‹ Introduction au Nouveau Testament (volume 2)Chapitre 30 sur 92 · AXIS · texte numérisé non relu

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les interprète comme nous avons cru devoir le faire, établissent seulement que Paul, outre la faiblesse générale de sa constitution, traversa, à diverses reprises, des crises physiques assez aiguës qui ont entravé son activité, sans toujours la suspendre entièrement. De semblables crises se placeraient en Galatie au début du second voyage missionnaire, un peu plus tard à Athènes et à Corinthe, enfin peut-être en Asie, au cours du troisième voyage.

Il convient d'examiner maintenant quelques autres passages, qui, d’après certains exégètes, donneraient des indications sur la nature du mal dont souffrait l’apôtre.

Faisant allusion à l’enthousiasme avec lequel il a été accueilli en Galatie, Paul écrit : « Je vous rends ce témoignage que, si vous l’aviez pu, vous vous seriez arraché les yeux pour me les donner » (Gal., 4,15). Certains interprètes pensent que Paul fait ici allusion à une maladie oculaire dont il aurait souffert lors de son séjour en Galatie. Mais Paul emploie peut-être une expression proverbiale et il se peut qu'il veuille dire que les Galates étaient prêts à sacrifier pour lui ce qu’ils avaient de plus précieux et non qu'il aurait eu particulièrement besoin d'échanger ses mauvais yeux contre d’autres. Il ne semble pas possible de se prononcer avec

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certitude pour l’une ou l’autre de ces interprétations!.

À la fin de l’épître aux Galates, au début du morceau que les exégètes sont à peu près unanimes? à considérer comme un post-scriptum autographe, Paul écrit : « Voyez avec quels grands caractères je vous écris » (Gal., 6,11). Les uns pensent qu’il fait allusion à son écriture malhabile qui était celle d’un homme peu habitué à écrire (Loïsy, p. 196; DEISSMANN, Paulus, p. 36) ou dont les mains étaient déformées, soit par le travail manuel, soit par suite de quelque accident (ZAHN, p. 278). D’autres pensent que Paul, en se servant de grandes lettres, peut-être de majuscules,alors que le reste de l’épître était écrit en cursive, a voulu souligner l'importance du dernier appel qu'il adres-

1. La première interprétation est celle de RückERT (cité par SIEFFERT, p. 266 s.), de E. NyEGaaARD (L’écharde de Saint Paul, Revue chrétienne, 1878, p. 183), de LIETzMAnNN (p. 27), de Bousser (p. 65). La seconde est celle de SIEFFERT (p. 266), de Lrpsrus (p. 51), de Zanx (p. 2175s.) Plusieurs critiques pensent que l’on ne peut choisir entre elles (Loïsy, p. 170 ; La- GRANGE, p. 114).

2. Seul, à peu près, parmi les exégètes contemporains, ZAHN (p. 277) croit que ces mots se rapportent à toute l’épitre que Paul aurait écrite de sa main contrairement à son habitude, à cause de l’importance de ce qu’il avait à dire aux Galates.

sait aux Galates!. Ces explications entre lesquelles il est très difficile de choisir rendent très hypothétique l’opinion de ceux qui estiment que la grande écriture de Paul tiendrait à sa mauvaise vue (NYEGAARD, R. chrét., 1878, p.184). D'ailleurs, ce qui caractérise l’écriture d’un homme dont les yeux sont malades est que les lettres sont mal formées et irrégulières et, s’il fallait voir dans le type de l'écriture de Paul une conséquence de son état physique, on pourrait aussi penser à des rhumatismes du poignet ou des doigts.

Dans Gal., 4,14, après avoir rappelé qu’il était malade quand il a, pour la première fois, prêché l'Évangile aux Galates, Paul dit : « Vous ne m'avez pas méprisé, à cause de la tentation qu’il y avait pour vous dans ma chair, vous n’avez pas craché?». Ce serait faire intervenir une notion toute moderne que de comprendre la

1. SIEFFERT, p. 349 ; LAGRANGE, p. 162 ; BoUSSET, p. 73; DeissMaANN, Bibelst., p. 264; LIETZMANN, p. 40. A l’appui de cette interprétation, on cite l’usage assez fréquent dans les inscriptions et dans les papyrus de souligner l'importance de certains passages par l'emploi de plus grands caractères.

2. Nous ne croyons pas possible de sous-entendre «me » avec S1EFFERT (p. 266) et MacHeN (The Orig. of P. Rel., p. 59) et de comprendre au figuré « vous ne m'avez pas rejeté ». C’est le sens qu'adoptent beaucoup de traducteurs, OLTRAMARE, STAPFER, Loisy, etc,

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première partie de la phrase comme se rapportant à l’épreuve que pouvait constituer pour ceux qui le voyaient, l’aspect de l’apôtre, ce qui conduirait à lui attribuer soit un mal d’aspect hideux tel que l’ophtalmie ou la lèpre, soit une maladie se manifestant par des crises pénibles à voir comme l’épilepsie ou l’hystérie. Il nous semble que la déclaration de Paul a une portée plus générale, On sait que les maladies, quel que fût leur caractère, étaient attribuées par l’opinion populaire à l’action des démons (WEND- LAND, Hell.-rôm. Kult., p. 125). La tentation, que l’état physique de l’apôtre était pour les Galates, pourrait fort bien n’avoir pas été autre chose que le sentiment qu’un homme manifestement abandonné à l’action des démons ne pouvait pas être le porteur d’un message divin. Quant aux mots : « vous n’avez pas craché », il convient d’y voir, comme le pensent la majorité des exégètes, une allusion à un geste auquel l’antiquité attribuait une valeur apotropaïque et que l’on faisait, en particulier, en présence d’une attaque d’épilepsie (KRENKEL, p. 69 s.) mais aussi dans d’autres cast. La portée qu’on lui prêtait était celle d’une protection contre la contagion. Ainsi interprété, notre texte a un

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