VII, 4-16 : Arrivée en Macédoine; rencontre avec Tite
Arrivé en Macédoine sous le poids de perplexités de toutes sortes, Paul a été réconforté par la présence de Tite et plus encore par les nouvelles qu'il lui a rapportées de Corinthe. L'église s’est montrée à la hauteur de sa tâche et de l'attente de Paul. Il revient iei sur cette lettre si sévère, dont il avait parlé II, 4, mais à un nouveau point de vue. Là, il s'agissait de celui qui l'avait occasionnée et de ce qu'il y avait à faire à son égard. Ici, Paul ne
s'occupe plus que de ses propres sentiments envers l’église quand il l’a écrite, de lPintention qui la lui à dictée et de l'effet qu’elle à produit. Après Pavoir expédiée, il avait été tourmenté par la crainte de faire plus de mal que de bien; mais maintenant que Tite lui a retracé Pimpression qu’en a reçue l’église, il est rempli de joie; car ce qu'il voulait réellement, ce n'était au fond ni la punition du coupable, ni une satisfaction donnée à l’offensé, mais la manifestation de l’empressément de l’église à prendre en main la cause de son apôtre! (VII, 7-12).
Il ressort clairement de ces derniers mots, quoique plusieurs interprèles le méconnaissent encore, que l’offensé, c'était Paul lui-même (comp. le oèp und, v. 7), el que, par conséquent, l’offenseur ne peut nullement avoir été l’incestueux de 1 Cor. V, dont la faute n’était en aucun rapport direct avec la personne de Paul. On a supposé que cet offensé était le père de l’incestueux ; mais le terme d’édtxetv, faire lort, ne conviendrait en aucune façon à l’offense commise contre lui par son fils. Il y avait bien autre chose dans cette faute qu'un simple tort envers un pére. Que l’on se représente ce pêre vivant ou mort, on ne rencontre que des invraisemblances quand on essaie de lui appiquer la parole de Paul. Heinrici a essayé de faire de aduwnfévros un participe neutre : « le tort qui a été commis. » Ce serait le seul moyen de défendre l'application de ce terme au cas de l’incestueux. Mais ce sens est si peu naturel après le ro dduñoavros, qu'il ne se discute pas même. Nous devons donc conclure de ce passage, comme nous avons déjà dû le faire du passage If, 5 et suiv., qu’un outrage personnel ‘avait été fait à Paul, que l'église indisposée contre lui avait laissé passer la chose avec la même
1 D’après la vraie leçon (éu&y riv ôrtp nu@v).
384 9me ÉPITRE AUX CORINTHIENS.
mollesse avec laquelle elle avait toléré le péché de l’incestueux, et que Paul avait dû la rappeler sévêrement à son devoir envers lui dans la lettre perdue.
Dans les v. 13-16, Paul revient à l'expression de sa joie et insiste surtout sur celle de Tite, qui a pu constater que tout le bien qu'il lui avait dit des Corinthiens n’était pas exagéré. Paul sait maintenant par cette expérience, qui efface chez lui le souvenir de cet incident si douloureux, qual peut compler sur eux en loutes choses. I est évident que ces derniers mots font déjà allusion au second sujet qu'il a à traiter et en vue duquel 1l a beaucoup à leur demander, la collecte.
2 partie : La collecte (ch. VIT et IX).
Paul avait indiqué 1 Cor. XV, 1 et suiv. les mesures à prendre à l'égard de ce grand acte par lequel il désirait clore son ministère en Orient. Tite lui a rendu compte de l’état des choses à cet égard dans l’église de Corinthe; il est loin d’être satisfaisant. Le but de l'apôtre sera donc de stimuler la générosité des Corinthiens.
VII, 4-5. Il commence par leur présenter l’exemple des Macédoniens. Malgré leur pauvreté, les chrétiens de ce pays ont donné abondamment, en commençant par le don qui prête seul du prix à tout don, celui d'eux-mêmes.
VIII, 6-IX, 5. Get exemple l’engage à leur renvoyer Tite, afin qu’il continue à s'occuper, chez eux, de cette œuvre et que l’église élève sa charité à la hauteur de ses autres dons et réponde pleinement à la charité du Christ envers elle (v. 6-9). — L’apôtre ne donne pas aux Corinthiens un ordre, mais un simple avis, qui lui parait justifié par Île fait qu'ils s'étaient mis à l’œuvre et qu’ils avaient même exprimé