‹ Introduction au Nouveau Testament (volume 2)Chapitre 72 sur 92 · Comme il le fait dans 1 Cor., 5,9 s · texte numérisé non relu

Comme il le fait dans 1 Cor., 5,9 s

Les développements eschatologiques des deux épîtres sont, au moins, fort différents, la première disant que le jour du Seigneur viendra comme un voleur dans la nuit, sans qu'il soit possible d’en calculer ou d’en prévoir le moment, la seconde développant l’idée qu’il ne pourra venir tant que certains signes avant-coureurs ne seront pas réalisés. C’est aller trop loin que de parler de contradiction, comme le fait Holtzmanni(Z NOT WOOD 90e conciliation théorique des deux développements est aisée. La parousie peut être imminente, sans que, pour cela, les faits qui doivent la précéder et constituer comme les premiers actes du drame final, se soient déjà produits. L’ignorance du temps et du moment peut porter sur l’instant où le drame se déclanchera et non sur l’enchaînement de ses éléments constitutifs. Le même homme peut parfaitement, suivant les dispositions de ceux à qui il s'adresse, les exhorter à la vigilance en disant que la parousie vient comme un voleur dans la nuit ou chercher à les calmer en leur disant : « Elle n’est pas encore là ». Mais,s’il n’y a ainsi aucune contradiction réelle entre les enseignements des deux épitres, les deux développements supposent chez leurs lecteurs non seulement un degré différent d'initiation à l’apocalyptique mais

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encore des dispositions presque opposées (HAR- NACK, p. 969).

Les situations que révèlent les deux épîtres n’ont donc aucune relation directe et, en ce qui concerne l’eschatologie, elles sont même très différentes. Sans doute, on pourrait concevoir que, sous l’action de causes qu'il ne serait peut-être pas difficile d'imaginer’, la situation ait changé dans l’Église de Thessalonique. Il suffirait alors, pour résoudre ce qui ne serait qu'une contradiction apparente, d’admettre un intervalle de quelque importance entre les deux épîtres. Mais c'est une hypothèse à laquelle on ne peut recourir à cause des relations littéraires très particulières que présentent entre eux les documents considérés.

La parenté littéraire est telle entre les deux épîtres, que certaines parties des évangiles mises à part, on n’en trouve de semblable entre aucun autre groupe de deux livres du Nouveau Testament, pas même entre les épîtres aux Colossiens et aux Éphésiens qu’on a pu cependant appeler des épîtres jumelles. C’est ce qui a été mis en lumière par Wrede, d’une manière qui peut être regardée comme définitive, quel que soit d’ailleurs le jugement que l’on porte sur

1. On pourrait songer, par exemple, à un enseignement donné à Thessalonique par quelque prophète.

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l'explication qu'il a donnée du fait constaté. Tous les critiques sont d’accord pour reconnaître cette parenté; ils diffèrent seulement sur la manière de l’expliquer, les uns y voyant une preuve péremptoire de l’inauthenticité de la seconde épître (WEIZSAECKER, Ap. Z., p. 184; HozTzmANN, Z. N. T. W., II, 1901, p. 104 s.; WREDE), d’autres pensant qu’il suffit pour l'expliquer d'admettre que les deux épîtres ont été écrites à peu d'intervalle l’une de l’autre (von DogscaürTz, p. 47)! ou même simultanément (WENDLAND, Urchr. Litf., p. 359; Har- NACK, p. 9563) Quelques auteurs recourent encore à des hypothèses accessoires comme Zahn (Eïinl., I, p. 179) qui pense qu’au moment d’écrire la seconde épître, Paul a soigneusement relu le brouillon de la première ou comme Jülicher (Eïinl., p. 54) qui, sans aller aussi loin, estime qu’il a fait effort pour en avoir les termes présents à la mémoire.

1. Vox DogscnüTz (p. 47) parle de quelques semaines d'intervalle.

2. Wendland et Harnack ne pensent d’ailleurs pas qu’il soit possible d’admettre que Paul ait écrit simultanément les deux lettres aux mêmes lecteurs.

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