IV. — LE PROBLÈME DE LA COMPOSITION
Renan a écrit que le livre des Actes était composé avec beaucoup d'art’. C’est là, comme l’a fait remarquer Loisy (p. 122), un jugement fort indulgent et qui appelle toutes sortes de réserves car il ne tient aucun compte des incohérences, des doublets, des contradictions du récit des Actes, de son manque de plan et de proportions, des lacunes qu'il présente et dont la moindre n’est pas l’absence d’une conclusion.
Comment expliquer le caractère sous lequel se présente le récit des Actes ? Dans une très large mesure, sans doute, par l'intention qu'avait son auteur. Il n’a pas pris la plume pour écrire une relation historique destinée seulement à instruire ses lecteurs ou à satisfaire quelque banale curiosité. il n’est pas vrai qu'il poursuive un but théologique précis et qu’il entende le servir par une déformation systématique et tendancieuse de la réalité comme l’a pensé autrefois l’école de Tabingue; la projection qu’il fait dans le passé de la situation théologique et ecclésiastique qui existait de son temps n’est aucunement consciente et voulue, elle est toute naïve et spontanée ; il n’en reste