DE CORINTHE À ROME
accomplissaient dans le temple un vœu de naziréat, afin de calmer les appréhensions des milliers de judéo-chrétiens qui étaient présents à la fête et à qui lon avait fait croire que Paul s’efforçait d’entrainer tous les Juifs de la Dispersion à la désertion du régime légal. C'était là une calomnie ; car, autant Paul réclamait avec fermeté la hberté des paiens à lPégard de la circoncision et de la loi, autant 1l se gardait d'attaquer le maintien des prescripons mosaiques chez les Juifs non encore arrivés à la foi. Quant à ceux qui étaient devenus croyants, comme les apôtres, il les laissait libres de conserver la pratique des cérémonies légales. Pour lui, Paul, quand ses devoirs d’apôtre des Gentils ne l’obligeaient pas à s'affranchir des prescriptions mosaiques, 1l ne refusait point de s’y soumetire par égard pour les Juifs auxquels il était aussi appelé à prêcher (Act. IX, 15); c’est ce qu'il déclare luimême, 4 Cor. IX, 49-92 : « Étant libre de toutes ces choses, je me suis moi-même assujelti à tous, me faisant Juifavec les Juifs, me mettant sous la loi avec ceux qui sont sous la loi, me faisant faible avec les faibles, afin que d’entre tous j'en sauve au moins quelques-uns.» Ce n’était pas là la conduite de l’ennemi acharné de la loi pour lequel on voulait le faire passer. Jacques et les Anciens connaissaient bien son esprit de conciliation, ils crurent pouvoir y faire appel en celte circonstance pour éviter toul ce qui aurait pu dans ce moment exciter du trouble. Paul, de son côté, pouvait en toute bonne foi consentir à faire ce qu’on lui demandait comme une preuve de son respect envers la loi, car 1l reconnaissait l’origine divine et la valeur morale, quoique temporaire, de cette institution. Le vœu qu'il avait librement accompli à Cenchrées (Act. XVII, 18), montre bien qu’il ne voyait là rien de contraire à son grand principe de la justification par la for.