‹ Introduction au Nouveau Testament (volume 2)Chapitre 16 sur 92 · Scuürer, Geschichte, I, p · texte numérisé non relu

Scuürer, Geschichte, I, p

2. Sur cette question voir Harnack, Chronologische Berechnung des « Tags von Damas kus ».

place l’ascension le jour même ou le lendemain de la résurrection. Les Actes, dans un passage certainement interpolé et qui représente une des parties les plus jeunes du livre (1,8 cf. Intr., IIT, p. 155 s.), donnent la tradition qui a prédominé dans la suite et assignent aux apparitions une durée de quarante jours. Il n’est pas douteux qu’elle ait été fixée pour des raisons d’ordre allégorique et spéculatif. Les quarante jours qui s’écoulent entre la résurrection et l’ascension sont une préparation à la messianité glorieuse comme les quarante jours de la tentation au désert précèdent le début de l’activité messianique terrestre. [Irénée (Adv. Haer., [, 30,14. Cf. 3,2) atteste que les Ophites et les disciples du valentinien Ptolémée assignatent à la période des appartitions une durée de dixhuit mois. Il] peut s’agir là soit d’une donnée empruntée à la tradition, soit d’un chiffre établi par une construction spéculative.

La première explication se recommande du fait que l’Ascension d’Ésaïe qui n’est pas un livre hérétique mais un livre ecclésiastique du 1e siècle contient la même donnéet. Dans la

1. HaArRNAcK, Chron. Berechn., p. 678. L'idée de chercher dans l’Ascension d’Ésaïe une indication sur la période écoulée entre la résurrection de Jésus et la conversion de Paul se trouve pour la première fois dans le livre d’un professeur de

92 LES ÉPÎTRES PAULINIENNES

Vision il est dit à Ésaïe : « Et quand il (le Fils de l’Homme) aura dépouillé l’ange de la mort, il ressuscitera le troisième jour et demeurera dans ce monde 545 jours’. » Le fait qu'une tradition gnostique et une tradition ecclésiastique contiennent la même donnée oblige à faire remonter leur source commune à une date antérieure à celle où le mouvement gnostique s’est séparé du courant général de la vie de l’Église.

Enfin, des gnostiques coptes du rrre siècle ont assigné une durée de douze ans aux relations de Jésus ressuscité avec ses disciples (HARNACK, Chron. Berechn., p. 677). La date à laquelle apparaît cette tradition et l’évident intérêt qu'’avaient les gnostiques à prolonger, autant que possible, la période pendant laquelle Jésus avait pu communiquer à certains disciples des enseignements secrets, rend très vraisemblable : l'hypothèse formulée par Harnack d’après laquelle cette tradition ne serait que la transposition de celle qui fixait à douze années le temps

Riga, F. WESTBERG, Zur neulestamentlichen Chronologie und Golgathas Ortslage, Leipzig, 1911, p. 50. Harnack s’est abstenu d'indiquer qu’il reprenait dans son étude de 1912 une idée émise par le savant russe.

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