Antike Kunstprosa ?, Leipzig
2. Agnostos Theos. Untersuchungen sur Formengeschichte religiôser Reden, Leipzig, Berlin, 1913. Une théorie analogue à celle dé Norden avait été exposée une vingtaine d’années plus tôt par un autre philologue, Grrke (Der ôsÿrepoc X0Yoc des Lukas, Hermes, 1894), d'après qui il n’y aurait plus dans les Actes actuels
que quelques fragments de l’œuvre primitive de Luc. |
à l’Aréopage est accompagnée dans l’ouvrage de Norden d’une série de recherches sur le style de la prière et de la prédication qui n’intéressent pas directement le livre des Actes, et d’appendices dont le premier qui traite de la composition des Actes, établit, par une lumineuse analyse du prologue, que nous ne possédons pasle livre des Actes sous sa forme originale et pose d’une manière toute nouvelle le problème des relations des passages à la première personne avec ceux à la {roisième en montrant que la combinaison de ces éléments qui, au premier abord,semblent disparates n’est pas un fait aussi isolé qu'on l’admet d'ordinaire *. Les Actes sont ainsi envisagés par Eduard Norden à un double point de vue, celui du genre littéraire auquel ils appartiennent et celui de la forme de la prédication religieuse ; la conclusion de l’examen auquel il se livre c’est qu'aussi bien à l’un de ces points de vue qu'à l’autre, les Actes ne sont pas aussi étrangers à la tradition hellénique qu'il le semble au premier abord. Cette conclusion est d’une importance capitale parce
1. Norden admet que la Grundschrift qui est la suite de l’évangile de Luc présentait déjà une combinaison de récits à la première et à la troisième personnes. Cet ouvrage aurait été ultérieurement remanié par un rédacteur qui aurait modifié le prologue parce qu'il n’était plus en harmonie avec la forme nouvelle qu’il avait donnée à l’ouvrage,
qu'elle fournit un élément de comparaison d’une grande valeur. Elle est tout à fait indépendante de la théorie, passablement aventureuse et arbitraire, que Norden a proposée sur les relations du livre des Actes avec une forme conjecturale, soi-disant primitive, de la légende d'Apollonius de Tyane.
Il faut encore signaler la théorie proposée en 1916 par un savant américain : Charles Cutler Torrey ‘. S'appuyant sur une série d'observations philologiques cet auteur soutient que la première partie des Actes est la traduction d’un document araméen ?. Il essaye de l’établir en montrant que
1. The Composilion and Date of Acts, Cambridge Mass., 1916 (Harv. theol. St., I). L'étude de Torrey a été,en Amérique, l’occasion de toute une série de publications : F.-J. Foakes- JAcxson, Professor C.-C: Torrey on the Acis, Harv. theol. Rev., 1917, p. 352-361 ; B.-W. Bacon. More philological criticism of Acts, Am. journ. of Theol., 1918, p. 1-23; W.-J, Wizson, Some observation on the aramaic Acts, Harv. theol. Rev., 1918, p. 74-99 ; The unity of the aramaic Acts, Harv. theol. Rev., 1918, p. 322-335 ; C.-C. Tonrey, Fact and fancy in theories concerning Acts, Am.journ.of Theol., 1919, p. 61- 86 ; F.-C. Burxitr, Professor Torrey on Acts, Journ. of theol. Stud., 1919 ; H.-J. Capsury, Luke (ranslalor or author ? Am. Journ. of Theol., 1920, p. 436-455. Sur le livre de Torrey voir notre compte rendu dans les Annales de bibliographie théolo-: gique, 1915, p. 164-169.
2. L'hypothèse de source ou de sources araméennes des Actes avait déjà été indiquée avant Torrey. Harnacx (I, p. 84) la considère comme possible. Nesrze (Einige Beobachtungen zum Codex Bezä, St:u, Kr.,1896, p.102 s.), Bzass (ed. phil., p. vr.
AU 428.1 ET à EU Fu Tr
plusieurs passages qui présentent des difficultés d'exégèse insurmontables peuvent être expliqués par des erreurs commises dans la traduction de l'araméen en grec. Partant de ces constatations Torrey admet que la première partie n’est pas la compilation ou la combinaison des sources diverses mais la traduction d’un document homogène composé à la fin de 49 ou au commencement de 50.11 admet ensuite que le traducteur est identique à l’auteur de la seconde partie et que, pour la composition de cette suite de son récit, il n’a pas eu recours à des sources mais à ses propres souvenirs, complétés, pour les périodes pendant lesquelles il n'avait pas accompagné Paul, par des renseignements qu'il lui avait été facile de recueillir dans l'entourage de l’apôtre. C’est en 64, après le fransfert de Paul de la maison où il vai résidé deux ans dans une véritable prison, que Luce aurait donné aux Actes leur forme actuelle. La thèse essentielle soutenue par Alfred Loisy dans son commentaire des Actes ‘ est assez proche de celle de Norden. C’est celle de la distinction à faire entre Luc, identique à l’auteur ad Theophilum,
xx), WenotT (p. 138 s.) admettent qu’il y a des sources araméennes derrière la première partie des Actes. WELLHAUSEN (Krit. An., p. 5) formule la même hypothèse mais seulement pour 2,23 s.