‹ Introduction au Nouveau TestamentChapitre 10 sur 141 · FFE SL EST EI · texte numérisé non relu

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Si ces efforts apparaissent sporadiques et isolés LP dans l'antiquité chrétienne, c’est que la manière Dai

dont on envisageait les évangiles ne faisait pas or apparaître ‘leur désaccord ni par conséquent la 20 . nécessité de les harmoniser. CE eni+

Pour la même raison le moyen âge ne pouvait pas non plus porter une grande attention au problème de l'harmonie. Il faut cependant signaler À un livre de Jean Gerson intitulé Monotessaron, F6 unum de quatuor! où il s'efforce de fondre les “a quatre récits en un seul sans en rien laisser perdre | et en expliquant les divergences des récits par la

variété des points de vue (gestæ rei, anticipa- 5 7 tionis, rememoralionis) auxquels on peutse placer è pour relater un même fait. A

Le problème de l'harmonie se trouva mis au pre- +

mier plan par l'importance que la Réforme donna à l'Écriture Sainte et par la manière dont elle fut amenée à insister toujours davantage sur la notion de linspiration. Il s'agit pour les théologiens protestants de concilier l'inspiration intégrale des évangiles avec les divergences qui existent entre eux soit pour la forme des récits et des paroles, soit pour leur disposition. La seule solution logique, celle qui fut effectivement adoptée, devait consister à admettre que là où deux ou

1, Au t. IV de l'édition E. pu Pin, Anvers, 1706, p. 83-102.

LES ÉVANGILES SYROPTIO E

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plusieurs évangiles ne joue pas de manière identique un fait ou une parole, c'est qu'il s'agit non pas d'un seul fait ou d'une seule parole mais des deux ou même de plus et qu'ainsi il

ya eu, par exemple, trois purifications du Templé 2 ettrois scènes de l’onction. Ce principe fut appli-

qué, d'une manière que l’on ne saurait concevoir

. Q Û si plus rigoureuse, par Osiander, dans un livre qui

parut à Bale en 1537 (21561) et dont le titre

est significatif : Harmonmiæ evangelicæ libri IV græce et latine in quibus evangelica lstoria ex 1

quatuor evangelistis ta in unum contexta, ut nul hius verbum ullum omissum, nihil ns IMMAL- Lum, nullius ordo turbatus, nihil non suo loco po-

situm, omnia vero litieris et notis ta distincta

sint ut quid cujusque evangelistæ proprium, quid cum aliis el cum quibus commune sit, primo statim aspectu deprehendere queas. Pour arriver à un tel résultat, le texte de chaque évangile est découpé

à l'infini. &

Ce morcellement extrême ne pouvait, à la longue, manquer de donner au lecteur limpression d'une certaine violence faite aux textes. D'ailleurs, comme l'a justement remarqué Baur (Xrit. Unters., p. 7), le principe de l’harmonistique a été appliqué dès l'origine d’une manière si rigoureuse par les théologiens protestants que seule une évolution dans le sens de l’atténuation res-

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; nn œuvre de Martin Dh nnttz achevée après sa morl par P. Leyser et J. Gerhard (Harmonia quatuor | evangelistarum, Hamburg, 1593-1611). Chemnitz ne se croit pas tenu de respecter scrupuleusement l'ordre suivi par chacun des évangélistes qui ont pu raconter certaines choses per anticipationem vel per recapitulationem. Chemnitz est aussi beau- Coup moins rigoureux qu'Osiander quant à la dis- tinction des récits présentant certaines variantes entre eux; il admet qu'on puisse mettre ces récits non pas à la suite les uns des autres mais parallèlement les uns aux autres !.

Le passage du problème de l'harmonie au problème de la synopse * se rattache au nom de Griesbach 3, Cet auteur avait constaté l’inconvémient qu'il y avait, dans l’enseignement académique, à faire séparément l’exégèse de chacun des trois premiers évangiles. Pour faciliter leur étude simultanée, il eut l’ Fée d’une édition qui permettrait de les embrasser tous les trois d’un seul coup »

| 1. De l'harmonie de Chemnitz on peut rapprocher, un siècle environ plus tard,celle de Bexcez, Richlige Harmonie der vier Evangelisten, Tübingen, 1136.

2, Voir P. FEIne, art. Synopse, R. E., XIX, p. 271-281. 3. On peut considérer comme des précurseurs de Griesbach, JEAN Leccerc (Harmonia evangelislarum, Amstelædami, 1699) et

Nicoras ToinarD (Evangeliorum härmonia græco-lalina, Paris, 1707 ; Harmonie au concorde évangélique, Paris 1716).

d'œil!. L'ordre dans lequel il dispose les péricopes est tantôt celui de Marc, tantôt celui de Matthieu. A partir de la seconde édition, Griesbach introduisit les parallèles johanniques pour l'histoire de la passion.

La différence essentielle entre une synopse et une harmonie est que l'harmonie, partant d'un & priori dogmatique, s’eflorce de concilier les récits divergents, tandis que la synopse met en lumière les relations des évangiles entre eux, en montrant aussibienleurs ressemblances que leursdifférences. On peut dire que, depuis l'apparition de l’idée de la synopse, l'harmonie est exclue du domaine scientifique. Postérieurement à Griesbach, on a publié diverses harmonies, il en est dont la date est très récente ; mais l'étude critique des évangiles a le droit de s’en désintéresser.

IT. — Les ORIGINES DU PROBLÈME 8YNOPTIQUE

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