‹ Introduction au Nouveau TestamentChapitre 71 sur 144 · ES S · texte numérisé non relu

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l'intention d'accomplir cette œuvre avant les Macédoniens et dès l’année précédente (v. 10-12). — Assurément Paul ne veut pas les appauvrir pour en enrichir d’autres à leurs dépens ; il voudrait seulement qu'il y eùt de légalité dans le domaine temporel, afin qu'un échange pareil püt s’établir aussi dans le domaine spirituel entre ceux qui ont plus et ceux qui ont moins, conformément à la loi qui a présidé au don de la manne (v. 13-15). — Voilà les moüifs qui l’ont engagé à renvoyer Tite, dont il a reconnu la bonne volonté. Il lui adjoint deux délégués des églises qui, comme il l'espère, pourront constater la charité des Corinthiens et la vérité de l'éloge que Paul a fait d'eux (v. 16-

. 24). — On place souvent ici, comme l'a fait l'auteur de la

division de nos chapitres, le commencement d’un nouveau morceau. Semler a même pensé que le ch. [IX était un fragment d’une autre lettre que l’on avait inséré 1ei comme traitant du même sujet. Néander et Reuss ont supposé que l’apôtre avait été interrompu à la fin du ch. VIIT par une absence et que c’est la raison pour laquelle, en reprenant la plume, 1l annonce tout à nouveau le sujet. Mais Ho/fmann a montré que les cinq premiers versets du ch. IX forment la conclusion du morceau relatif au retour de Tite à Corinthe. Cette relation est indiquée par le yæge du v. 1; et le mév du même versel montre que lidée des v. 1 et 2 est subordonnée à celle du v. 3, où se trouve le dé correspondant, et doit être comprise en opposition avec elle, dans ce sens : « Sans doute à l’égard de la collecte en ellemême, 1l serait superflu de vous en écrire. Je vous ai fait connaître de bouche les motifs de cette mesure (ces motifs sont tous résumés dans l'expression pour les saints), mais Jai Jugé nécessaire de vous envoyer ces trois frères pour la prompte exécution de la mesure et afin que les Macédoniens qui viendront avec moi ne soient pas lé-

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386 9me ÉPITRE AUX CORINTHIENS.

moins de mon humiliation, si vous ne vous Irouviez pas à la hauteur de mes éloges. »

IX, 6-15. Pour achever d'encourager les Corinthiens, après les avoir pris par le point d'honneur chrétien, Paul leur présente Les fruils admirables qui résulteront de cette œuvre, si elle est largement exécutée. Dieu ne permettra pas qu'ils aient à regretter leur générosité; 1l les comblera plutôt de bénédictions nouvelles (v. 6-11). Cette assistance, qui comblera les besoins des saints, fera monter de Jéru-. salem des actions de grâces vers le ciel et rendra témoignage aux yeux de l’église de cette ville de la sincérité de la foi de leurs nouveaux frères, ensorte que leurs ferventes prières pour eux seront la réponse à la marque d'amour qui leur aura été donnée (v. 12-14).— En voyant ce lien spirituel se former entre les membres de ces deux parties de l'humanité jadis séparées, les chrétiens du judaisme et ceux de la gentilité qui se serrent la main comme frères, l’apôtre est saisi par la grandeur de cette œuvre qui lui a été confiée et rend grâces à Dieu pour son don imeffable (v. 15).

L'apôtre a commencé par le passé et en a relevé par ordre les principaux événements; il vient de traiter à fond la circonstance présente, l'affaire de la collecte; 1l tourne maintenant son regard vers l'avenir et en envisage en face le fait capilal, son arrivée prochaine à Corinthe et la conduite qu'il v tiendra.

me partie : Le prochain séjour de Paul à Corinthe (ch. X-XHD):.

Après les expressions de satisfaction dont le ch. VIT était rempli, il pouvait sembler que la réconciliation entre Paul et l’église füt scellée et le bon ordre rétabli; que, par con-

CONTENU DE L'ÉPITRE. Drefl

séquent, l’apôtre n’eût plus qu’à arriver à Corinthe pour se réjouir avec l’église ramenée sous sa houlette. C'est là une apparence qui a trompé bien des critiques et leur à fait trouver incompatible avec les parties précédentes le lon sévère et même menaçant de cette troisième partie. On à conclu de ce ton que c'était ici un fragment d’une autre lettre écrite soit après (Semler), soit avant / Wessse) les sept premiers chapitres. Et, partant de lPidée de Weisse, Hausrath s’est même demandé si ces quatre derniers chapitres ne formaient pas le fond de la lettre perdue, qui a dû être écrite entre nos deux épitres canoniques!. GCetle hypothèse a été accueillie favorablement par Pfleiderer, Schmiedel et d’autres; elle est repoussée par Weiss et Werzsæcker. Elle repose, croyons-nous, sur un malentendu. Les explications fournies par les sept premiers chapires étaient destinées à faire disparaitre certains motifs de défiance particuliers qui s'étaient élevés entre l’église et l’apôtre et à faire sentir à la première toute la gravité et l'élévation de la charge confiée par Dieu à celui-ci. Le ch. VIT avait la destination spéciale de clore l'incident pé-

nible pour lequel Papôtre avait été obligé d’attendre de

l’église une réparation. Mais avec tout cela, le fond des choses n’était pas encore atteint, le mauvais levain importé par les judaïsants travaillait encore ; les perturbateurs étaient présents. et agissants; une minorité qui avait refusé d’adhérer aux mesures réparatoires prises par l’église (I, 6), leur était toute dévouée. Un grand nombre de pécheurs chez qui une légèreté profane avait repris

le dessus, abusaient de l'impunité que leur procurait la

lâche tolérance de l’église (XII, 20-21), et l’ensemble de la

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