‹ Introduction au Nouveau TestamentChapitre 82 sur 144 · V. 19-91. Le parallèle entre Adam et Christ · texte numérisé non relu

V. 19-91. Le parallèle entre Adam et Christ

C’est ici, si je me trompe, le développement du dernier trait formulé dans le thème I, 21. 22 : une justice ex rävrac, deslinée à lous, xaù èri mavrag tods miotetovruc, el accordée à lous les croyants ‘.

L'œuvre d’un seul homme a-t-elle réellement pu procurer la justice à lhumanité tout entière ? Paul tire la

2 Voir la note p. précédente.

réponse à cetle question du fait de la chute, avec lequel seul peut être mis en parallèle celui du salut. Quatre pensées principales dans ce morceau :

a) NV. 12-14 : La mort de tous est provenue d’un seul. Ce qui prouve bien en effet que ce seul a transmis la mort à tous, c’est que les faits démontrent qu’il leur a transmis à tous le péché, éo’ & révres fuaorov (comme cela ressort de ce que tous ont fait acte de péché). Or le péché n'est puni de mort que lorsqu'il est la violation d’une loi positive. Mais une telle loi n’exislait pas entre Adam et Moïse, et cependant l'on mourait. Les hommes meurent donc, non par leffet de leur propre péché, mais par l'effet de la sentence prononcée sur le premier péché. Et c'est précisément en quoi il y a parité entre Adam et le Christ.

b} V. 15-17 : En dedans de cette parité, 1l y a cependant une double différence à remarquer. D'abord, quant aux causes agissantes des deux côtés : du côté d'Adam, une simple faute; du côté de Christ, un double facteur, la grâce, l'amour plein de compassion de Dieu, et le don fait par Dieu aux hommes d’un autre amour, d’un être, homme comme eux et plein lui-même d'amour pour eux. On comprend que laction de cette double puissance a dù non seulement s'étendre aussi loin que l’action de la faute d'Adam, mais infiniment prévaloir (reprooeuaw) sur elle.

Il n'aurait pas suffi en effet qu’il v eût du côté du salut

aulant de force que du côté de la chute; cette égalité eût amené une lutte, mais non fondé la victoire (v. 15). Et cela d'autant plus que l'effet à obtenir par l’œuvre du

Christ est infiniment plus considérable que celui qu'avait

produit le péché d'Adam. Iei, un seul péché frappé d’une condamnation; là, une justification à obtenir, non seulement pour ce seul péché, mais encore pour chacun de ces

innombrables péchés ajoutés au premier par les descendants d'Adam dans le cours des âges (v. 16). Or telle a été la justification obtenue par Christ. En effet, si la condamnation qui à frappé la faute unique est certaine (comme le prouve le règne de la mort qui en est résulté), d’autre part, chez ceux qui saisissent ces deux causes de salut infiniment supérieures en force : la surabondance de la grâce et le don gratuit de la justice, doit résulter de là plus certainement encore leur justification personnelle, comme le montre le régne de vie qu’ils exerceront tous, par l'œuvre de ce seul Jésus-Christ (v. 17).

En tenant compte de ces deux différences de causes agissantes et d'effets produits, l’apôtre peut maintenant achever le parallèle commencé au v. 12 et interrompu dès le v. 15.

ce) V. 18-19. Reprise et conclusion du parallèle.

L’universalilé de la Justification, qui enlève l’universalé de la condamnation, est donc réelle (v. 18). Comme celle-ci repose sur un acte (un fait moral), la désobéissance d’un seul, qui à constitué tous les hommes pécheurs. celle-là repose également sur un acte, l’obéissance d'un seui, qui constitue justes tous ceux qui se Papproprient (v.19).

d) V. 20-21. Le rôle de la loi.

Entre ces deux économies universelles el opposées de mort et de salut, que devient la loi, cette institution qui a joué un si grand rôle dans lPhistoire de l'humanité, qui était même le moven de salut, au point de vue juif? Entre ces deux époques qui se partagent l’histoire, elle semble disparaitre. Et, en effet, la loi n’a eu qu’un rôle subordonné, transitoire; Sa mission à été d'amener le péché à son plus haut degré de mamifestalion, afin que la grâce püt se déployer aussi dans toute sa richesse. Elle à ainsi, pendant la période du règne du péché et de la mort, frayé la voie au règne de la vie par la justice.

he

Aucune épiître de saint Paul, aucun écrit humain peutêtre, ne renferme un chef-d'œuvre de dialectique PAFÈ à celui que présente ce morceau.

IT. Ch. VEVIH, 17. La sanctification en Christ, sans la loi.

Ce morceau est le complément du précédent. Il montre comment la mort de Christ, tout en nous affranchissant de la condamnation et nous donnant la justice, nous délivre en même temps du péché et nous conduit à la sainteté. Et, en effet, s’il en était autrement, l’état de péché, persistant comme auparavant, ferait renaitre la condamnation et ne laisserait rien subsister de la justification momentanément reçue (voir VI, 16. 23 et VIT, 13). L’apôtre introduit ce nouveau sujet par une objection qu'il se fait à lui-même.

Le pardon gratuit accordé à la foi. tel que Paul vient

de lPexposer, ne peut-il pas conduire le croyant à persévé-

rer en toute sécurité dans le péché et même à s’y complaire, afin de faire abonder d'autant plus la grâce ? Comp. l'accusation à laquelle Paul a fait allusion HF, 8. La réponse à celle supposition est renfermée dans ces {rois chapitres :

I y a pour le croyant, dans la mort de Christ, une puissance de mort au péché et dans sa résurrection une puissance de consécration à la sainteté, et cela sans qu’il soit besoin de l'assistance de la loi (VI, 4-VIF, 6). — La loi, bien loin de donner la mort au péché, maintient l’homme sous le joug du péché (VIT, 7-25). — La victoire effective sur le péché est l’œuvre du Saint-Esprit accordé au croyant justifié [VIII, 1-17).

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