‹ Introduction au Nouveau TestamentChapitre 88 sur 144 · Ch. IX, 30-X, 21. La faute d'Israël · texte numérisé non relu

Ch. IX, 30-X, 21. La faute d'Israël

Mais Dieu n’a pas agi arbitrairement en rejetant Israël, qui s'est lui-même attiré ce châtiment.

a) Uniquement préoccupé d'établir sa propre justice, fondée sur l’œuvre légale, il a méconnu la fin de léconomie mosaique dont la venue du Messie était le signal. Et

cependant Moïse lui-même avait déjà préparé Le peuple à une Jjuslice tout autre que celle de la loi, à un salut dont »- , pus l’homme n’est pas l'artisan, mais qu’il reçoit tout accompli par Celui qui est monté au ciel et descendu aux enfers pour nous, salut graluit que nous n'avons plus qu'à accepter par la foi du cœur et à professer de la bouche (IX, 20-X, 11).

b) De cette inintelligence de la graluilé du salut divin, ilest résulté qu’il n’a pas compris non plus la destination universelle de ce salut et le devoir de le prêcher à tous les peuples. Comment les hommes, en effet, y croiraient-ils, s’il ne leur était prêché? Ce postulat a été rempli; il Pa été envers Israël comme envers tous les autres peuples. Voudrait-on excuser l’inintelligence d'Israël en disant qu’il ne pouvait s'attendre à ce que le salut füt ainsi offert gratuitement à tous? Mais Moïse avait déjà annoncé que l'appel des paiens serait ie moyen par lequel Dieu stimulerait les Juifs à jalousie. Et Ésaïe n’avait pas manqué de mettre en garde Israël contre sa résistance opiniâtre aux appels de son Dieu (v. 12-21).

Israël s’est done mis en travers du plan divin par son oreueilleuse prétention de maintenir le régime légal et par les entraves qu’il n'a cessé d'apporter à la prédication du salut aux païens : voilà la raison pour laquelle Dieu a dû le mettre de côté.

3. Ch. XI. Les limites et les bienfaisantes conséquences du rejet d'Israël.

Après avoir justifié l’exclusion d'Israël au point de vue de la liberté et de la justice de Dieu, Paul explique cette dispensation inattendue en faisant voir son wlilité pour le règne de Dieu, dans la mesure où il a plu à Dieu de la décréter. Le rejet d'Israël n’est pas absolu ; car 1l n’est ni total, ni définitif. C’est une mesure partielle et temporaire,

qui prendra fin avec l'entrée des paiens dans le régne de Dieu.

a) Iest si vrai que le rejet d'Israël n’est que partiel, que Paul lui-même, tout Juif qu'il est, a élé l’objet de l'appel divin. Israël ne voulait absolument pas consentir à lâcher sa loi. Qu’a fait Dieu ? Il la aveuglé dans la majorité de ses chefs et de ses membres, afin qu’il méconnût son Messie ; 1l s’est ainsi trouvé par le fait même en dehors du règne divin (v. 1-10).

b) Mais ce rejet partiel n’est lui-même que lemporare.

Il est destiné d’abord à ouvrir toute large aux païens la porte du salut, en dégageant l'Évangile de toute enveloppe légale ; puis à y ramener les Juifs eux-mêmes. Car leur réintégration est certaine ; elle doit même être le moyen d’une résurrection spirituelle dans le monde entier. Aussi Paul, en remplissant sa mission d’apôtre des paiens, ne perd-1l jamais de vue l'influence salutaire que leur conversion doit exercer sur Israël, comme aussi celle non moins bienfaisante que la conversion d'Israël doit avoir sur lPhumanité tout entière (v. 11-15).

. ec) Ici Paul s’'interrompt pour avertir les paiens de ne pas se livrer, vis-à-vis de l'ancien peuple de Dieu maintenant rejeté, à un orgueil semblable à celui qui a perdu celui-ci. Car ce peuple est saint par sa divine élection et sa Consécration originaire, tandis que les paiens sont de nature profane. Par conséquent, l’orgueil qui a perdu les uns, ne manquerait pas de perdre aussi les autres, et la foi qui sauve ces derniers peut à plus forte raison sauver encore les premiers (v. 16-24).

d) Enfin, le plein jour jeté par la révélation divine sur toutes ces dispensations successives : Îl arrivera que, dés que la totalité des païens sera entrée dans l’Église, Israël sera relevé de sa chute, et que, comme Israël a été mo-

mentanément rejeté en vue de faciliter la conversion des paiens, la conversion des païens sera à son tour le moyen que Dieu emploiera pour ramener Israël. Et ainsi toute la famille du Père sera reconstituée au complet. Tels sont les vores et les jugements de Dieu : Tous les peuples successivement humiliés par une phase de désobéissance, afin que tous deviennent successivement les objets de la miséricorde (v. 25-39).

À la fin de ce tableau des desseins de Dieu dans le développement général du salut, l’apôtre s'arrête pour contempler ce vaste plan, comme il Pavait fait à la fin du ch. VIIT en terminant l’exposé du salut individuel, et il rend hommage à Dieu, qui dirige toutes choses pour sa gloire (v. 33-306).

Cet exposé du salut individuel et de l’histoire du salut au sein de l’humanité laisse-t-il quelque chose à désirer ?

Le salut par la foi et le mode inattendu de son développement dans l’histoire, voilà les deux grands sujets qui conslituent à proprement parler l’évangile de Paul. Mais l'apôtre n’en restait pas là dans son enseignement oral. }| montrait encore à ceux qui avaient cru, la manière dont ils devaient vivre, une fois sauvés. Sur ce point-là aussi 1} possédait une lumière apostolique (XIT, 5). Cest ce nouveau côté de la vérité évangélique qu’il expose dans les ch. XITet XII, suivis d’un supplément (XIV, 1-XV, 13). L’on se trompe fréquemment en ne voyant dans les ch. XII et XII qu’une série de préceptes isolés qui se suivent plus ou moins accidentellement. Si l’on comprend bien cet exposé de la conduite du croyant sauvé, on reconnait qu'il n’est pas moins méthodiquement et rationnellement ordonné que toute la partie de lépitre que nous avons étudiée jusqu'ici.

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CONTENU DE L’ÉPITRE. 425 La vie dans le salut (KU, 1-XV, 15).

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