‹ Introduction au Nouveau Testament (volume 3)Chapitre 78 sur 98 · Contrairement à l’opinion de Loisx, p · texte numérisé non relu

Contrairement à l’opinion de Loisx, p

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delle et qui est rapportée dans les v. 25 à 29 appelle quelques réserves en ce sens que la flagellation dont il est question doit évidemment être conçue comme un moyen d’information et qu'on a peine à admettre que la question ait pu être ainsi appliquée sans aucun interrogatoire préliminaire. De plus, la qualité de citoyen romain que Paul fait valoir a eu d’autres conséquences encore que de lui éviter la flagellation ‘. Elle a eu pour effet de rendre le tribun incompétent et de faire que tout le procès dut être porté au tribunal du gouverneur. Ceci devait être marqué dans le récit de la source et l’on peut, avec Loisy (p. 821 s.), conjecturer que le rédacteur n'a pas voulu montrer Paul récusant de prime abord la juridiction juive pour réclamer sa comparution devant un tribunal romain. Sans doute il n’a pas cru pouvoir entièrement supprimer le fait, mais il n’a expressément attribué à Paul Le refus d’être jugé par un tribunal juif qu'après avoir montré à diverses reprises les Juifs animés contre lui d’une telle passion qu'il n’y a plus à attendre d’eux aucune espèce de justice.

1. A Philippes (16, 22 s.) Paul ne s’est pas prévalu de sa qualité pour éviter la flagellation. Cela ne prouve pas qu’il n’ait pu agir différemment à Jérusalem mais cela rend vraisemblable l'hypothèse d’après laquelle il se serait agi à Jérusalem d’autre chose encore que d'éviter la flagellation.

Le récit tel que nous le lisons présente une lacune évidente. Il n’est pas possible qu’après que Paul à été arraché de leurs mains par l’intervention de l’autorité romaine, les Juifs soient restés inactifs. Non seulement cette inaction serait, a priori, peu vraisemblable, mais encore Paul qui s'était prévalu du titre de citoyen romain aurait dû être remis en liberté si l'autorité romaine n'avait pas été saisie d’une plainte contre lui ou probablement d’une réclamation tendant à ce que le prisonnier fût remis aux Juifs pour être jugé par eux. Le récit présente donc ici une lacune, elle résulte de la transposition que le rédacteur a fait subir à la manière dont la procédure était présentée. Le récit de la comparution de Paul devant le sanhédrin (22,30-23,10) est de ceux que beaucoup de critiques jugent les plus invraisemblables'. Les raisons qui justifient cette opinion sont nombreuses. Il est absolument inconcevable qu’un magistrat romain ait livré un eitoyen à la juridiction juive. Le récit lui-même est vague. Il n'est rien dit de ce qui a motivé l'arrestation ni des griefs que l’onfait valoir contre

1. Parmi ceux qui le considèrent comme non-historique et par conséquent comme ajouté à la source on peut citer : SpirrA, (Apgsch., p. 264 s.), Cuemen (Chronologie der paulinischen Briefe, p. 141 s.), WenoT, (p. 359), Scuwantz (Zur Chronologie, p. 288), WezzHausen, (Kril. An., p. 47), Lotsx, (p. 824 s.).

l'apôtre. Le discours prêté à Paul efface complètement ce qu'il y a de spécifique dans la pensée chrétienne. Et puis cette séance est sans aucune conséquence sur la manière dont l'affaire va se dérouler. Il n’y a pas jusqu'à l'incident qui se produit entre l'accusé et le grand prêtre qui ne vienne ajouter à cette impression. Obscur et invraisemblable, il n’est là que pour donner à Paul une occasion d'affirmer son loyalisme juif. Il n’y a donc pas à hésiter: tout ce morceau doit être considéré comme une fiction, et une fiction mal venue. Toute la question est de savoir si nous avons affaire à une création ex nihilo ou si la tradition primitive contenait un élément qui a pu servir de thème à l'épisode. Nous avons vu, à propos de la scène qui se déroule après que Paul a pénétré à l’intérieur de la citadelle, que la tradition primitive devait rapporter quelque démarche ou quelque demande du sanhédrin. C’est en quelque mesure en remplacement de ce détail qu'a été imaginée la scène. Le sanhédrin a dû intervenir en quelque manière. C’est ce dont le souvenir a été confusément conservé ici.

Dans la nuit qui suit, Paul a un rêve qui doit le rassurer et lui annonce qu'il rendra témoignage au Christ à Rome comme il l’a fait à Jérusalem (23, 11); Loïisy (p. 836) estime que cet encouragement n’est pas à sa place après la séance

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du sanhédrin où l’apôtre n’a pas été en péril et où le tumulte a été occasionné par le conflit des pharisiens et des sadducéens ; il inelinerait donc à reporter le rêve à la nuit qui suit l’arrestation. 11 faudrait au moins admettre une forte intervention du rédacteur puisque les circonstances dans lesquelles l’apôtre fut arrêté excluent qu'il ait pu rendre témoignage au Christ. Cela étant, il est peut-être plus simple de voir dans la mention du rêve tout entière, un élément rédactionnel.

Dans le morceau 23, 12-33 il est raconté comment un complot que font les Juifs contre Paul amène le tribun à le faire partir sous forte escorte pour Césarée où il est remis entre les mains du procurateur. On doit distinguer dans ce morceau des éléments disparates au sujet desquels il y a lieu de porter des jugements assez divergents. Avant tout il y a le fait même du transfert de l’accusé de Jérusalem à Césarée et ce fait est audessus de toute discussion. Il est établi par toute la suite de l’affaire. On peut dire aussi que Paul ayant réclamé sa qualité de citoyen romain, son transfert à Césarée s’imposait. On peut, dans ces conditions, se demander si la manière dont il est motivé dans le récit actuel est vraisemblable. Même si l’on admettait comme historique la première comparution devant le sanhédrin, 11 semblerait assez douteux qu’une seconde comparution fût

concevable et par conséquent que le prétexte mis en avant par les Juifs puisse avoir quelque chance de correspondre à la réalité. Si, comme nous avons essayé de l'établir, la première comparution est fictive, la seconde s'écroule avec elle et tout l’épisode apparaît comme un élément rédactionnel destiné à remplacer le motif réel du transfert, motif qui n'apparaissait plus nettement après la transformation qu'avait subie la revendication par Paul de ses droits de citoyen romain‘. En même temps il faut attribuer au rédacteur la lettre de Claude Lysias. Enfin il est probable que quelque remaniement aura démesurément grossi l’escorte donnée à Paul. Si l’on comprend que le tribun ait tenu à rendre impossible toute tentative des Juifs, s’il est vraisemblable que, pour cela, il ait fait partir la petite troupe de nuit (Loïsy, p. 846), la présence de fantassins à côté des cavaliers n'aurait été qu'un embarras et uné cause de retard. 11 faut donc supposer qu'il y a eu, ici encore, quelque surcharge (Loisy, p. 843).

Le récit de l’arrivée à Césarée et de la remise du prisonnier à Félix (23, 33-35) doit provenir de la source, il contient des détails que rien n’autorise à suspecter comme celui qui est relatif au

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