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doit venir au culte avec ce qui lui est donné, un cantique, où un enseignement, ou une prophétie, ou une langue, ou une interprétation, et y associer l’assemblée en visant uniquement au bien de celle-ci et sans aucun désir de se faire valoir (v. 26).
Pour l’usage de la glossolalie : deux ou au plus trois discours en langues, toujours l’un après l’autre et avec interprétation. Si celte dernière condition ne peut êlre remplie, le parler en langues ne doit pas avoir lieu (v. 27-28).
Quant aux prophéties : deux ou trois, avec appréciation de la part des autres prophètes. Car il peut se mêler de l’alliage à de telles allocutions. Comme mesure d'ordre: silence immédiat chez le prophète qui parle, si un autre prophète, en se levant, témoigne d’une révélation venue sur lui. La parole toute fraiche de celui que saisit PEsprit aura certainement l'avantage sur celle de celui qui parle déjà depuis un certain temps. De cette manière, tous ceux qui ont le don pourront arriver à parler, de telle sorte que les besoins de tous les auditeurs soient salisfaits (v. 29- 334).
Enfin nn point spécial : la question du parler des femmes. Sauf le cas exceptionnel prévu XI, 5 et sous réserve de la condition indiquée dans ce passage, interdicuon complète aux femmes de parler dans les assemblées, füt-ce même simplement dans le but d'interroger. Il y aurait là une infraction à l’état de subordination que leur impose la loi. — En vue de l'esprit d’insubordination dont cette église est atteinte, l’apôtre lui rappelle qu’elle n’est ni la première, ni la seule, et qu’elle doit marcher d’'accord avec toutes les autres; or, l’usage de celles-ci à cet égard est très arrêté. L’apôtre en tout ceci ne parle point de son chef; il ne fait qu’énoncer la volonté du Seigneur. Si quelqu'un parmi eux possède, comme prophète ou
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comme fidèle, l'Esprit du Seigneur, qu'il le montre en reconnaissant ce même Esprit dans les directions précédentes. Mais s'il-veut lisnorer, qu'il lignore! Ce sera à ses risques et périls (33P-38).
Le résultat final, v. 39 et 40, est annoncé, comme d’ordinaire, par un @ote, de sorte que. Paul le formule en trois mots : lravailler à développer le don de prophétie: ne pas empêcher les discours en langues; tout faire avec ordre et décence.
L’apôtre arrive enfin au sujet dogmatique qu’il a à traiter. La doctrine est comme le sang dont se nourrit l'Église ; toute altération doctrinale ne peut que nuire au corps de Christ. C’est sans doute la raison pour laquelle il à réservé ce sujet pour le couronnement de l’épitre.
Dixième sujet : La résurrection des corps (ch. XV).
Rien n'indique que le sujet de la résurrection des corps eût été soumis à l’apôtre dans la lettre des Corinthiens. Je pense done que les discours des quelques-uns (Triés), dont il est fait mention au v. 12, avaient été rapportés à Paul par les délégués de l’église. On a supposé que ces quelques-uns étaient d'anciens Sadducéens qui avaient importé dans le christianisme Îles restes de leurs opinions précédentes. Mais ce parti ne parait pas avoir été répandu hors de Palestine, et en se convertissant au christianisme, de tels hommes auraient subi un changement trop radical pour qu'un pareil mélange d'opinions hétérogènes eût pu se produire. Il est plus probable que la négation de la résurrection du corps résultait dans ce milieu hellénique de la tendance philosophique à envisager le corps comme la source de tout mal. Celte manière de voir avait même gagné les penseurs Juifs d'Alexandrie, tels que
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Philon et l’auteur de la Sapience. A ce point de vue, quel avantage pouvait-il y avoir pour l’âme, une fois affranchie du corps, à retomber, par la résurrection de celui-ci, sous l'empire de la matière? C'était probablement là le point de vue de ces deux hérétiques qui, d’après 2 Tim. IL, 18, enseignalent que @la résurrection des morts étail déjà accomplie. » Ils l’identifiaient avec la régénération spirituelle. Quelques passages de notre chapitre, en particulier V. 92-34, pourraient faire supposer que ceux qui niaient la résurrection du corps à Corinthe niaient en mème temps la survivance de l'âme. Mais des hommes de cette trempe se seraient-ils convertis au christianisme? Que leur importait le salut? Voir sur cette question à l'exposé de ce passage.
L’apôtre traite le fait de la résurrection du corps, premiérement au point de vue de sa certitude (v. 1-34), secondement au point de vue du mode de sa réalisation ou de sa possibilité (v. 35-52); puis il entonne le chant de triomphe sur les ruines du règne de la mort (v. 53-58).
1. V. 1-54. Certitude du fait de la résurrection des corps; sa place dans l’ensemble du salut.
La supposition tacite de l’argumentation suivante est que le salut doit se réaliser chez les croyants de la même manière qu'il s’est réalisé en Christ. Car notre salut n’est que l'assimilation de ce que Jésus à été et a fait lui-même. A ce point de vue, la question de notre résurrection dépend entièrement de celle de la résurrection de Jésus.
a) V. 1-11. La tradition apostolique, reposant sur une série de témoignages certains, déclare que Jésus est corporellement ressuscité le troisième jour après avoir explé nos péchés et avoir été déposé dans le sépulcre; Paul lui-même, à la suite des apôtres, l’a contemplé vivant.
b) V.12-19. Or, nier notre résurrection, c’est nier celle
de Jésus. C’est, par conséquent, faire des apôtres de faux témoins et des faux témoins de la pire espèce. Bien plus, c’est nier le salut lui-même, puisque si Christ n’est pas ressuscilé, l’expiation de nos péchés n’a pas été accomplie par sa mort; notre condamnation subsiste par conséquent, et nous qui comptons sur la vie éternelle et qui, dans cet espoir, faisons le sacrifice de tout bien-être terrestre, nous nous trouverons avoir été les victimes de la plus cruelle illusion et aboutirons à la perdition, tout comme les autres. Otez à l'Évangile ce fondement, la résurrection du Christ, il s'écroule et toute l'espérance chrétienne avec lui.
c) V. 20-28. Mais non! Le fondement est ferme et lédifice de notre espérance se relève fiérement jusqu’au faite. — Dans le drame de la résurrection, trois actes : le premier, la résurrection du Christ, les prémices de la moisson; le second, la résurrection des fidèles au moment de l’avènement visible de Christ; le troisième, la résur-. rection universelle, après une période de victoire sur les ennemis du salut, entre lesquels le dernier vaincu sera la mort, quand la résurrection universelle lui arrachera sa proie tout entière et la rendra pour jamais impuissante. Ce sera là en même temps la fin du règne spécial du Messie, destiné à conduire la création à son but glorieux, après quoi la vie de Dieu éclatera parfaite dans tous les croyants glorifiés.
d) V. 29-34. Essayons de supposer qu'il en füt autrement! À quoi servirait le baptême reçu en vue de l'Église invisible, le martyre en face duquel Paul vit lui-même journellement? Vivons pour jouir des biens de ce monde, puisque tout finit avec la mort! — Rougissez! Réveillezvous de l'ivresse qui vous a gagnés !
Au v. 32, Paul mentionne un fait que nous laisse ignorer le récit des Actes. Car il est impossible d'appliquer
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ces mots au tumulte de Démétrius qui n'avait pas encore eu lieu. Ce fait inconnu fait penser à ce qu’écrit Paul Rom. XVI, 3 d’Aquilas et Priscille qui lui avaient sauvé la vie en exposant la leur propre, et, en effet, 1ls étaient alors avec lui à Éphèse. Nous n’en savons pas davantage sur ce point. Mais ce qui étonne le plus dans ce passage, c’est que Paul semble confondre la négation de la résurrection du corps avec celle de l’immortalité de lâme. On pourrait supposer qu'il envisage la première comme la seule garantie solide de la réalité de la seconde. Car un esprit fini, sans organe d’activité, ne se conçoit pas. Mais la vrale réponse est, Je pense, celle-ci : À supposer que la résurrection de Christ et des fidèles fut une illusion, la survivance de l’âme ne garantirait point le bonheur à venir, puisque la condamnation serait toujours là menacante, certaine; et la conclusion : « Mangeons et buvons...,» resterait par conséquent la seule rationnelle.