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2. Fréquence près de six fois plus forte dans les passages en nous que dans le reste du livre.
3. Harnacx, I, p. 53-54. Un rapprochement fait par Harnack (I, p.54 s.) met en lumière la portée de ces chiffres. Tandis que les passages en nous ont en commun avec les autres parties ‘du livre ct Luc ou avec Lucseul, 63 mots,ils ont en commun avec les autres parties du livre et Matthieu, ou avec Matthieu seul, 6 mots, avec les autres parties du livre et Marc, ou avec Marc seul, 3 mots, avec les autres parties du livre et Jean où avec Jean seul, 4 mots. <
appartiennent au récit de la navigation et du naufrage au ch. 27 où il est naturel que se trouvent plus de termes techniques qu'ailleurs. Ce chapitre mis à part, les apax n’ont pas, dans les Actes, une fréquence anormale (Harnack, I, p. 59).
Les faits relevés par Hawkins, Jacquier et Harnack sont incontestables mais ont-ils bien la portée que ces auteurs, Harnack en particulier, leur ont prêtée ? [l y a lieu, nous semble-t-il, d’être assez réservé sur les conclusions tirées de comparaisons de langue et de vocabulaire pour la détermination de l’auteur. d’un livre du Nouveau Testament. L'histoire de la critique des épîtres pauliniennes est là pour montrer combien fragiles sont en réalité des arguments qui, au premier abord, semblent très rigoureux. En ce qui concerne les œuvres de Luc il faut, en outre, tenir compte d'une circonstance qui n'intervient pas pour les épîtres pauliniennes : c’est que nous n’avons pas affaire à des écrits librement composés mais à des récits qui, dans une mesure qu'il n’est pas possible de préciser, ont subi l’influence des traditions ou des sources dont ils dérivent. D’un autre côté ces sources ne sont pas entrées telles quelles dans l’œuvre de Luc. Wendland : a fait remarquer
1. WenpLanD, Urchr. Literform., p.335. Cf. Bousser, Theol: Rund., 1908, p. 188. Voir aussi Scnürer, Theol., Liltzg., 1906, col. 405.
que les auteurs antiques n'avaient pas l'habitude d'utiliser des documents sans les refondre et sans les soumettre à une véritable révision stylistique. Les vérifications qu’il est possible de faire en ce qui concerne la manière dont Luc a reproduit dans son évangile celles de ses sources qui sont conservées par ailleurs, montrent que ce travail de remaniement a été poussé très loin. L'observation semble au premier abord favorable à la thèse de Harnack puisqu'elle paraît tendre à établir qu’il y a eu, au moins, unité de travail rédactionnel. Mais si on examine les choses de près, on voit que la démonstration est bien loin d’être décisive. Elle n’établit pas, en effet, et ne peut pas établir qu’il n’y ait pas eu un travail de remaniement et de rédaction postérieur à la composition originale de l'œuvre primitive mais, seulement, que si ce remaniement a eu lieu, il a été fait par un homme qui était un habile écrivain, s’attachant avec soin et avec bonheur à imiter le style et la langue de l’œuvre primitive qu’il remaniait. Le fait que les expressions les plus caractéristiques de la langue de Luc se trouvent, comme nous l’avons vu, avec une fréquence toute particulière dans les passages à la première personne, c'est-à-dire dans les morceaux qui, en toute hypothèse, appartiendraient à la partie la plus primitive de l’œuvre de Luc est éminemment favorable à cette manière de
voir. La simple considération de la langue et du vocabulaire ne permet pas, à elle seule, de déterterminer si l'unité que présente, à ce paint de vue, l'œuvre de Luc tient à l'unité de sa composition ou bien au soin et à l’habileté du rédacteur qui lui a donné la forme sous laquelle nous la connaissons. C’est par des considérations autres que des considérations de langue et de vocabulaire qu'il convient de se décider entre ces deux hypothèses. |
IIT, — Luc £T LA LANGUE MÉDICALE
D'après l’épître aux Colossiens (4,74) Luc, le compagnon de Paul, était médecin. Si l’on pouvait établir que l’on rencontre dans le troisième évangile et dans les Actes assez de termes médicaux techniques pour démontrer que l’auteur de ces livres n’a pu être qu’un médecin, il y aurait là,non pas sans doute une démonstration rigoureuse de la justesse de l'attribution traditionnelle, mais, au moins, une présomption en sa faveur. C’est ce qui explique l’attention que l’on a apportée à l'étude des termes médicaux qui se trouvent dans le troisième évangile et dans le livre des Actes.
La question posée dès le xvim° siècle ‘ a fait