‹ Introduction au Nouveau TestamentChapitre 74 sur 144 · DR RU DR UE 10 MEURT OST · texte numérisé non relu

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exclusivement être de Christ, affirment que ces menaces de ma part ne sont que de pures vanteries, de fortes paroles comme on en lit dans mes lettres, mais que dément la faiblesse de ma présence. Qu'ils réfléchissent plutôt que ce que je suis en paroles, je le suis aussi en actes.

V. 12-18. Car je ne fais pas comme ceux qui, pour s’apprécier, prennent la mesure d'eux-mêmes sur eux-mêmes, ce qui est risible. Je prends ma mesure sur les faits que Dieu lui-même m'a donné d'accomplir en m'accordant de porter l'Évangile de Jérusalem jusqu’à Corinthe et en me permettant, je l’espère, de le porter plus loin encore. Voilà ma mesure, ma recommandation, c’est du Seigneur que je la tiens; elle vaut mieux que celle qu’on s’administre soi-même. |

€ 9. XI, 1-XIT, 18 : La supériorité de lapostolat de Paul.

L’apôtre examine s’il a manqué à son ministère quoi que ce soit qui puisse donner un motif de le démegrer, comme le font ses adversaires.

V. 1-4. Il va être obligé, dans ce qu’il va dire, de se vanter, comme le font les fous; mais que les Corinthiens veuillent bien le supporter! N'est-ce pas lui qui les a fiancés à l'époux céleste comme une vierge pure que lon cherche maintenant à détourner de la fidéhté? Et ils acceptent volontiers cette influence qui les arrache à leur véritable époux !

V. 5-15. Paul ne pense pas être pour rien dans ce chansement. Il n’a point été inférieur à ceux qui se gèrent maintenant au milieu d’eux, non seulement comme des apôtres, mais comme des archi-apôtres. On dit qu’il leur est inférieur au point de vue de la parole, mais en tout cas il ne l’est pas au point de vue de la connaissance. On lui fait un reproche d’avoir prêché l'Évangile gratuitement, et, quand il a eu besoin de secours, de les avoir tirés

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d’autres églises. Mais il en a agi ainsi, non parce qu’il ne possédait pas le même droit que les apôtres, mais pour l'honneur de l'Évangile et de l’église de Corinthe, et il continuera à le faire, non par manque d'amour pour eux, mais pour que ces élrangers qui viennent s'imposer à eux et vivre à leurs dépens ne puissent pas se vanter d'en faire autant que lui. Ces gens sont de faux apôtres qui se transforment en apôtres du Christ, comme Satan, leur maitre, se déguise en ange de lumière.

Il est à peu prés universellement reconnu aujourd’hui que Paul veut parler ici des agitateurs judaïsants. La seule question est de savoir quelle était leur relation avec les Douze. Nous nous sommes exprimé sur cette question p. 120 et 131, et sommes persuadé que le tutre d’archiapôtres, que leur donnait leur part à Corinthe, devait indiquer leur supériorité, non seulement sur Paul, mais même sur les Douze; c’étaient «ceux de Christ, » qui s’envisageaient comme supérieurs à Pierre et aux autres apôtres; à plus forte raison à Paul. Si ce terme n’eût désigné que les Douze, comme supérieurs à Paul, 1l eût concédé à celui-ci une place, quoique inférieure, dans l’apostolat.

V. 16-29. Il est insensé de se vanter; mais vous le permettez à ceux-là; vous, sages, vous supportez leur folie; vous vous laissez dominer, piller, souffleter par eux, comme pour compenser la faiblesse prétendue de léducation que Je vous ai donnée; laissez-moi donc aussi me vanter un peu. Comparons mon ministère au leur; 1ls sont Hébreux, race d'Abraham? — moi aussi! — Serviteurs de Christ? — moi plus qu'eux, en travaux, en plaies, en prisons, en périls mortels, en flagellations juives et romaines, en lapidation, en naufrages, en voyages et en dangers continuels et de toutes sortes, en veilles, en jeünes, en soucis pour

les églises, en tourments d’âme pour ceux qui se perdent : voilà mon état de services ! Que ceux qui me critiquent, essaient d'y comparer le leur.

V. 30-XIT, 11. Sans doute, c’est là une liste de pures infirmités. Je pourrais bien me vanter de traits en apparence plus glorieux; ainsi lorsque toute la grande ville de Damas était soulevée contre moi et que Je ne pus échapper qu'à la dérobée. Et que serait-ce si Je voulais parler 1e1 des visions et des révélations dont J'ai été l’objet? Ainsi lorsqu'il y à plus de quatorze ans, Je fus ravi — en corps ou en esprit? Je l’ignore — jusqu’au troisième ciel. Mais je me oarde de parler de ces choses, ne voulant recevoir de personne aucune autre considération que celle que ma présence elle-même lui inspire. Le Seigneur lui-même m'a donné en mon corps un terrible contre-poids pour combattre l’élévation que pourraient m’inspirer de si grandes oràces; car 1l sait bien — et il me l’a dit lui-même en réponse à mes prières -— qu'il lui faut ma faiblesse pour qu'il puisse être fort en moi.

V. 12-18. Qu’a-t-1l donc manqué à mon ministère à Corinthe? Les miracles? non! une seule chose : je n'ai rien voulu recevoir de vous; pardonnez-moi celte injustice ! Je vais retourner une troisième fois à Corinthe et ne changerai rien à ma manière de faire !. Ce sont les pères qui entretiennent les enfants et non l'inverse. — Soit! dira quelqu'un; mais 1l sait bien se dédommager par le moyen de ses envoyés. Qu’on dise si quelqu'un de mes délégués, si Tite, par exemple, a réclamé quelque chose de qui que ce soit!

1 Cette parole XII, 44 prouve, me paraît-il, sans réplique contre Baur, Hilgenfeld, etc. un second séjour de Paul à Corinthe avant celui qu'il annonce ici. Car quelle charge aurait pu imposer à l’église

un séjour de l’apôtre qui eût été simplement projeté et non réellement exécuté ?

39% 2me ÉPITRE AUX CORINTHIENS.

9. XIF, 19-XHIT, 10 : Sa prochaine manière d’agir à Corinthe. |

Ici commence le troisième morceau de cette partie. Saint Paul abandonne la personne de ses adversaires et se tourne spécialement vers les membres de lPéglise qui lui avaient déjà causé précédemment par leurs désordres moraux toute espèce d’humiliations et de chagrins. Il craint que les avertissements qu’il leur a adressés dans son dernier séjour ne les aient laissés impénitents!, et il se prépare dans ce cas à agir vis-à-vis d'eux avec toute l'énergie à laquelle Pappelle son apostolat. Les frois témoins, exigibles d’après l'Ancien Testament pour Papplication de la peine, seront là : son averlissement oral précédent, l’avertissement actuel dans cette lettre, enfin celui qui suivra, comme sommation définitive, à sa prochaine arrivée. Paul peut par moments se montrer faible, comme Christ quand il s'est laissé conduire à la croix. C’est ce qu'il avait fail dans son dernier séjour. Mais il peut aussi, quand il le trouve bon, agir dans la puissance de Dieu comme son Maitre ressuscité. Que chacun s’examine donc à l'avance et rentre en lui-même. Car, quant à lui, il préférerait beaucoup que, pendant son prochain séjour, la force püt être de leur côté et la faiblesse du sien. S'ils sont dans la vérité, ils n’ont rien à craindre de lui, car il ne peut rien contre

elle.

CONCLUSION DE L’ÉPITRE XII, 11-13. Après avoir ainsi mis au nel sa position

vis-à-vis de l’église et annoncé clairement la tâche qu’il remplira à son arrivée, Paul n’a plus qu’un mot d’encou-

1 Ce passage ne peut également faire allusion qu’à un séjour postérieur à celui de fondation.

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ragement à adresser aux Corinthiens. Il insiste surtout sur l'esprit d'union, de paix et d'amour. Il salue de la part des chrétiens de Macédoine; et, comme si le ministére chrétien, dont la pensée à rempli cette lettre, n’était qu'une transformation du sacerdoce de l’ancienne alliance, il traduit en langage évangélique la bénédiction mise par Moise dans la bouche du sacrificateur israélite, en souhaitant à l’église la grâce de Jésus le Seigneur, l'amour de Dieu le Père et la communion de PEsprit sant !

Circonstances de la composition.

Après l’analyse détaillée que nous venons de faire, nous pouvons tracer assez distinctement les traits essentiels de la situation extérieure et morale qui à provoqué la composition de cet écrit. |

Il n’y a aucune raison de supposer avec Néander que Timothée revint de Macédoine sans être parvenu à Corinthe, ou, avec Weiss, que l’apôtre le rappela de Macédoine parce l’arrivée des trois députés de Corinthe lui fit comprendre l'insuffisance des instructions qu'il lui avait données, ou enfin, avec Hofmann, que Timothée arriva bien à Corinthe, mais avant que la 1'e aux Corinthiens y fût parvenue, ce qui ôtail loute valeur à sa mission. Nous croyons plutôt que, conformément à lattente de Paul, 1 Cor. XVI, 11, Timothée revint de Corinthe à temps pour trouver encore à Éphèse les trois délégués et pour s’entretenir avec l'apôtre et avec eux de l’état des choses dans celte église à la suite de la lecture de notre première épitre. Son rapport n'avait sans doute rien de tranquillisant ; car il détermina l’apôtre à revenir à son premier plan qui

396 9me ÉPITRE AUX CORINTHIENS.

était d’aller directement à Corinthe. Dès ce moment, nous constatons les faits suivants : 1° Séjour pénible à Corinthe, brusquement terminé, mais avec promesse de retour (été 97). 2° Séjour en Macédoine et peut-être mission en Illyrie (Rom. XV, 19), mais sans nouvelles favorables de l’église de Corinthe. 3° Retour à Éphèse, sans avoir repassé par Corinthe (automne 57) 4° Envoi de Tite à Corinthe avec la lettre perdue et travail à Éphèse jusqu’au printemps 58, ce qui complète la rouërix d’Act. XX, 31. 5° Émeute de Démétrius et départ pour Troas. 6° Rencontre de Tite en Macédoine et son nouvel envoi avec notre épître (été 98).

Ordinairement on fait rentrer tous les événements de celte période dans le cadre étroit des quelques mois qui séparèrent la Pentecôte de 57, où Paul quitta Éphèse (selon son plan 1 Cor. XVP), de la fin de automne de cette même année, où il arriva à Corinthe et y fit le séjour d'hiver de trois mois dont parlent les Actes (XX, 2. 5). Voir Weiss, Sabatier (p. 149), etc. Mais, comme la bien montré Eylau!, il faut un temps beaucoup plus long'pour rendre compte de toutes les circonstances constatées, en particulier des trois ans du séjour d’Éphèse. L'hiver que Paul à passé tranquillement à Corinthe ne peut avoir été que celui de 58-59.

La 2e aux Corinthiens à donc été écrite en Macédoine dans le courant de l'été de l’an 98, et nos deux épiîtres canoniques ont été séparées l’une de l’autre par un intervalle de plus d’une année.

Wieseler a pensé que notre seconde épître avait été composée en deux fois; la première partie, ch. I-VI, avant l’arrivée de Title; la seconde, ch. VII-XIII, après que Paul avait entendu son rapport. Le passage IT, 6-11 ré-

1 Dans son intéressant programme : Zur Chronologie der Corintherbriefe, Landsberg, 4873, et plus tard dans d’autres écrits.

fute cette hypothèse; car 1l à été écrit, aussi bien que le Ch. VIF, sur le fondement des nouvelles rapportées par Tite. Ce qu’il v a de vrai dans cette manière de voir, c’est que les circonstances dans lesquelles se meut la pensée de lPapôtre et sur lesquelles 1l donne des explications dans les ch. I-VI, appartiennent à un temps qui avait précédé sa rencontre avec Tite. | Paul rappelle deux fois aux Corinthiens ce fait que l’œuvre de la collecte était déjà en voie de préparation chez eux depuis l’année précédente (VIE, 10 et IX, 2). Si c’élait ici une dale Juive, 1l faudrait placer le commencement de l’année où 1l écrivait ces mots soit de mars à avril (année religieuse juive), soit de septembre à octobre (année civile juive). Mais il est plus probable qu'il pense ici à une année grecque, soit à l’année macédonienne qui commençait à l’équinoxe d'automne, soit plus naturellement encore à l’année attico-olympique qui commençait au solstice d'été. Si notre lettre a été écrite dans Île courant de juin 98, avant le solstice de cette année, 1l faut remonter jusqu’avant le solstice d’été de l'an 57 pour dater le commencement de la préparation de la collecte à Corinthe, ce qui convient parfaitement au but de lapôtre qui est de blâämer la lenteur que les Corinthiens ont apportée à l’exécution de cette œuvre depuis si longtemps préparée. La silualion morale à, malgré certaines concessions faites par l’église, en général empiré depuis la première lettre, peut-être en partie par un effet de celte lettre même qui a exaspéré les agitateurs et indisposé contre l’apôtre une grande partie de Péglise. L’orgueil de ces jeunes chrétiens, si fermement démasqué et censuré, s’est révolté et a rendu les cœurs accessibles à toutes les accusations et à toutes les calomnies semées par les meneurs contre le caractère de Paul. — Des quatre

398 92me ÉPITRE AUX CORINTHIENS.

partis il n’en reste plus qu’un seul dans lequel s’est concentré tout le venin de la haine contre l’apôtre. D’après Eylau et Pfleiderer!, ce serait celui de Pierre, ce qui est tout à fait invraisemblable et contraire au passage très clair 2 Cor. X, 7 : «Si quelqu'un se persuade d’être de Christ, » par où l’on voit que c’était le parti de Christ qui avait surnagé, après que les autres avaient laissé tomber leurs oppositions. Autour de ce noyau essentiellement hostile se groupaient les mécontents d’origine grecque dont Paul avait sévèrement réprimandé les habitudes immorales. Malgré la crise favorable qu’avaient provoquée la présence de Tite et la lettre dont il était chargé, cet état de l’église était demeuré jusqu’à un certain point le même jusqu'au moment où Paul écrivit notre seconde lettre. L'expression 2 Cor. VII, 16 : «Je me réjouis de ce qu'en toutes choses je puis compter sur vous, » est un euphémisme résultant de la bonne impression qu’il avait reçue sur quelques points parüculiers, une forme propre à les encourager, soit à activer la collecte, soit, en général, à ne pas rester au-dessous de son attente favorable.

Authenticité et intégrité.

Le caractère très particulier de cette lettre est peut-être la raison pour laquelle elle est moins expressément citée que la première. Ainsi dans l’épître deClément Romain ne se trouve que l'expression ivorrot/6uebx (36, 2), qui paraît

1 Pfleiderer, parce qu’il n’envisage pas «ceux de Christ » comme un quatrième parti ; Eylau, parce qu’il envisage « ceux de Christ » de la même manière que Schenkel et que le parti judaïsant est formé selon lui par « ceux de Pierre. »

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rappeler ? Cor. IE, 18; dans Jgnace, ad Trall. (3, 3) : le terme oifoux ; comp. 2 Cor. 1, 23 et XII, 6. Dans Polycarpe (4, 1) : drda rüc dwouocbvns; comp. 2 Cor. VI, 7. Le beau passage de la lettre à Diognèle, 5, 8, est évidemment calqué sur 2 Cor. VI, 8-10. L’admission universelle de 2? Cor. vers la fin du I° siècle est constatée par le fragment de Muratori, les versions syriaque et latine, les citations d’Athénagore, de Théophile, d’Irénée, de Clément d'Alexandrie et de Tertullien.

Quant aux preuves internes, nous nous bornons à dire que le savant qui, à travers ces pages, ne sait pas discerner la vivante personnalité de saint Paul, doit avoir, dans le travail du cabinet, perdu le sens des réalités.

L'intégrilé a d’abord été révoquée en doute, comme nous l'avons dit, au sujet des passages VI, 44-VIT, T et ch. IX. Nous croyons avoir dissipé les apparences qui avaient fait naître ces doutes. En Hollande, il est aujourd’hui une école qui semble vouloir réaliser en théologie, à l’égard du texte apostolique, le tableau fameux de la leçon d'anatomie de Rembrandt. Schmuedel, qui ne sympathise guére avec elle, parait cependant disposé à lui donner raison pour le passage Xf, 31-33. Mais nous avons cherché à montrer comment ce passage rentre dans le contexte. Deux théologiens allemands ont porté sur notre épitre une main plus hardie encore : Jlugge a essayé de refaire avec nos deux lettres trois épitres de l’apôtre, l’une de l'hiver 56-57, composée de huit fragments de la 4re aux Corinthiens; la seconde, de Pentecôte 57, comprenant six morceaux de 1 Cor. et quatre de 2 Cor.; la troisième, de juin 98, renfermant les sept premiers chapitres de 2 Cor., puis le neuvième, enfin les quatre derniers versets de l'épitre. Schürer n’a-t-1l pas eu raison de dire que, si l'intention d’un pareil travail n’a pas été de fournir des armes à ceux

400 2me ÉPITRE AUX CORINTHIENS.

qui dénigrent la critique biblique, c’en est du moins là le résultat?

Nous avons déjà indiqué les raisons qui nous empêchent de souscrire à l'hypothése de Hausrath dans son Viercapilel- Brief. Les raisons par lesquelles il cherche, ainsi que Pfleiderer et Schmiedel, à démontrer la priorité de ces quatre chapitres par rapport à la composition des neuf premiers, n’ont pas besoin d'être réfutées en détail après que nous avons montré que, jusqu’à la fin du ch. VIE, il ne s'agit que du règlement de faits particuliers et incidentels et que depuis le ch. X seulement Paul entame la question solennelle de sa relation avec l’église entière, telle qu’elle doit se décider à son arrivée. Il me paraît que, cela compris, l'unité de la lettre ne peut faire doute.

Conclusions.

Si nous comparons la 2° aux Corinthiens avec la pre-

mière, nous sommes frappés d’un contraste de fond et de forme. Le sujet de la première est le bon ordre dans l'Éolise, sa réf, comme dit Paul lui-même 1 Cor. XIV, 40. Le sujet de la seconde est le ministère chrétien, la dioxovix dont Paul dévoile la grandeur, le sublime objet et la véritable origine. Rien de moins conforme à sa pensée que de faire de ce ministère une émanation de l’Église, son organe représentalif. Cest une délégation de Dieu luimême au monde pour lui annoncer l’œuvre de réconci-

‘ Nous n'’insistons pas de nouveau ici sur l'énorme invraisemblance qu'il y aurait à ce que des lettres de l’apôtre conservées dans les archives de l’église eussent été aussi arbitrairement manipulées que le supposent cette hypothèse et celle de Hagge.

liation que Dieu a accomplie en sa faveur et le supplier de l’accepter. C’est de cette proclamation que naît continuellement l’Église, comme assemblée de ceux qui acceptent ce message, de sorte que l'Église nait du ministère et non l'inverse, quoiqu'il soit vrai, d'autre part, de dire d'elle, comme Paul le disait de la femme (1 Cor. XI, 11), que, si l'Église n’est pas sans le ministère, le ministère, à son tour, n’est pas non plus sans l’Église. Sans doute, Paul lui-même parle VII, 23 d’apôtres (délégués) des églises, mais il les distingue profondément de lui-même et de son représentant Tite. Ceux-là n’ont qu’une mission spéciale d'église à église; son ministère à lui et à Tite vient de plus haut et possède une mission permanente.

A ce contraste des sujets répond celui du ton. Sévérité mesurée, indignation contenue, style calme et suivi : tel est le langage de la première épître. Langage tout plein d'émotion, d’effusions de douleur, d'angoisse et d'amour, d’éclats d’indignation, de sarcasmes vibrants, d’élans semblables à des torrents de lave, voilà le style de la seconde. Je ne comprends pas que P/leiderer et Sabatier puissent comparer cette lettre au roulement lointain d’un orage qui à passé. Il gronde encore dans son plein.

Si nous comparons celte épitre à celle aux Galates, nous remarquons une singulière différence entre la manière dont les judaïisants avaient procédé en Galatie et leurs agissements à Corinthe. Là, ils n'avaient pas craint de se présenter avec les exigences judaiques les plus grossières, la circoncision, la distinction des aliments, les fêles, elc. À Corinthe, où 1ls avaient à faire avec des esprits plus cultivés et plus raffinés, ils avaient laissé de côté ces observances et présenté le Judaïsme sous son aspect le plus élevé, au point de vue de sa beauté morale, tout en y Joignant certains éléments spéculatifs de nature plus ou

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