‹ Introduction au Nouveau Testament (volume 3)Chapitre 71 sur 98 · Voir en particulier · texte numérisé non relu

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sions avec le récit de la guérison de l'impotent à la porte du Temple. Peut-être le morceau 71-18 quirapporte l'enthousiasme provoqué par la guérison et le sacrifice que l’on s’apprête à offrir aux apôtres pris pour Zeus et Hermès a-t-il été emprunté par le rédacteur à une tradition plus ancienne. On y trouve en effet (14) l'expression « Les apôtres Barnabas et Paul » où non seulement Barnabas est avant Paul mais où, de plus, il y a, comme au verset 4, un emploi du terme d'apôtre qui n’est conforme ni aux idées ni aux habitudes du rédacteur des Actes ‘. Ce verset serait ainsi un fragment isolé de la source.

Les versets 79-20 qui racontent le départ des missionnaires à la suite d’une tentative de lapidation provoquée par les Juifs venus d’Antioche sont sans relation avec le contexte et de plus rendus suspects par l'identité qu'ils établissent entre le départ des apôtres de Lystre et leur départ d'Iconium. C'est toujours la théorie chère au rédacteur d’une intervention hostile des Juifs qui

1. Loisx (p. 546 s., 554) pense que le terme d’apôtre a été introduit par le rédacteur pour remplacer une expression originale qui ne s’accordait pas avec l’autorité qu'il attribuait à Paul. Cette expression pourrait avoir été celle d'évangéliste. Il nous semble que le rédacteur aurait pu la faire disparaître sans se mettre en contradiction avec sa conception de l’apostolat,

vient interrompre une activité qui se déroulait dans des conditions favorables.

Le v. 21 qui raconte l’évangélisation de Derbe comme si elle n'avait pas déjà été mentionnée en même temps que celle de Lystre au v. 6 est à expliquer par une négligence de rédaction.

Le récit s'achève par l'indication de l'itinéraire de retour des missionnaires. Seul le verset 23 qui parle de l'institution de presbytres pourrait trahir une intention du rédacteur. Le reste est trop sommaire pour prêter à une semblable interprétation. Il faut aussi observer que si le rédacteur avait voulu seulement ramener les voyageurs à leur point de départ, il aurait facilement pu imaginer un itinéraire qui ne les aurait pas fait revenir sur leurs pas. S'il ne l’a pas fait c’est, selon toute vraisemblance, qu'il trouvait dans sa source l’indication de ce retour en arrière. Tout ce qu’on peut supposer c’est qu'il y était motivé d’une manière que le rédacteur n’aura pas jugé à propos de reproduire dans son récit.

Ainsi, à travers tout le récit de cette mission à. Chypre, en Pisidie et en Pamphylie on découvre les traces d’une source mais cette source a subi de si forts remaniements qu’il n’en subsiste plus guère que des fragments. Mutilations et additions font qu'on n'aperçoit plus le véritable développement du voyage, qu’un schématisme rigide est.

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imposé aux allées et venues des voyageurs et à leurs méthodes missionnaires et que la physionomie de leur prédication disparaît derrière une accumulation de récits inconsistants *.

1. Quelques auteurs comme Sanwarrz (Zur Chronologie, p. 272) et surtout Lorsy (p. 506 s., 509, 519) ont été si frappés de l’inconsistance du récit qu’ils supposent qu’il n’y a pas eu en réalité de mission accomplie en Crète et en Pisidie, Lycaonie etc., par Barnabas et Paul ensemble. Le récit actuel proviendrait, d’après eux, d’une combinaison qui a fondu les deux voyages dont il est question à la fin du chapitre 15, celui que Barnabas accomplit avec Jean-Marc et qui a Chypre pour théàtre et celui que Paul accomplit avecSilas et qui le mène d’abord en Cilicie et en Pisidie, Lycaonie, etc. Loisy pense que c’est

intentionnellement que le rédacteur a supprimé la mission pau- :-

linienne en Syrie et en Cilicie attestée par l’épître aux Galates. et lui a substitué le premier voyage actuel qui était nécessaire pour motiver la dispute relative aux observances. Cette ingénieuse combinaison nous paraît soulever une série de difficultés qui s'opposent à son adoption. Nous ne nous expliquons. pas, tout d’abord, étant données les idées du rédacteur sur les relations des apôtres entre eux, pourquoi il aurait été imaginer une collaboration de Paul et.de Barnabas pour une tournée missionnaire de manière à être obligé de rapporter la rupture qui s'était faite entre eux, alors que, même dans l'hypothèse d’un désaccord qui se serait produit entre eux à Antioche, le départ des deux hommes pour des tournées missionnaires différentes alors qu'ils n’en avaient accompli aucune en commun ne prenait pas du tout le caractère d’une rupture entre eux. En second lieu, on ne voit pas quelle raison le rédacteur aurait pu avoir de supprimer la mission de Syrie et de Cilicie sinon, peutêtre, que cette mission se plaçait avant l’époque où il concevait que la prédication de l'Evangile aux paiens avait été inaugurée par La conversion de Corneille par Pierre; mais, dans ce cas, il eût suffi deretarder la mission de Syrie et de Cilicie et il n’eût

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