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V. 39-52. Le mode de la résurrection du corps

Notre résurrection est certaine; mais comment se représenter le mode et la possibilité d’un tel fait? Dissous par la mort, le corps pourra-t-1l se reconstituer? Et que pourra-t-1l être à la suite de ce renouvellement?

a) V. 35-41. Sur le premier de ces deux points, la raillerie profane a beau jeu, surtout lorsqu'elle se place en face de l’idée grossière que l’on se forme souvent de ce fait et spécialement de la manière dont 1} était compris par les rabbins. À celui qui présente la résurrection comme une restauration de l’ancien corps par la réunion de toutes les particules matérielles dont il avait été composé et qui tourne en ridicule le fait ainsi compris, Paul répond : Insensé, Loi qui te crois sage ! Ce que tu envisages comme un obstacle insurmontable à la résurrection, la dissolution du corps par la mort, est au contraire le moyen par lequel

Dieu lPaccomplit. La semence que nous jetons en terre ne serme et ne s’épanouit en une plante luxuriante qu’à la condition que ses enveloppes se dissolvent dans la terre. L’humidité et la chaleur du sol, en faisant pourrir ces parties extérieures, affranchissent le germe impalpable qu'elles recèlent et le font éclater en un nouvel et bel organisme. Ainsi, dans la résurrection du corps. L'organisme nouveau qui apparaîtra ne sera pas la réapparition de l’ancien, mais le déploiement d’un germe vivant, déposé dans celuiel. Autant est grande la différence entre ce pauvre et nu orain de semence que tu déposes dans le sol et cet arbre magnifique qui bientôt en sortira, autant est grande la différence entre notre corps actuel et le corps futur qui en doit sortir. N’y a-t-1l pas une variété mfinie de corps? Corps d'hommes et d'animaux, corps terrestres et corps célestes, avec variétés infinies de beauté, d'éclat?

- b) NV. 42-49. L’apôtre passe 1e1 à la seconde question du v. 99 : Que sera le corps nouveau? Le corps actuel est soumis à la corruption, au déshonneur, à la faiblesse; :1l a élé donné comme agent à une &me, à un simple souffle de vie; l’autre sera doué d’incorruptibilité, de gloire, de force ; 1l servira d’organe à un esprit, qui non seulement vil, mais qui est capable de faire vivre. Le premier a dû précéder, comme aussi l’Adam terrestre est venu le premier; le second suivra, comme Île Christ est aussi venu en second. De même que nous avons porté l'image de l’'Adam terrestre, de même nous porterons celle du céleste. Ces derniers mots ne peuvent se rapporter, comme le veut Pécole de Tubingue, au Christ préexistant dont nous ne porterons jamais l’image!. Paul veut parler du Christ

1 L'intention de cette interprétation est claire : Il s’agit de tirer de ce passage la preuve que Paul a envisagé le Christ préexistant non comme un être divin, mais comme l’homme céleste, protolypique.

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fait homme, revenant, au moment de sa Parousie, dans ce corps glorifié dans lequel il l'avait contemplé. C’est à ce corps ressuscité et glorifié qu’il assimilera le nôtre par une résurrection semblable à la sienne. Le passage Phil. IIT, 21 ne devrait pas laisser de doute à cet égard, non plus que le contexte de tout notre chapitre qui est exclusivement eschatologique.

c) V. 90-52. Mais il y a une classe de fidèles à laquelle ne saurait s'appliquer ce qui vient d’être dit, ce sont ceux. qui vivront au moment de la Parousie et n'auront pas encore passé par la mort. Le corps de ceux-ci, déclare lPapôtre en vertu d’une révélation spéciale, subira une transformation soudaine; car le corps, composé de chair et de sang, que nous portons actuellement, n’est pas propre à être revêtu de la gloire du royaume divin.

9. V. 53-58. Ici commence l'hymne d’action de grâces pour la pleine victoire qui nous est donnée en Jésus-Christ. Que nous soyons morts ou encore vivants et simplement mortels, il faut que nous soyons revêtus d’un organe immortel et incorruptible. C’est ainsi seulement que sera accomplie pour les uns et pour les autres la parole prophétique : & La mort est engloutie à toujours. » — L'empire de la mort était fondé sur le fait du péché et le péché empruntait sa puissance meurtrière à la loi. Jésus a vaineu le péché, satisfait la loi : 1l a ainsi miné les bases du trône de la mort et l’a fait crouler par sa résurrection. Grâces lui soient rendues! Que notre travail ici-bas ne se relâche point; nous ne travaillons pas en vain. Ge que nous faisons pour lui demeure à jamais fécond en lui.

Le dernier mot de cet admirable chapitre est introduit, comme loutes les autres conclusions semblables, par un simple Gore, de sorte que.

Nous pouvons maintenant discerner l’ordre dans lequel

l’esprit logique de Paul avait décidé à l'avance de classer et de traiter toutes ces matières hétérogènes. Par la raison que nous avons dite, il a placé en premier lieu les questions ecclésiastiques (divisions et discipline) auxquelles se rattachait le rétablissement de son autorité apostolique; car c'était là ce qui importait avant lout. Puis il à fait suivre ce premier groupe d’un second comprenant les sujets relatifs à la vie morale des membres de l’Église (procès, impureté, mariage, viandes sacrifiées). Îl a placé en troisième lieu les questions liturgiques, les sujets relatifs au culte des assemblées (tenue des femmes, sainte Cëne, dons spirituels). Enfin, pour couronnement, l’apôtre à gardé une question dogmatique (résurrection des corps), la doctrine étant à ses yeux ce qu'il y a de plus important, de plus vital, l'aliment de la foi. On voit aisément que, dans cet arrangement, le progrès va de lextérieur à l’intérieur.

La conclusion de la lettre est renfermée dans le ch. XVI: elle renferme des commissions, des nouvelles et les salutations finales.

4. V. 1-4. L'apôtre donne quelques directions relatives à l'exécution de la grande collecte qui se faisait à ce moment-là, en faveur des chrétiens pauvres de Jérusalem, dans les églises qu'il avait fondées en Asie et en Grèce. L’élévation habituelle des pensées ne nuisait point chez lui à l’esprit pratique. Nous en avons une preuve dans la mesure qu’il propose ici aux Corinthiens pour que leur collecte soit abondante, et cela sans peser sur eux d’une manière trop sensible. —- [l semble que le premier jour de la semaine füt déjà alors solennisé en quelque manière, sans doute en mémoire de la résurrection. Il ne résulte

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4 Lee ÉPITRE AUX CORINTHIENS.

pas cependant des termes de Paul que ce fût dans le culte commun que les offrandes dussent être déposées par chacun. Il s’agit plutôt, d’après les termes employés par Papôtre, d'un acte que chacun devait accomplir dans sa propre maison, afin que, quand il arriverait, on n’eût plus qu’à recueillir chez les fidèles les sommes toutes préparées. On peut s'étonner de ce que Paul, mentionnant les églises de Galatie, ne parle pas aussi de leurs voisines, celles de

Pisidie et de Lycaonie, qui avaient été fondées dans le pre-

mier voyage. La raison en est sans doute le fait qu’il n’avail donné une telle direction qu'aux premières. Du reste, elles prenaient aussi part à la collecte (Act. XX, 4 : Gaius de Derbe et Timothée). — Si Paul ne se rend pas luimême à Jérusalem avec la députation des églises, ce qui est encore incertain, 1l remettra aux délégués une lettre d'envoi accompagnant cet hommage offert à l’église mère. Que si la somme à offrir en est digne, 1l conduira luimême la députation. Il ne dit pas qu’il ira avec les députés, mais : QIls viendront avec moi. » Quels que soient les égards que Paul ait toujours pour ses compagnons d'œuvre, 1l n'oublie point ce qui est dù à sa dignité apostolique. Il n’est pas, comme les délégués, envoyé d’une église à une autre église; 1l est l’envoyé de Christ à l'Église.

2. V. 5-9. Le second sujet dont Paul entretient les Corinthiens, c'est sa prochaine arrivée chez eux, à laquelle il vient déjà de faire allusion. Il paraît que, dans une lettre précédente, il leur avait annoncé qu'il comptait se rendre d’abord d’Éphèse à Corinthe, puis de là en Macédoine, d’où il reviendrait pour un long séjour à Corinthe. Maintenant, 1l leur écrit qu'il a modifié son plan. IF passera d'abord par la Macédoine, puis se rendra de là chez eux. La raison qu'il donne de ce changement est celle-ci :

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D’après son ancien projet, 1l n'aurait pu les voir dans sa première visite qu’en passant. Or, 1l s’est passé des choses qui ne lui permettent plus d'en agir ainsi et qui lui font désirer de les voir plus longuement quand il les reverra pour la première fois. Un grand nombre d’interprètes voient dans les premiers mots du v. 7 une allusion à un court séjour que Paul aurait fait précédemment à Corinthe, avant cette lettre : «Je ne veux pas vous voir maintenant en passant (comme je lat fait une fois déjà précédemment). » Mais rien absolument ne justifie ce contraste, que l’on met dans le or, entre maintenant et précédemment. Le sens que nous venons d'exposer convient parfaitement à lexpression el au contexte, et nous indiquerons bientôt les raisons qui nous empêchent d'admettre une visite quelconque, longue ou eourte, faite par Paul à Cormthe avant notre lettre. — L’apôtre dit ensuite qu'il demeurera à Éphèse jusqu'à la Pentecôte (v. 8). La notice qui se trouve dans la souscription de lépitre, d’après laquelle Paul aurait expédié cette lettre de Macédoine, repose donc sur une erreur. Les anciens interprètes desquels elle procède ont pris à la lettre les mots : © Je passe par la Macédoine » (v. 5), tandis qu'ils indiquent simplement son nouveau plan de voyage. Puis 1ls ont appliqué ces mots du v. 8: « Je resterai à Éphèse jusqu'à..., » à un séjour postérieur à cette lettre.

3. V. 10 12. De sa propre visite, Paul passe à celle de Timothée, déjà annoncée au ch. IV, puis à la visite qu’il avait demandée lui-même pour eux à Apollos, visite que plusieurs d’entre eux attendaient sans doute avec impatience. De la manière dont il recommande Timothée au bon accueil de l’église, on doit conclure à une certaine inquiétude que Paul éprouvait touchant ce séjour de son Jeune et limide compagnon d'œuvre; comp. à ce sujet ce

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qui ressort de 2 Tim. [, 6-7 sur le caractère de Timothée. Et la tâche était grande en ce moment pour un si jeune homme auprès d’une telle église si engouée d’elle-même. Il avait à appuyer les sévères remontrances de l’apôtre et à faire prévaloir ses directions sur celles d’opposants hautains et hardis (voir IV, 18-20). — Paul ne partira pour la Grèce que quand Timothée sera revenu à Éphèse. Il Pattend, dit-il, avec les frères. Ces frères ne sont pas, me parait-il, des frères revenant avec Timothée. Il n’avait pas d'autre compagnon de voyage qu’Éraste, et nous ignorons si celui-ct n'était pas resté en Macédoine. Ce sont bien plutôt les trois députés de Corinthe qui attendaient avec Paul l’arrivée de Timothée pour s’entretenir avec l’apôtre des nouvelles qu’il rapporterait de l'effet produit par sa lettre. Ainsi ce détail, oiseux dans le premier sens, prend une signification particulière.

Quant à Apollos, Paul désire que les Corinthiens sachent non seulement qu’il n’a mis aucun obstacle à sa visite à Corinthe, mais qu’il l’a, au contraire, encouragée de tout son pouvoir. Les frères avec lesquels il devait se rendre à Corinthe sont les mêmes que ceux du v. 11, les trois délégués. Apollos s’est obstinément refusé à ce projet, quoi que Paul ait pu lui dire (comp. le révros, absolument), non pas, comme le dit Meyer, parce qu'il n’en avait pas le temps, mais parce que cela ne lui convenait pas en ce moment (ebxaseiv), et on le comprend. Il ressentait évidemment une sorte de dégoût pour Île rôle qu’on lui avait fait jouer à Corinthe comme rival de lapôtre.

De tout ce passage 1l résulte que la souscription de lépitre renferme une seconde erreur, partagée par plusieurs modernes (de Wette, Mangold, etc.), quand elle dit que notre lettre a été portée par les trois délégués de Corinthe. L'arrivée de cette lettre à Corinthe devait, au contraire,

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