‹ Introduction au Nouveau Testament (volume 3)Chapitre 82 sur 98 · PE A · texte numérisé non relu

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d'eux-mêmes (Loisy, p. 916 s.). L’épisode 33-38 est également suspect ‘.

Dans le récit du séjour des naufragés à l’île de Malte (28, 1-10), Loisy considère l'épisode du serpent dont Paul subit sans dommage la morsure (28, 3-6) comme surajouté (Loisy, p. 924). Nous ne pouvons estimer que le lien qui rattache ce récit à son contexte soit assez maladroit pour déceler une surcharge. Quant au fond il n’est pas absolument impossible que la source ait pu déjà contenir un développement légendaire comme celuilà, surtout s’il s'était constitué autour de quelque détail réel. Il y a de plus graves raisons de suspecter l'attribution à la source des versets 8-10 relatifs à la guérison de Publius et aux autres miracles accomplis par Paul. Dans ce fragment, en effet, « nous » désigne Paul et les siens, tandis que, dans le morceau précédent, le même pronom désignait tous les naufragés (Lorsy, p. 926).

Dans la notice sur le voyage des naufragés depuis Malte jusqu’à Rome (29, 11-14) nous retrouvons la manière de l'auteur de la source et le soin avec lequel il marque les étapes de la route. Un point seulement appelle une réserve. C'est l’ar-

1. WELLHAUSEN, Krit. An, p. 54 ; Loisyx, p. 917 s. Loisy (p. 919) conjecture que l’indication du nombre des voyageurs se trouvait dans la source, mais à une autre place. C’est une hypothèse qui repose sur une base bien fragile,

rêt de sept jours à Pouzzoles (v. 74). Le narrateur paraît oublier que Paul est prisonnier et, par conséquent, qu'il n’est pas maître de s'arrêter où bon lui semble, Le motif de l’introduction de ce détail pourrait bien avoir été de donner aux chrétiens de Rome le temps de venir à la rencontre de Paul (0. 15). (WezLaausen, Xrit. An., p.55 ; Loisy, p. 929). Ce fait n’est pas de nature à recommander l’historicité du séjour à Pouzzoles car la démarche prétée aux chrétiens de Rome est suspecte, sans même qu'il soit nécessaire de l’examiner quant au fond ou de rechercher comment il se fait qu'une fois Paul arrivé à Rome, il ne soit plus question des chrétiens de la ville. Elle a en effet le tort d’avoir été ajoutée après, et non avant l’arrivée de Paul à Rome, expressément mentionnée à la fin du v. 71 et par là elle se trahit elle-même comme une interpolation (Loisy, p. 929). L’intention à laquelle répond l'addition de ce morceau est visible. Le rédacteur aura voulu effacer la mauvaise impression que ne pouvait manquer de faire l’abandon complet dans lequel, d’après le récit des Actes lui-même, la communauté chrétienne laissa Paul à Rome (Loisy, p. 930).

Loisy (p. 930) pense que le récit de l’arrivée de l’apôtre à Rome a été abrégé et que la source devait relater la remise du prisonnier. Le rédacteur aura fait disparaître ces détails qui étaient

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