CONCLUSION ÉPISTOLAIRE (XV, 14-XVI
Cette conclusion reprend la forme épistolaire abandonnée depuis [, 16. Pour les idées aussi, elle se relie étroitement au préambule, 1, 1-16, qu’elle complète, comme nous le verrons.
4. AV, 14-21. Paul s'excuse de la hardiesse d’une pareille lettre adressée à une église qui possède dans son sein tous les moyens de pourvoir à son édification et à la correction mutuelle de ses membres. il en a agi ainsi, c’est qu’il a reçu de Dieu la mission de servir l'Évangile auprès des peuples païens. Cette tâche, il l’a remplie jusqu'ici par un ministère marqué de tous les signes d’un véritable apostolat, et qui l’a conduit de Jérusalem à lAdrialique, sans que jamais il mit le pied ailleurs que dans des villes et des contrées où le nom de Christ n’avait point encore été annoncé. C’est à ce travail apostolique qu’appartient la lettre qu’il leur adresse en ce moment. Cette explication correspond à celle qu’il avait donnée dans ladresse, 1, 3-6.
2. V. 22-55. Il fait part de ses plans à ses lecteurs. Le devoir de prêcher l'Evangile partout où il n’était pas encore connu, est la raison qui l’a empêché jusqu'ici de se rendre à Rome pour v remplir sa mission. Mais maintenant que cette lâche est accomplie en Orient, il a résolu de se rendre en Espagne, où le lerrain est encore vierge, et cela en passant par Rome, où il éprouve le vif besoin de visiter l’église déjà fondée. Seulement, auparavant, il doit se rendre à Jérusalem pour y porter le produit d’une collecte qu'ont faite en faveur des pauvres de léglise mère les chrétiens de Grèce. Et comme ce voyage n’est pas sans danger et que l’accueil fait à celte collecte dépend de la bénédiction divine, Paul demande aux Romains de s’associer à sa démarche par leurs prières, afin que son voyage ait un plein succès et qu'il puisse arriver bientôt Joyeux au milieu d'eux. Tout ce morceau est le complément de celui dans lequel il avait exprimé dans le préambule son vif désir de les visiter aussitôt que Dieu lui en ouvrirait les voies (1, 11-16).
3. XVI, 1-2. En attendant, 1l recommande au bon accueil des Romains une diaconesse de la ville de Cenchrées, le port oriental de Corinthe, car elle lui a rendu personnellement beaucoup de services. Nous comprenons par cetle recommandation que c’est elle qui sera la porteuse de cette lettre.
4. NV. 3-16. À cette recommandation, il joint des salutalions pour un grand nombre de frères établis à Rome. Nous rencontrons ici vingt-cinq noms, dont six seulement sont d’origine latine, ce qui fait supposer que plusieurs de ces personnes étaient venues du dehors. C’est ce que confirme la manière dont lapôtre parle des relations personnelles qu'il à soutenues avec la plupart d’entre elles. Comme 1l n'avait jamais été à Rome, c'était en Orient qu’il devait les avoir connues el avoir Joui de leur collaboration. Nous constatons ce fait par les premiers noms indiqués dans cette liste, ceux d’Aquilas et de Priscille, qui avaient travaillé avec lui à Corinthe et Éphése. D’après cela, 1l est vraisemblable que nous devons admettre la même chose à l'égard de lous les autres et que c’étaient là des évangélistes des deux sexes, qui, des églises d’Asie et de Grèce, s'étaient transportés à Rome. L’apôtre invite les membres de l’église à leur transmettre ses salutations, puis à se saluer mutuellement par le saint baiser. Il leur transmet à cette occasion les salutations de toutes les églises d'Orient qu'il a visitées récemment en parcourant encore uné fois avant son départ la Grèce et l'Asie.