‹ Introduction au Nouveau TestamentChapitre 98 sur 144 · ÉPITREN DE LA CAPTIVITÉ · texte numérisé non relu

ÉPITREN DE LA CAPTIVITÉ

De Corinthe à Rome.

Après avoir écrit l’épitre aux Romains et avoir passé à Corinthe les trois mois de l'hiver 58-59, l’apôtre partit au printemps pour la Judée avec les délégués chargés de remettre la collecte aux chefs du troupeau de Jérusalem. Sopaler, dont nous avons vu la salutation Rom. XVI, 21, représentait l’église de Bérée, Aristarque et Second celle de Thessalonique, Luc probablement (Act. XX, 6, nous) celle de Philippes, Gaius et Timothée celles de Lycaonie, Tychique et Trophime celles de la province d’Asie. Les Galates, qui avaient aussi pris part à la collecte (1 Cor. XVI, D), paraissent n'avoir pas eu de députés particuliers. Peut-être avaient-ils envoyé directement leur part à Jérusalem. Nous ignorons également le nom des délégués de église de Corinthe.

Le bruit de certaines embüches dressées par les Juifs engagea Paul à renoncer à la voie de mer et à prendre la route de terre. La députation arriva à Philippes au moment de la Pâque, et tandis que la plupart de ses membres se rendaient immédiatement à Troas, Paul et Luc restérent à Philippes pour y célébrer la fête; après quoi ils reJoignirent ceux qui les avaient précédés et restèrent huit jours à Troas. On connait les circonstances remarquables de la dernière nuit que Paul passa au sein de cette église (Act. XX, 7-12).

es LT es

DE CORINTHE à ROME. 487

Le lendemain, tandis que ses compagnons repartaient par mer, Paul, désirant sans doule être seul avec le Seigneur après de si vives émolions, traversa à pied le promontoire qui sépare Troas d’Assos, où il rejoignit le navire!

Après trois Jours on arriva à Milet, où Paul avait donné rendez-vous aux Anciens de l’église d'Éphèse, parce qu'il ne voulait pas risquer d’être retenu dans cette ville où 1} avait tant d'amis. Son désir était d'arriver à Jérusalem pour la Pentecôte ; 1l n’avait donc pour tout ce voyage que les cinquante jours qui séparent la Pâque de cette fête. On se rappelle le discours d’adieu par lequel il prit congé, à Milet, des Anciens d'Éphèse, en leur faisant entendre qu'ils ne le reverraient plus ici-bas. Celte prévision était naturelle, puisqu'il n'avait humainement devant lui que ces deux perspectives, mourir à Jérusalem ou se rendre en Occident pour y achever son ministère.

Les jours de voyage sont comptés dans le récit de Luc avec une minutieuse exactitude. Il y eut un arrêt de sept jours à Tyr. À Césarée, qui était comme le port de Jérusalem, eut lieu chez l’évangéliste Philippe la rencontre de Paul avec le prophète Agabus et le refus positif du premier d’obtempérer aux supplications de l’église qui le conjurait de renoncer au voyage à Jérusalem.

Dés le lendemain de son arrivée dans la capitale, Paul se rendit chez Jacques, chez qui le Conseil des Anciens était assemblé, et il s’acquitta, avec les députés qui l'avaient accompagné, de la commission dont les églises des Genüls les avaient chargés. Ce fut à ce moment que lui fut adressée la demande de se joindre à quelques Juifs qui

i Comp. le récit du voyage de Zinzendorf, de Dantzig à Memel, le long de la mer Baltique, dans la Vie de Zinzendorf, par Spangenberg.

Page 1