‹ Introduction au Nouveau TestamentChapitre 75 sur 144 · MATE ÉPITRE AUX CORINTHIENS · texte numérisé non relu

MATE ÉPITRE AUX CORINTHIENS

moins dangereuse, propres à satisfaire les goûts helléniques. De là la différence totale de la lutte livrée dans l'épitre aux Galates et de celle que nous l'ouvons entamée dans la première épitre et menée à son terme dans la seconde.

Quant au pagano-christianisme, c’est avec les épitres aux Thessaloniciens que nous devons comparer la nôtre, et nous constatons par ce rapprochement que les préoccupations eschatologiques qui dominaient si puissamment lors de la fondation des premières églises grecques, s’élaient déjà considérablement affaiblies. En échange, les déviations morales avaient pris un caractère beaucoup plus alarmant, et la manière dont Paul parle des vices qu'il sera obligé de réprimer, dépasse de beaucoup ce qu’il avait eu l’occasion de dire aux Thessaloniciens. Les débordements auxquels 11 sera fait allusion plus tard dans les Pastorales, dans lépitre de Jude el dans les premiers chapitres de l'Apocalypse ne seront que le développement de cette tendance profane et charnelle dont nous trouvons ici les premiers symptômes. |

A l'égard de la personne même de l’apôtre, aucune épitre n'est propre à nous la faire connaître comme la seconde aux Corinthiens. De même que le géologue qui désire étudier les couches les plus profondes de lécorce du globe, n'ira pas dans un pays de plaine, mais se rendra dans une contrée abondante en profondes déchirures, où les torrents fouillent et refouillent sans cesse le sol des vallées, ainsi celui qui veut connaître dans toutes ses profondeurs l'âme de saint Paul devra ouvrir non les épitres aux Romains ou aux Philippiens, ni même la première aux Corinthiens, mais la seconde lettre adressée à celte église. C’est là qu’il pourra toucher au doigt tout à la fois son humilité chrétienne et sa fierté apostolique, sa sensi-

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