‹ Introduction au Nouveau Testament (volume 2)Chapitre 63 sur 92 · ANT · texte numérisé non relu

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tions et qui fut toujours très près de son cœuri. Son noyau paraît avoir été formé par quelques personnes, en majorité des femmes, appartenant à un petit groupe de Juifs et de prosélytes qui, faute d’une synagogue, se réunissait le jour du sabbat au bord du Gangète, affluent du Strymon. Parmi elles se trouvait une prosélyte originaire de Thyatires, Lydie, la marchande de pourpre qui se laissa gagner par la prédication des missionnaires. Elle les reçut dans sa maison où, sans doute, dans la suite, ils donnèrent leur enseignement. Sur l'activité qu'ils exercèrent alors nous ne sommes pas renseignés, nous savons seulement qu’elle ne fut pas vaine?.

On ne peut formuler aucune hypothèse sur la durée du séjour de Paul à Philippes. Le récit qui nous est donné des circonstances qui amenèrent son départ, ou plutôt son expulsion, n’est pas seulement surchargé par un épisode de délivrance miraculeuse qui ne joue aucun rôle dans la marche des événements mais encore dénaturé par la susbtitution comme motif des poursuites de la guérison d’une possédée à tout autre chose. L’accusation portée contre Paul

1. Pour la critique du récit de Actes, 16, 12-40, voir Introd., III, p. 262-264.

2. Nous reviendrons à propos de l’épître aux PHAPDIES sur les rapports de Paul et de l’Église de Philippes.

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et Silas n’est pas, en effet, motivée par le préjudice éprouvé par les possesseurs de l’esclave guérie. Ce qui leur est reproché, c’est qu’étant Juifs, ils prêchent une manière de vivre qui ne peut être acceptée par des Romains. C’est donc d’un crime contre la religion d’État qu'ils sont accusés. Le récit d’Actes, 16,22 s., parle d’un mouvement populaire. S'il s’est. réellement produit, il n’est pas nécessaire de penser qu'il ait eu une influence décisive car la flagellation subie par les apôtres! qui s’abstinrent de faire valoir leur titre de citoyens romains ne fut pas une violence arbitraire mais l’exécution d’une sentence. La scène que les Actes placent le lendemain et au cours de laquelle les magistrats auraient fait des excuses à Paul et à Silas et les auraient priés de s’éloigner, pourrait bien résulter d’une certaine transposition des événements. Les missionnaires furent sans doute simplement expulsés de Philippes. On s’expliquerait ainsi que Paul parle de l’audace qu'il lui a fallu pour entreprendre l’évangélisation de Thessalonique après avoir été traité comme il l’avait été à Philippes (1 Thess., 2,2).

En partant de Philippes les missionnaires suivirent la via Egnalia jusqu’à Thessalonique,

1. Les violences subies par Paul à Philippes sont attestées par 1 Thess., 2,2,

en passant par Amphipolis et Apollonie (Actes, 17,1). Ces deux villes sont-elles nommées comme les étapes du voyage!, ou bien Pauls’y arrêta-t-il quelque temps .pour y prêcher l'Évangile? ?

Le fait que la première épître aux Thessaloniciens (1,7; 4,10) indique qu'il y avait des croyants dans toute la Macédoine est favorable à cette seconde hypothèse.

Thessalonique, où Paul arriva peu après son départ de Philippes et où fut fondée la seconde grande Eglise d'Europe, était, déjà au premier siècle, une grande ville commerciale qui devait sa prospérité à sa situation au bord d’une rade formant un excellent port naturel. C'était le rendez-vous d’une population cosmopolite très variée et le siège d’une importante colonie juives. Comme à Corinthe et à Ephèse, les mœurs y étaient fort dissolues. Thessalonique devait connaître ces rhéteurs et ces sophistes qui cherchaient par leur parole à s’assurer

1. Ces étapes auraient été en moyenne d’une cinquantaine de kilomètres par jour.

2, Ainsi que l’admet von Dogscaürz, Thess., p. 9.

3. La colonie juive actuelle de Salonique ne descend pas des contemporains de Paul mais de Juifs espagnols qui s’y réfugièrent au xve siècle pour fuir la persécution. Sur Thessalonique on peut consulter W.-J. WoopHousE (art. Thessalonica, E. B., IV., c. 5046-48) et le petit livre de DURRLEMAN

(Salonique et Saint Paul, Paris, 1919) qui manque malheureusement d’une base critique suffisante.

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influence, honneurs et profit, mais restaient toujours prêts à chercher fortune ailleurs dès que les circonstances devenaient défavorables. Nous verrons que les adversaires de Paul à Thessalonique avaient tenté de le faire passer pour l’un d’eux et que leurs calomnies n’avaient pas été sans impressionner les fidèles.

Paul arriva à Thessalonique avec Silas*.

La présence de Timothée n’est pas mentionnée, soit que son rôle ait été seulement subordonné, soit que Paul l'ait laissé à Philippes pour continuer à s'occuper de l'Église au moment où lui-même en était chassé?.

La durée de trois semaines? que les Actes assignent au séjour de Paul à Thessalonique paraît au-dessous de la réalité. L'action des missionnaires a certainement aussi débordé le cadre de la synagogue, où le récit des Actes paraît vouloir l’enfermer, puisqu’en dehors de Juifs et de prosélytes, certaines femmes de

1. Pour la eritique de Actes, 17,t-9 voir Jntrod., IIT, p. 264-265.

2. Cette hypothèse ne peut s’appuyer sur le fait que dans I Thess., 3,2, Paul recommande Timothée en des termes qui paraissent indiquer qu’il n’est pas encore connu des Thessaloniciens. En effet, Timothée avait, au moment où Paul écrit,

accompli une mission à Thessalonique ;il est d’ailleurs nommé comme co-auteur de la lettre.

3. Littéralement trois sabbats, c'est-à-dire entre 15 et 27 jours.

distinction qui devaient être des païennes furent gagnées à l'Évangile (17,4). On peut donc se demander si, comme l’ont supposé, par exemple, Lake (Earl. Ep., p. 65) et Moffatt (Intr., p. 66), les trois semaines ne se rapporteraient pas au temps où Paul et Silas avaient enseigné, exclusivement ou non, à la synagogue.

Aux renseignements assez sommaires, on le voit, du livre des Actes sur la fondation de l'Église de Thessalonique, la première épître ajoute quelques indications intéressantes. Par elle, nous savons que Paul, à Thessalonique, a travaillé de ses mains pour gagner sa vie (2,9), ce qui suppose une installation de quelque durée, Ce que l’apôtre dit de la conversion et du développement moral des Thessaloniciens et de la manière dont il les a exhortés, encouragés et conjurés (2,10-12) indique qu'il a exercé sur eux une action prolongée. Il ressort de I Thess., 1,9-10, où Paul rappelle aux fidèles comment ils ont abandonné les idoles pour servir le Dieu vivant et vrai, que l’Église était formée, sinon exclusivement, du moins en majorité, de gens sortis du paganisme. Paul parle aussi de difficultés et de luttes qui avaient accompagné la

1. La même conclusion ressort d’autre part de Phil., 4,16, où il est dit que les Philippiens ont, par deux fois, envoyé des subsides à Paul lorsqu'il était à Thessalonique.

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fondation de l’Église. Les termes dont il se sert (év OAiba mon 1,6; ëv 75205 ayôn 2,2) font songer à de véritables persécutions, ce qui est confirmé par le passage (2,14) où Paul dit aux Thessaloniciens que ce que les chrétiens de Judée ont eu à souffrir de la part des Juifs, ils le souffrent du fait de leurs concitoyens.

De ces persécutions, le livre des Actes ne parle pas ; il mentionne seulement une émeute qui obligea Paul à s'éloigner. Le récit qu’il en donne est gravement mutilé et peut-être aussi altéré. Il y est question d’une accusation portée contre les missionnaires à qui il est reproché d’agir contre les lois impériales et de prêcher çun autre roi (fxzreës), Jésus » (17,7), accusation grave dont il était difficile à Paul et à Silas de se laver sans reconnaître, puisque les Juifs les désavouaient, qu’ils se livraient à une propagande religieuse illégale. La manière dont il semble que le procès se soit déroulé rend peu vraisemblable que l’accusation ait été portée au cours d’une émeute par des gens soudoyés par les Juifst, Les poursuites engagées contre l’apôtre, n’ont d’ailleurs pas surgi à l’impro-

1. Peut-être la déformation que le récit paraît avoir subie est-elle en relation avee la tendance du rédacteur des Actes à atténuer les conflits des chrétiens avec les autorités romaines.

viste. Il est impossible de ne pas supposer qu’elles ont été préparées et déterminées par les difficultés suscitées à son œuvre et auxquelles il fait allusion dans la première épître. La relation du procès qui se poursuit devant les politarchest est pleine d’obscurités. Il est dit que la foule, n'ayant pas trouvé Paul, traîne devant le tribunal Jason, son hôte, et quelques frères (17,5-6). Les magistrats les font remettre en liberté après avoir exigé d'eux une caution. La même nuit, les frères font partir Paul et Silas pour Bérée. L’obscurité de cette relation provient certainement de l’abréviation de la source. Il serait vain de vouloir conjecturer ce qu'elle contenait primitivement. Tout ce qu’on peut dire, c’est que la caution exigée de Jason et des frères doit avoir garanti un engagement pris par eux qui pourrait avoir été relatif au départ des missionnaires. C’est donc l’équivalent d’une mesure d’expulsion prise contre Paul par les magistrats municipaux de Thessalonique. L’épître donne l’impression très nette que ce n’est pas de son plein gré que Paul

1. Thessalonique était une ville libre administrée par un conseil et des magistrats municipaux, les rnokrapyat. Le terme employé dans les Actes est attesté par des inscriptions (C. I. G., 1967, etc., cf. BURTON, Am. Journ. of theol., I, 1897, p. 598 s.).

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s’est élcigné de Thessalonique. Il avait le sentiment que son œuvre n’y était pas achevée, que la jeune Église avait encore besoin de sa direction et de son enseignement. Son désir était, l’épître l’atteste, de revenir aussi tôt que possible et il devait voir dans les circonstances qui ne le lui permirent pas des obstacles suscités par Satan (1 Thess., 2,18).

C’est, sans doute, dans l’intention de rester à proximité de la ville: qu’à leur départ, au lieu de continuer à suivre la via Egnatia qui les avait conduits de Néapolis à Philippes, Paul et Silas se dirigèrent vers le Sud-Est et furent conduits par les frères à Bérée, où ils furent accueillis par les Juifs (Actes, 17,10). Paul profita de son séjour dans cette petite ville pour y enseigner à la synagogue et certainement aussi hors de la synagogue puisqu’à Bérée se constitua une communauté formée à la fois de Juifs et de Grecs et dans laquelle l’élément féminin paraît avoir eu, comme dans les autres Églises de Macédoine, une importance particulièré (17,12). Dans la notice qu’il consacre à Bérée, le rédacteur ne parle pas, contrairement à son habitude, de difficultés que Paul aurait rencontrées de la part des Juifs ; il raconte, au contraire,

1. CLEMEN, II, p. 159 ; STANGE, Paulin. Reisepl.,p. 32 ; contrairement à l’opinion de Jon. Weiss, Urchr., p. 215.

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qu'ils accueillirent bien sa prédication qu'ils confrontaient avec l’Écriture. On est donc fondé à penser que les Juifs de Bérée ne témoignèrent pas d’hostilité à Paul.

L’apôtre ne put cependant pas séjourner longtemps parmi eux. D’après le récit des Actes son départ aurait été motivé par l’intervention d’émissaires juifs venus de Thessalonique. Leur action ne paraît pas s’être exercée au sein de la synagogue mais sur la foule. C’est donc de la part des autorités.païennes qu’on chercha à susciter des difficultés à Paul, ce qui confirme l’idée d’une mesure judiciaire prise contre lui à Thessalonique et dont on pouvait, le cas échéant, obtenir, sans trop de peine, qu'elle fût étendue à toute la Macédoine. Ce fut sans doute cette circonstance qui détermina les frères de Bérée à ne pas laisser le mouvement se développer mais à faire immé-.

diatement partir Paul. Il faut remarquer aussi que l’apôtre était personnellement visé! puisque Silas et Timothée purent rester à Bérée sans être inquiétés (17,14). Quant à Paul, ïl ne quitta pas seulement la ville, mais la Macédoine, sans doute parce que, s’il s’était réfugié dans une

1. Jon. Weiss (Urchr., p. 215) suppose qu'il était peut-être dénoncé aux synagogues comme renégat.

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autre ville de la province ses ennemis n’auraient pas manqué de l’y atteindre.

Les chrétiens de Bérée accompagnèrent Paul jusqu’à Athènest. S'ils le conduisirent jusque-là ce fut sans doute parce que Paul était malade et hors d'état de voyager seul (p. 130 s.).

Au moment où les frères de Bérée quittèrent Paul à Athènes, il les chargea, racontent les Actes, de donner à Silas et à Timothée l’ordre de le rejoindre au plus tôt (17,15). Les Actes ne disent pas qu'ils aient suivi ces instructions. D'après leur récit, c’est seulement à Corinthe qu’ils retrouvèrent Paul (18,5)°. Il est cependant établi par 1 Thess., 3,1, qu’au moins Timothée vint à Athènes®. Il ne dut pas rester longtemps

1. Le voyage se serait fait par mer d’après la leçon du ms. D. Le texte oriental qui paraît devoir être préféré ne précise pas l’itinéraire suivi.

2. Jon. Weiss (Urchr., p. 216) admet qu’il y a ici une lacune dans le récit des Actes.

3. K. Lake (Earl. Ep., p. 74) pense que Silas et Timothée ont rejoint Paul à Athènes et que de là ils furent envoyés, Timothée à Thessalonique et Silas à Philippes. Von DogscaüTz (Thess., p. 15) pense que d’Athènes Paul a fait dire par les gens de Bérée, à Timothée d’aller à Thessalonique et à Silas d’aller dans une autre ville de Macédoine ou de rester à Bérée. Ceci nous paraît contredit par Actes, 17,15. VôLTER (Stud. aus d. Wurttemberg, 1882, p. 140-170 cité par von Dogs- CcHÜTZ, p. 15 n. 1) et quelques autres critiques supposent qu’au début de son séjour à Corinthe, Paul serait revenu à Athènes avec le dessein qu’il ne put réaliser de retourner en

auprès de l’apôtre puisque celui-ci, dans son anxiété d’avoir des nouvelles de Thessalonique, l’envoya en Macédoinei, Silas avait sans

Macédoine et que c’est alors qu’il aurait envoyé Timothée à Thessalonique. Cette hypothèse d’un second séjour à Athènes est arbitraire et superflue. Jürcicaer (Einl., p. 44), ZAHN, (Einl., 1, p. 154), von Sopex (Urchr. Lilgsch., p. 16) et Jou. Weiss (Urchr., p. 216) pensent que Silas vint aussi avec Timothée à Athènes où il serait resté après le départ de l’apôtre pour attendre Timothée à qui un rendez-vous aurait été donné à Athènes, ou bien qu'il l’auraitrejointen Macédoine pour revenir avec lui à Corinthe (dans Actes, 18,5, il y aurait une petite imprécision puisque Timothée seul serait venu de Macédoine). On s’appuie sur le pluriel dont Paul se sert dans I Thess, 3,1-2. Mais cette interprétation se heurte au fait que, si Paul avait eu avec lui Silas, il aurait difficilement pu employer l’expression « être abandonné seul à Athènes ». HADORN (Die Abfassung der Thessalonicherbriefe in der Zeit der dritten Missionsreise des Paulus, Gütersloh, 1919, p. 20) estime illégitime de supposer une erreur dans les Actes dont le récit, bien que présentant des lacunes, est pour lui homogène et exempt de contradictions. Il pense (p. 83) que ce fut au cours du troisième voyage que Paul envoya Timothée d'Athènes à Thessalonique, Nous ne pouvons avoir dans le témoignage des Actes autant de confiance que Hadorn. Il y aurait d’ailleurs, sur ce point, dans leur récit une lacune plutôt qu’une contradiction puisque nous admettons que Timothée rejoignit effectivement Paul à Athènes. Il nous paraît d’autre part impossible d'admettre la théorie de Hadorn sur la composition des épîtres aux Thessaloniciens (voir p. 308s.). Notons seulement ici que le second séjour de Paul à Athènes n’est nullement indiqué dans le récit des Actes.

1. Il ne semble pas que Paul ait envoyé par Timothée une lettre aux lhessaloniciens. Sans cela l’apôtre n'aurait pas eu de raison de revenir dans 1, 2,17-3,6 sur ses relations avec eux depuis les origines cf. JüricHer Einl., p. 48.

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doute jugé à propos de ne pas quitter la Macédoine mais d’y poursuivre seul l’œuvre commencée en collaboration avec Paul.

Du séjour de Paul à Athènes, nous ne savons rien de précis. Les Actes parlent seulement de conversations sur la place publique et dans la synagogue et d’un discours prononcé à l’Aréopage (17, 16-34). Nous avons vu (Intr., TIT, p. 267-270) que cet épisode ne peut être retenu. Les Actes ne parlent d’ailleurs pas de la constitution d’une Église à Athènes mais seulement de la conversion de quelques personnes isolées. IL semble donc que le séjour à Athènes ait été, dans la vie de Paul,une période d’inactivitéau moins relative, ce qui s'accorde bien avec l'hypothèse

1. Même la conversion de quelques individus doit être rejetée comme non historique puisque, dans Z Cor., 16,15, Paul nomme Stéphanas comme les prémices c’est-à-dire comme le premier converti de l’Achaïe. Ramsay (The firstfruits of Achaia dans The Bearing of recent Discovery on the Trustworthness of the New Testament, London, 1915, p. 384- 411) a bien montré que les tentatives faites pour sauver l’historicité de la notice d’ Actes, 17,34 en soutenant qu’Athènes ne faisait pas administrativement partie de l’Achaïe manquent de fondement. Lui-même, cependant, maintient l’historicité de cette notice en disant que, si Paul a pu nommer Stéphanas comme le premier converti de l’Achaïe, c’est qu’il n’y avait pas eu, à Athènes, d’Église constituée. Cette explication ne peut être admise puisque ce n’est nullement comme membre d’une Église mais à titre individuel que Stéphanas est nommé dans TIC MCE"

d’une maladie de l’apôtre à ce moment-là, hypothèse rendue très plausible par les fatigues que Paul avait supportées en Macédoine et les mauvais traitements qu’il y avait subis.

Au printemps de 50, sans doute (p. 99 s.)l Paul partit d'Athènes pour Corinthe. Fut-i, déterminé à ce changement de résidence par le désir de quitter une ville où les circonstances ne lui avaient pas permis d’exercer utilement son apostolat, et où il n’y avait peut-être pas les conditions nécessaires pour une œuvre d’évangélisation ? Ou bien espérait-il trouver dans une grande ville commerçante comme Corinthe plus de facilités pour gagner sa vie ? La première chose que nous sachions sur le séjour de Paul à Corinthe c’est qu’il y exerça son métier de fabricant de tentes avec Aquilas et Priscille (18,1-3), ce qui peut être considéré comme favorable à cette dernière hypothèse.

Il semble bien qu’à son arrivée à Corinthe Paul n'ait pas eu l'intention d'entreprendre une œuvre missionnaire suivie mais qu'il ait seulement voulu attendre de pouvoir retourner en Macédoine en utilisant jusque-là pour prêcher l'Évangile, les occasions que lui offrait le culte hebdomadaire de la synagogue. C’est ce que paraît indiquer le passage Actes, 18,5 qui mentionne l’arrivée de Silas et de Timothée venant

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de Macédoine. À ce moment-là, l’apôtre qui avaitenfin, par ses collaborateurs, les nouvelles qu'il attendait, écrivit aux Thessaloniciens la première des lettres que nous ayons de luit.

1. Quelques auteurs (p. ex. von Sopen, Urchristliche Literaturgeschichte, p. 14 et, avec hésitation, von Dogscaürz, Thess., p.18) pensent que ce fut la première épître qu’écrivit Paul. L’argument invoqué est que le style épistolaire de Paul n’y est pas nettement constitué comme il le sera plus tard. Cet argument ne nous paraît pas convaincant. Dans le passage II Thess., 3,17 qui, si l’épître est authentique, comme nous croyons devoir l’admettre est de peu postérieur à Z Thess., si même il n’a pas été écrit en même temps, il est question d’une manière dont Paul signe toutes ses lettres. Il serait d’ailleurs bien surprenant qu’au cours de ses voyages antérieurs Paul n'ait pas eu l’occasion d’écrire aux Églises qu’il avait fondées.

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