II. —— LES, ACTES APOCRYPHES
Ne convient-il pas de compléter, au moyen des récits extra-canoniques, ce que les livres du Nouveau Testament (Actes et épîtres) nous apprennent sur l’histoire de Paul ? La supposition n’a, à priori, rien d’absurde, car la littérature des Actes apocryphes a commencé de bonne heure à se développer et il n’est pas théoriquement inconcevable que, dans la seconde moitié du second siècle, on ait pu, par des traditions écrites ou orales, disposer de renseignements, sur l’apôtre Paul, que n'avait pas connus ou que n'avait pas utilisés l’auteur des Actes canoniques.
Le principal document que nous ayons à mentionner iciest intitulé Acta Paulit. Jusqu’à
1. De l’abondante littérature consacrée aux Acta Pauli nous citerons seulement l’étude fondamentale de CARL ScHMipT, Acta Pauli, Uebersetzung, Untersuchungen und koptischer Text, Leipzig, 1902, et l’excellent livre de L. Vouaux, Les Actes de Paul et ses lettres apocryphes, Introduction, textes,
traduction et commentaire, Paris, 1913. On trouvera dans ces deux ouvrages des indications bibliographiques complètes.
66 LES ÉPÎTRES PAULINIENNES
la fin du xrxe® siècle, on connaissait trois récits apocryphes sur l’apôtre Paul; les Actes de Paul et de Thécla, la correspondance de l’apôtre avec les Corinthiens (lettre des Corinthiens et réponse de Paul), le martyre de Paul. Zahn (G. K,, IT, p. 876) avait reconnu que ces trois fragments présentaient entre eux beaucoup d’affinités et il avait cru pouvoir en conclure qu'ils appartenaient à une œuvre unique. Cette hypothèse a été brillamment confirmée par la découverte que Carl Schmidt a faite en 1897 dans les papyrus de la bibliothèque de Heidelberg, d’une version copte qui réunit, dans un seul livre, les trois fragments déjà connus.
Le récit commence à Antioche: d’où Paul est chassé à la suite de la guérison d’un jeune homme juif dont les parents se convertissent. D'’Antioche, l’apôtre gagne Iconium où il se rend avec Démas et Hermogène ie forgeron et où il reçoit l'hospitalité d’Onésiphore. Une vierge, Thécla, qui l’entend de sa fenêtre se convertit. Furieux, la mère de la jeune fille, Théoclie, et son fiancé, Thamyris, font jeter l’apôtre en prison; il est jugé et expulsé.
Thécla est condamnée à être brûlée. Au moment.