Voir p
2. Il y a dans l’épître de Polycarpe plusieurs réminiscences assez nettes de l’épître de Paul : 1,1 (cf. 2,17; 4,10); 2,1 (ct, 2,101;13,21)9/2 (ct. 2,16) 12, 3N(CI-N3; 28);
3. Smyrn., 4,2 (cf. 4,13) ; 11,3 (cf. 3,15).Philadelph., 1,1. 8,2 (cf. 2,3-5) ; CLÉMENT, I Cor., 21,1 (cf. 1,27).
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la controverse nous permet de passer rapidement sur les divers arguments opposés à l’authenticité de l’épître.
La mention des épiscopes et des diacres ne révèle pas, à elle seule, une situation ecclésiastique qui r’aurait pas pu exister au temps de Paul. Ces fonctionnaires ne sont pas nommés avant l’Église comme ses chefs, mais après, en raison sans doute du zèle qu’ils avaient déployé pour préparer l’envoi fait à Paul.
Les sentiments prêtés à l’apôtre n’ont rien d’invraisemblable. L’épître ne révèle aucune indifférence doctrinale ; le chapitre 3 suffit à le montrer; il n’y a pas autre chose qu’oubli de tout souci personnel de gloire ou de réputation, ce qui est tout à fait en harmonie avec ce que les autres épîtres nous révèlent. Si Paul paraît, par moments, si intransigeant, c’est qu’il ne saurait permettre qu'à côté de l'Évangile de la croix, le seul Évangile qui sauve, on place une autre prédication.
La langue de l’épître aux Philippiens présente quelques particularités, notamment celle-ci que plusieurs mots qui ont, dans d’autres épîtres, le même sens que dans les LXX, y sont pris dans une acception plus proche du grec classique.
Ces faits ne sont relatifs qu’au vocabulaire mais, ni au point de vue de la grammaire, ni à celui du
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style, on ne trouve dans l’épître aux Philippiens une langue différente de celle des autres épîtres. Il serait donc excessif d’y voir, avec.
Holsten (Jahrb. f. pr. Th., 1876, p. 282 $.), une
preuve de l’inauthenticité de l’épître. Il con- . vient plutôt, avec Nägeli (Wortsch., p. 82 s.),
d'expliquer la particularité signalée par l’in- …
fluence exercée sur Paul parle milieu dans lequel
il se trouvait ; peut-être faut-il ajouter aussi que
nous ne connaissons pas suffisamment l’histoire de la Koinè pour pouvoir juger définitivement de cette particularité.
On a parfois cru reconnaître une contradiction entre la christologie de l’épître aux Philippiens qui, d’après certains, serait déjà proche du gnosticisme et celle des autres lettres. Dans
Phil., 2,5-11, il semble que ce n’est qu'au mo- :
ment de sa venue sur la terre que le Christ devient homme.Auparavant il était, sinon Dieu,
du moins être divin. D’après I Cor., 15,48.49,
au contraire, le Christ préexistant est appelé «homme céleste ». Cette diversité de formules ne révèle cependant pas dans l’épître aux Philippiens une christologie plus évoluée que celle des épîtres aux Corinthiens. La notion de la forme divine n’est pas celle de la pleine divinité étl’idée de l’humanité céleste n’est pas identique à celle de’ l’humanité intégrale. Le Christ préexis-
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tant n’est ni simplement homme, ni complétement Dieu. Entre 1’ « homme céleste » de l’épître aux Corinthiens et l’ «existence en forme de Dieu » de l’épître aux Philippiens il n’y a qu'une différence de terminologie.
Quand Paul dit du Christ préexistant qu’il est l’ « image de Dieu » (ZI Cor., 4,4), c’est une idée bien voisine de celle de la « forme divine » qu’ilexprime.C'’est bien aussi l’idée du dépouillement qu’on trouve dans le passage de la seconde épître aux Corinthiens où il est question du Christ qui, étant riche, s’est fait pauvre pour nous (ZI Cor., 8, 9).
On le voit : les faits que l’on a cru pouvoir faire valoir contre l’authenticité de l’épître aux : Philippiens s'expliquent sans difficulté dans l'hypothèse de l’authenticité. Mais ce n’est pas tout. Pour refuser l’épître aux Philippiens à Paul il faudrait qu’on ait rendu compte des
conditions dans lesquelles cette lettre aurait
été réellement composée et qu’on ait expliqué le caractère intime et personnel qu'elle présente dans presque toutes ses parties.
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