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Ch. XIV. L'application des principes posés

Et d'abord lappréciation comparative du don des lanoues (ou glossolalie) et de la prophétie (v. 1-25); puis les prescriptions pratiques relatives à l’usage de ces deux dons (v. 26-33); enfin une question particulière relative au culte, et la conclusion (v. 34-40).

19 V. 1-25. Supériorité de la prophétie sur la glossolalie :

Et d’abord en vue de l'église elle-même (1-20); puis en vue des étrangers qui assistent à son culte (21-925).

a) En vue de l’église (1-20).

V. 1-5. La prophétie, intelligible pour tous et propre à encourager et à édifier, est préférable à la glossolalie dans laquelle celui qui parle exprime les douceurs ineffables de

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334 {re ÉPITRE AUX CORINTHIENS.

sa communion avec Dieu, mais en un langage inintelligible pour ses auditeurs. Au point de vue de la charité, la première est donc supérieure à la seconde.

Nous apprenons ici ce qu'était le parler en langues à Corinthe. Ce n'était nullement un parler en langues étrangères (latin, arabe, persan ou autre langue existante) ; c'était un langage ayant quelque analogie avec le chant, exprimant non des idées, mais des sensations intimes. Paul appelle le contenu de ce langage des mystères, parce qu'il reste un secret entre Dieu et le elossolale, à moins qu'un frère, mis avec celui ei en rapport spirituel, n’interprête sa parole.

V. 6-15. L’apôtre déclare même la glossolalie completement inutile si la condition d’une interprétation n’est pas remplie. Ille montre d’abord par son exemple. Ce séjour à Corinthe qu'il leur promet, 1l v aurait pour lui un moyen de le rendre parfaitement stérile, ce serait de se mettre, lui qui possède plus qu'eux tous ce don, à l'exercer simplement, sans y ajouter ni la prophétie, n1 l’enseignement. Comme seconde preuve, il emploie une comparaison : À quoi servirait le jeu des instruments, le signal de la trompette, par exemple, si ce Jeu n'avait ni modulation, ni rhythme? —— Enfin, la langue humaine elle-même, à quoi serviralt-elle si elle était inarticulée? Elle ne serait point comprise. Celui qui prie ou psalmodie dans l’assemblée doit donc le faire, non dans un état d’extase qui ne s’exprime que par des sons inintelligibles, mais avec son intelligence et de manière à parler à l'intelligence des autres.

V. 16-20. IT y a même de l'inconvenance à entretenir ses frères d’une manière inintelligible pour eux. Car c’est là faire Jouer à l’église un rôle indigne d'elle. Cest la mettre dans la position d’un de ces hommes du dehors, qui viennent parfois assister au culte sans y rien comprendre,

et l’obliger à dire amen! à une action de grâces dont le contenu lui est resté étranger. Quant à Paul, 1l aimerait mieux ne dire que cinq paroles intelligibles que de briller par son don de parler en langues, en imposant à l'Église l’obligation d'écouter ce qu’elle ne comprend pas. Le bon sens de ses lecteurs devrait suffire pour leur faire comprendre l’inconvenance de ce procédé.

b) V. 21-25. Ce n’est pas seulement aux croyants que les glossolales font du tort en usant de leur don de cette manière; c’est aussi aux auditeurs non croyants qui viennent parfois assister au culte pour se mettre au fait de la religion nouvelle. Ce langage inintelligible ne saurait les édifier. Quand Dieu a-t-1l parlé en langues étrangères à son peuple d'Israël? Quand ce peuple écoutait avec docilité le langage des prophètes? Nullement : €’est quand ils l'avaient méprisé, que Dieu les châtiait en envoyant contre eux ces peuples étrangers qui les asservissalent en apportant avec eux leurs langues inintelligibles. Un tel lansage est donc de la part de Dieu un signe de châtiment et de rupture; qu’a-t-il à faire dans les assemblées de l'Église de Dieu! Le nouveau venu non encore croyant le sentira bien; son bon sens le lui dira. S'il les entend tous parler en langues, 1l dira : Ces gens sont fous! tandis que si un prophète se lève et lui dévoile les secrets de sa vie et les honteuses dispositions de son cœur, 1l tombera sur sa face en s’écriant : Dieu est véritablement au milieu de ces gens-là !1

20 V. 26-40. Règles pratiques pour l’usage de ces dons dans le culte.

La régle commune : Chacun (de ceux qui ont un don)

1 Il est étrange que jusque dans les derniers commentaires on ait pu méconnaître, comme on l’a fait, le vrai sens des passages v. 46-17 et 21-22.

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