IV. VIT, 31-39. La plénitude du salut
Ce dernier mot : glorifier, transporte l'apôtre au terme du plan divin. De là, il regarde en arrière pour contempler cette échelle de grâces dont il vient de gravir les degrés et clore par un cri d'assurance et de gralitude cet exposé du salut : Nous avons désormais Dieu pour nous, et non plus contre nous. En nous donnant le Fils, il nous
a tout donné : Justification, sanclification, victoire sur les souffrances du temps présent, sur le martyre même. Devant nous, union indissoluble avec le Dieu dont l'amour nous a étreints pour toujours en Jésus-Christ!
Le salut comme fait humanitaire (IX-XI.
Cette joie de l’assurance du salut que vient d’exprimer Paul au nom de tous les croyants, est troublée par un . fait qu'il ne saurait oublier un instant : l'exclusion d’Israël de ce bonheur. Sans doute, il en est privé par sa propre faute; il a été rejeté par l’effet de son incrédulité. Mais ce sujet de tristesse n’en subsiste pas moins pour lapôtre des Gentils, Juif lui-même et d’origine et de cœur. Ce fait mystérieux soulève en outre les plus graves problèmes sur la conduite de Dieu envers son peuple et envers les hommes. Est-il possible que Dieu ait consenti à ce que son peuple élu fût privé du salut pour lequel il l'avait si spécialement préparé? Quel motif a-t-1l pu avoir pour en agir de la sorte envers lui? À quoi peut servir une telle dispensation? L’apôtre résout ces questions dans les trois chapitres suivants; et c’est ainsi qu'il en vient à jeter un regard sur toute l’histoire du salut au sein de humanité. Il défend d’abord La liberté de Dieu (EX, 1-29); il jusüfie ensuite l’usage que Dieu en a fait en cette circonstance (IX, 30-X, 21); il montre enfin les conséquences salutaires que Dieu à eues en vue dans cette dispensalion (ch. XD).
1. IX, 1-29. La liberté de Dieu en face de sa propre alliance.
a) L’apôtre exprime la douleur sans bornes que lui cause le fait qui va l’occuper et qu’il n’a pas même le courage d’énoncer. Cette douleur est proportionnée à la
sublimité des prérogatives dont Dieu avait doté le peuple qu’il vient de rejeter pour adopter celui des croyants (IX, 1-5).
b) Plusieurs antécédents dans l’histoire sainte, comme les exclusions successives d’Ismaël et d'Esaü, deux descendants d'Abraham selon la chair, faisaient déjà comprendre que Dieu n’est point lé par le privilége de la filiation charnelle (v. 6-13).
c) Dieu en effet reste toujours libre dans ses dons, comme dans ses châtiments, en ce sens que nul, pas même Moise,.<ne peut dire qu'il a droit à ses faveurs, encore moins se croire de droit exempt d’un châtiment semblable à celui dont Dieu a frappé Pharaon. La distance entre le Créateur et la créature est trop grande pour que celleci puisse discuter sur le droit de Dieu vis-à-vis d’elle, pas plus que l'argile, si elle pouvait penser, ne pourrait eritiquer la destination que le potier trouve bon d’assigner aux différentes parties de la masse qu'il a en mains. Aussi, lorsqu'il plaît à Dieu d’agir comme 1l le fait maintenant, soit en déployant envers Israël sa Juste colère longtemps contenue, soit en faisant miséricorde aux paiens, appelés au salut aussi bien que les Juifs, pour former le corps des élus, lorsqu'il en agit de la sorte, comment pourrionsnous juger ses décrets? (v. 14-24).
d) Cette conduite est parfaitement conforme, d’ailleurs, à tout ce qu'il avait annoncé à l’avance par Osée et par Ésaïe à l'égard des uns et des autres (v. 25-29).