de saints, de puissants selon Dieu, en un mot de futurs elorifiés, c’est parmi les classes ignorantes et pauvres de la grande ville qu'ils ont presque tous été recrutés.

3. Il, 1-5. Et enfin, l'instrument de cette œuvre de salut au milieu d'eux, qu’a-t-1l été? Puissant par son éloquence et sa sagesse? Non, sa tenue est restée conforme à la nature humble de son message. Rien que faiblesse et tremblement chez le prédicateur! Mais force de Dieu, «éblouissement de vérité ? » dans son message! Voilà com-

! Voir dans mon Commentaire Pexplication du v. 21. 2 Expression de M. Faguet très propre à reproduire l'énergie de celle de l’apôtre : «une démonstration d'esprit et de puissance. »

306 dre ÉPITRE AUX CORINTHIENS.

ment s'est accomplie chez eux l'œuvre de leur salut.

Il ne faudrait pas croire, cependant, que parce que Dieu a si décidément rejeté, dans l’accomplissement et dans la prédication du salut, le concours de la sagesse humaine, l'Évangile soit pour cela antipathique à la vraie sagesse. La sagesse, dans la pensée de l’apôtre, est un trop grand bien pour rester en dehors de l'Évangile. lei commence le second morceau, qui forme le complément du premier : si l'Évangile n’est pas une sagesse, il n’en renferme pas moins la plus haute sagesse, If, 6G-HT, 4.

I. — 11, G-IIT, 4 : La vraie sagesse contenue dans l'Evangile.

1. V. 6-9. Cette sagesse est l'intelligence du plan divin arrêté avant les siècles et qui a pour but d'élever l’homme à la gloire que Dieu lui a destinée. Ce plan, aucune imtelligence humaine n'aurait pu le concevoir ; 1l a été méconnu par les hommes qui sont à la tête de la pensée du siècle et qui ont crucifié celui par qui Dieu voulait le réaliser.

2. V. 10-13. Si nous connaissons et publions cette sagesse, c’est que Dieu nous l’a révélée par son Esprit qui sonde les plus profonds desseins de Dieu, comme notre esprit sonde les plus intimes profondeurs de notre propre cœur. Et ce même Esprit, après nous avoir révélé la sagesse, nous donne pour l’exposer aux autres des paroles inspirées d’En-haut et appropriées au contenu d’une telle révélation.

3. V. 14-16. Seulement nous nous gardons d'annoncer une sagesse si élevée aux hommes chez qui le sens spirituel n’est pas encore formé; car l’horme qui n’a que l'intelligence naturelle ne possède point les prémisses nécessaires pour saisir le plan divin; 1l ne pourrait que le fouler

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aux pieds avec dédain, ainsi que les vues nouvelles qui en découlent sur l’ensemble des choses.

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