‹ Introduction au Nouveau Testament (volume 2)Chapitre 71 sur 92 · CR LIBRE · texte numérisé non relu

CR LIBRE

allusion aux événements qui ont accompagné etsuivi son départ de Thessalonique tandis que, dans la seconde épître, ces événements étant déjà éloignés, il pourrait parler des nouveaux ennuis que les Thessaloniciens avaient à supporter de la part de leurs concitoyens. Quant au fait que l’Église apparaîtrait plus jeune dans la seconde épître que dans la première, il pourrait s'expliquer par cette circonstance que, dans une seconde lettre, l’apôtre n'avait pas, comme dans une première, de raison de revenir sur tout le passé de l’Église de Thessalonique:.

On a, d’autre part, fait diverses observations qui, si elles ne prouvent pas directement que la seconde épître soit postérieure à la première?,

1. Aux raisons qui ont été développées par les divers défenseurs de la priorité de la seconde épître, Jon. Weiss (Urchr., p. 219) en a ajouté une autre. Dans 11, 3,1-2 où Paul demande à ses lecteurs de prier afin qu’il soit délivré des hommes désordonnés et méchants et où il remarque que tous n'ont pas la foi, Weiss croit retrouver l’écho de l’échec de Paul à Athènes,mais, même si l’on pouvait retenir quelque chose du récit des Actes, on n’y trouverait pas l'indication d’un danger couru par Paul à Athènes. Nous savons, d’autre part, que les difficultés n’ont pas manqué à Paul à Corinthe.

2. On trouvera le résumé de ces remarques dans von DogscaüTz (p. 21). On note, par exemple, que ZI, 1,4 paraît supposer l'existence de communautés en Achaïe alors que dans 1, 1,7, il est seulement question de croyants. Mais il peut n’y avoir là qu’une différence d’expression. Nous reviendrons plus loin sur la dépendance de la seconde épître par

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établissent, au moins, que la première épître ne peut pas avoir été précédée d’une autre lettre aux mêmes lecteurs. L’apôtre y revient sur ses relations avec les Thessaloniciens depuis son arrivée en Macédoine ce qui ne se comprend bien que dans une première lettre. Si une raison particulière avait appelé ce coup d’œil rétrospectif dans une seconde épître, une allusion à la lettre antérieure se serait imposée.

Une des principales difficultés qu’il y a à comprendre la relation des deux lettres, en supposant, comme l’admet la tradition, qu’elles ont les mêmes destinataires, est la différence de ton qu’il y a entre elles. Les partisans de l’authenticité sont obligés, comme le fait von Dobschütz, de supposer des « dispositions ou des impressions personnelles de Paul qui nous échappent » (p. 49): ou bien d'admettre avec Moffatt (Introd., p. 75) que, bien que ce ne soit indiqué par rien, Paul a affaire, au moment où il écrit la seconde épître, à une situation entièrement nouvelle.

rapport à la première, dépendance qui a parfois été invoquée comme un argument en faveur de l’ordre traditionnel.

1. Von DogscaüTtz (p. 29) pense aussi que Paul ignore peut-être l’état dans lequel se trouve l’Église et l’impression qu’a produite sa lettre, Maïs nous sommes obligés d'admettre que Paul à reçu des informations puisqu'il connaît l’agitation. causée par l’attente de la parousie.

L'absence, dans la seconde épître, de toute allusion à la première, à propos de l’hypothèse de fausses lettres qui circuleraient à Thessalonique, est bien étrange. On s’attendrait à ce que Paul s’exprime plus nettement, ou s’il craignait qu'une lettre de lui ait été mal interprétée qu'il précise le sens de ses instructions’.

I n’est pas moins surprenant qu’on ne retrouve dans la seconde épître rien des préoccupations qui avaient dicté la première. Il n’y a pas d’apologie de l’apôtre et, s’il rappelle la manière dont il a vécu à Thessalonique, c’est uniquement pour proposer son activité en exemple. L’exhortation à la sainteté n’a pas d’équivalent et s’il y a, dans la seconde épître comme dans la première, un appel à éviter le désordre, il est tout autrement motivé. Mais il y a une difficulté plus grave encore : dans Îla première épître, les Thessaloniciens apparaissent comme si peu familiarisés avec la doctrine eschatologique qu'ils ont besoin de recevoir des enseignements élémentaires sur un de ses éléments constitutifs aussi essentiel que l’idée de la résurrection des morts. Le développement de la seconde épître sur l’antichrist, au contraire, suppose des lecteurs entièrement initiés à la tradition apocalyptique juive.

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