Pour établir ce point Harnack reprend la démonstration
captivité ‘ passées par Paul à Rome. « La composition du troisième évangile ct du livre des Actes par Luc, écrit Harnack, me paraît aussi certaine que celle des épitres aux Corinthiens par Paul. » (Th. Litzg., 1906, col. 404). On ne peut considérer comme l’idée centrale des Actes qu'une idée qui se trouve aussi au centre du troisième évangile. Cette idée doit donc être en relations avec l’activité de Jésus. Harnack estime que c’est celle de la puissance de Jésus agissant par les apôtres en sorte que leur activité soit présentée comme son prolongement et sa continuation. Tout naturellement l'histoire de cette activité devient celle de la mission chrétienne et elle montre comment l'Evangile a passé des Juifs aux païens.
Ces thèses de Harnack ont fait une profonde sensation. Elles paraissaient devoir déterminer une appréciation de la valeur historique du livre beaucoup plus favorable que celle qui avait géné-
de Hogarr, The medical Language of saint Luke :a proof from internal evidence that the gospel according to saint Luke and the Acts of the Apostles were written by the same person and that the writer was a medical man, Dublin, 1882. En sens contraire voir Cansury, The style and lilerary method of Luke and Acts, Cambridge, Mass., 1919 {Harvard theol. St., VI). Sur cette question voir plus loin p.142.
1. Cette thèse de Harnack sur la date de composition des Actes a été reprise par Henricn Kocn Die Abfassungszeit: des lukanischen Geschichtwerkes, Leipzig, 1911).
APPEL à
ralement cours dans les milieux critiques. Aussi les travaux de Harnack furent-ils célébrés à l’envi par les théologiens conservateurs et les exégètes catholiques. Peut-être toutefois — sans même parler de ce qu'ils pouvaient avoir de contestable sur bien des points — n’avaient-ils pas exactement toute la portée qu’onse plaisait à leur reconnaître. C'est ce qu’a bien vu Bousset. « L'auteur des Actes, écrit-1l, n’est pas grandi s’il faut admettre qu’il a été mêlé à la vie de Paul. Il aurait été alors un petit esprit, un témoin superficiel qui n'aurait rien vu des grandes choses qui se déroulaient sous ses yeux. (Th. Rund., 1908, p. 199). Eugène de Faye note de même qu’une impression de scepticisme se dégage irrésistiblement de l'ouvrage de Harnack ‘.
Que Bousset et de Faye aient vu juste c'est ce que montre la controverse qui s’est déroulée entre Harnack et Schürer dans la Theologische Literalurzeitung, la revue qu'ils publiaient en, commun. Schürer (1906, col. 405 s.) objecte à son. collègue qu’un portrait de l’apôtre Paul qui contient autant de méprises et de déformations que celui qui est tracé dans le livre des Actes ne peut pas émaner d’un témoin oculaire. Harnack ne conteste nullement la justesse des observations